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Neutraliser les leaders de l'EIIS sape le moral et les efforts de recrutement

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Un des dirigeants de l'EIIS, Abou al-Umarayn, que l'on voyait dans une vidéo datant de 2014 exécutant l'otage américain Peter Kassig, a été tué lors d'une frappe aérienne de la coalition le 2 décembre. [Photo diffusée en ligne]

« L'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) a perdu un nombre important de ses commandants et de ses combattants dans les batailles en cours dans la province syrienne de Deir Ezzor et en Irak, ce qui a gravement porté atteinte à la capacité de combat du groupe et à ses efforts de recrutement, ont expliqué des spécialistes à Diyaruna.

Plusieurs commandants de haut niveau de l'EIIS ont été abattus ces derniers temps en Syrie, a expliqué à Diyaruna le journaliste syrien Mohammed al-Abdoullah.

Le plus notable d'entre eux est Abou al-Umarayn que l'on voyait dans une vidéo datant de 2014 exécutant l'otage américain Peter Kassig, a-t-il ajouté.

Al-Umarayn a été tué lors d'une frappe aérienne de la coalition le 2 décembre.

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Les ressortissants britanniques Alexanda Kotey et El Shafee Elsheikh, qui avaient rejoint « l'État islamique en Irak et en Syrie » ont été capturés par les FDS à Deir Ezzor en février. [Photo fournie par Mohammed al-Abdoullah]

Mohammed Jawad Kathem, un ressortissant iranien connu également sous le pseudonyme d'Abou Islam al-Baljiki, a été pour sa part tué lors des affrontements avec les Forces démocratiques syriennes (FDS) le 27 novembre à Deir Ezzor.

L'un des principaux commandants de l'EIIS, Mahmoud Mahmoud, un Autrichien d'ascendance égyptienne, également appelé Abou Oussama al-Gharib, avait été tué lors d'une frappe aérienne de la coalition dans l'est de la province de Deir Ezzor en novembre dernier.

Abou Yaqoub al-Maqdisi, anvien « émir de la recherche » de l'EIIS, et les commandants sur le terrain Abou Moussab al-Sahrawi et Abou Hafs al-Hamadani avaient tous été abattus lors de la même frappe.

En début d'année, Abou Abdel Rahman al-Tamimi al-Utaibi al-Jazrawi, lieutenant du leader de l'EIIS Abou Bakr al-Baghdadi, avait été tué par une frappe aérienne irakienne en février.

L'aviation irakienne avait également abattu Iyad al-Obeidi, alias Abou Saleh Haifa.

En février, les Forces démocratiques syriennes (FDS) avaient arrêté deux éléments de l'EIIS de nationalité britannique, Alexanda Koey et El Shafee Elshekh.

Denis Mamadou Gerhard Cuspert, un ressortissant allemand connu également sous le nom d'Abou Talha al-Almani, avait été tué en Syrie en janvier.

Il est « vital » de viser les leaders de l'EIIS

La mort de tous ces commandants et éléments de l'EIIS cette année, et de nombreux autres les années précédentes, « fait clairement apparaître que le groupe a perdu la plupart des chefs qui avaient joué un rôle d'incitation dans le recrutement de jeunes dans le monde pour combattre dans ses rangs », a déclaré al-Abdoullah.

« Viser les leaders de l'EIIS est vital et essentiel dans la guerre contre le groupe à plusieurs titres », a expliqué le major général Yahya Mohammed Ali, ancien officier de l'armée égyptienne et analyste en stratégie.

Attaquer les dirigeants démotive les combattants sur le terrain « en raison de la confusion qui s'ensuit concernant les ordres et les instructions », a-t-il expliqué à Diyaruna.

Par ailleurs, d'un point de vue psychologique, la perte des plus hauts gradés « a un effet négatif sur le moral des combattants », a-t-il expliqué.

En effet, « si ces combattants peuvent être abattus les uns après les autres malgré les strictes mesures de sécurité mises en place pour les protéger, qu'en est-il des chances de survie des éléments de la troupe », a-t-il ajouté.

La très large diffusion des informations sur les pertes de l'EIIS affecte le groupe et sa capacité à recruter de nouveaux combattants, a poursuivi Ali.

L'EIIS a « perdu le dynamisme irrésistible dont il se targuait autrefois, et l'un de ses principaux outils de recrutement », a-t-il ajouté.

« Viser les commandants et les émirs du groupe est fait d'une manière très précise, qui combine exécution opérationnelle militaire et effort méticuleux de renseignement », a précisé le major général Wael Abdoul Mouttalib, officier en retraite de l'armée égyptienne et expert militaire.

Il n'est pas possible de mener ces frappes sans les renseignements très fiables fournis par les équipes qui opèrent sur le terrain et les moyens technologiques sophistiqués de surveillance et de suivi, a-t-il précisé à Diyaruna.

Parmi eux se trouvent les drones et les satellites, qui jouent un rôle essentiel « car les données qu'ils fournissent sont compilées et recoupées avec les renseignements collectés sur le terrain pour confirmer les objectifs », a-t-il conclu.

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