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Terrorisme |

Tahrir al-Sham affronte des extrémistes étrangers à Idlib

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Des éléments du « groupe des étrangers » occupent un poste de contrôle à la recherche d'éléments de Tahrir al-Sham. [Photo fournie par Moussab Assaf]

Tahrir al-Sham s'est retrouvé pris dans de féroces combats contre un groupe rival de combattants étrangers partisans de la ligne dure dans la ville de Harem, dans la campagne de la province d'Idlib, a indiqué un militant local.

Les combats entre les deux camps ont fait plusieurs morts et blessés et ont conduit les civils à fuir la zone, craignant pour leurs vies si ces combats devaient s'étendre.

Les affrontements en cours entre Tahrir al-Sham et le petit groupe d'extrémistes étrangers ont suscité de vives tensions à Harem et dans les zones environnantes, a expliqué à Diyaruna Moussab Assaf, militant à Idlib.

La plupart de ces combattants étrangers sont des ressortissants français, certains d'origine africaine, et sont connus pour appartenir à l'un des groupes les plus extrémistes dans le nord de la Syrie. Ils suivent l'idéologie d'al-Qaïda et ne sont pas plus d'une soixantaine.

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Une rue de la ville de Harem, dans la province d'Idlib, où de féroces affrontements ont eu lieu entre Tahrir al-Sham et des extrémistes étrangers. [Photo fournie par Moussab Assaf]

Ils s'appellent eux-mêmes « les étrangers » et sont commandés par un extrémiste français d'origine sénégalaise du nom d'Omar Omsen, également connu sous le nom d'Omar Diaby, a-t-il ajouté.

Cette faction a récemment prêté allégeance à Hurras al-Din, mais ses membres se déplacent librement et sont indépendants des autres groupes affiliés à Hurras al-Din.

Hurras al-Din a été créé en début d'année par un certain nombre d'anciens idéologues de Tahrir al-Sham qui ont rejeté le schisme autoproclamé de l'alliance avec al-Qaïda, et qui ont souhaité maintenir leur allégeance au chef d'al-Qaïda, Ayman Zawahiri.

Des dissensions internes apparaissent au grand jour

Ce groupe des « étrangers » a cependant refusé d'obéir aux ordres des émirs de Hurras al-Din, qui leur ont désormais demandé de coordonner leurs forces militaires avec Tahrir al-Sham dans le cadre d'un nouvel accord et d'une trêve entre les deux alliances extrémistes.

Aux termes de cet accord, « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) a provisoirement joint ses forces à celles de Hurras al-Din, qui à son tour travaille avec Tahrir al-Sham pour repousser toute attaque éventuelle du régime syrien.

Cela s'inscrit dans le cadre d'un plan plus large, dans lequel Tahrir al-Sham cherche à réunir tous les groupes de la ligne dure de la région sous sa bannière, a poursuivi Assaf.

Les actuelles tensions ont éclaté quelques jours après qu'une patrouille de Tahrir al-Sham eut arrêté sept membres du groupe des étrangers, poussant leurs camarades à mettre en place des points de contrôle dans diverses zones.

Tahrir al-Sham a répondu en encerclant le siège principal du groupe à Harem, où nombre de ses éléments ont été tués ou blessés dans les affrontements qui s'en sont suivis, a précisé Assaf.

Selon les rapports les plus récents, a-t-il ajouté, Tahrir al-Sham aurait perdu treize de ses combattants dans ces heurts, et cinq membres du groupe des étrangers auraient perdu la vie.

Hurras al-Din n'a pas déployé ses éléments pour venir en soutien au groupe des étrangers pendant qu'il était assiégé, a-t-il souligné, et a limité son intervention à des tentatives de ses émirs de résoudre ce litige à l'amiable et d'arrêter les combats en cours.

Par ailleurs, a conclu Assaf, les habitants de Harem ont fui par peur de voir la situation empirer et que les combats débordent dans les rues de la ville, soulignant que les deux camps avaient échangé des tirs d'artillerie et de roquettes.

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