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Les camps de déplacés d'Idlib face à une crise humanitaire

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Des réfugiées syriennes remplissent des bidons d'eau dans un camp de déplacés du nord de la province d'Idlib. Les services de l'eau sont interrompus dans la région. [Photo fournie par Haisam al-Idlibi]

La situation humanitaire à l'intérieur des camps de déplacés dans le nord de la province d'Idlib, à proximité de la frontière avec la Turquie, est en passe de se détériorer, a déploré un militant local, après le retrait d'une organisation caritative qui fournissait de l'eau à la population.

Cette décision va laisser plus de 50 000 déplacés internes (DI) sans eau potable ni d'autres services de base, a expliqué à Diyaruna le militant d'Idlib Haisam al-Idlibi.

ACTED, l'organisation caritative qui était chargée de fournir quotidiennement de l'eau potable et de gérer les services d'assainissement et d'évacuation, a récemment annoncé qu'elle allait mettre fin à ses opérations dans la région, a-t-il précisé.

L'organisation était depuis un certain temps l'unique fournisseur de ces services.

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Des tracteurs apportent des citernes d'eau dans un camp de déplacés dans le nord de la province d'Idlib. Il s'agit de l'une des zones où les services de l'eau ont été interrompus. [Photo fournie par Haisam al-Idlibi]

Les habitants des camps concernés, plus de 50 000 au total, vivent dans des conditions difficiles, et une très grave crise humanitaire se profile, a poursuivi al-Idlibi.

Leur situation va empirer avec l'arrivée de l'hiver, lorsque l'isolement des camps est encore renforcé par la boue, a-t-il ajouté.

Les sources d'eau sont loin du camp, a-t-il ajouté, et il n'y a pas suffisamment de citernes tirées par des tracteurs pour fournir de l'eau aux habitants du camp.

Échec de gouvernance

Ces camps sont peuplés par des civils qui avaient fui la campagne de Latakia et de Jisr al-Shughour et s'étaient rassemblés par petits groupes dans des camps informels, dont les plus importants sont Khirbat al-Jawz et Aïn al-Bayda, le long de la frontière, a poursuivi al-Idlibi.

Les administrateurs du camp, nommés par le « gouvernement de salut national » affilié à Tahrir al-Sham, se sont vu notifier il y a environ un mois que l'organisation humanitaire ne serait plus en mesure de poursuivre ses opérations, a-t-il souligné.

« Mais ils n'ont rien fait pour lui trouver un remplaçant. »

La situation dans les camps empire pendant la saison hivernale, lorsque les routes à l'intérieur et à l'extérieur des camps deviennent boueuses et impraticables, rendant les déplacements très difficiles et isolant les camps pendant plusieurs jours, a-t-il expliqué.

La semaine dernière, la première tempête hivernale s'est abattue sur des centaines de DI réfugiés sous des tentes légères installées dans un champ de boue dans le nord-ouest de la province d'Idlib, a rapporté l'AFP.

« Le début de l'hiver est là et nous sommes bloqués dans des tentes avec seulement des couvertures à se mettre sur la tête », a déclaré Umm Mohammed, un habitant du camp de Kafr Dariyan.

La moitié des 3 000 000 millions de personnes qui vivent dans la région d'Idlib ont été déplacées de leurs maisons par les combats qui se déroulent dans les autres régions du pays.

Appel à un cessez-le-feu durable

Samedi 27 octobre, les leaders de la Turquie, de la Russie, de la France et de l'Allemagne ont appelé à une solution politique à la guerre en Syrie et à un cessez-le-feu durable à Idlib.

Dans une déclaration conjointe adoptée à la fin de ce sommet à Istanbul, les quatre pays se sont déclarés prêts à travailler ensemble « pour créer des conditions de paix et de stabilité en Syrie ».

Par ailleurs, cette déclaration « souligne l'importance d'un cessez-le-feu durable » à Idlib, tout en saluant « les progrès » réalisés à la suite d'un accord pour la création d'une zone tampon entourant la province.

Elle a appelé à ce que soit mise en place une commission pour rédiger un projet de constitution post-conflit en Syrie avant la fin de l'année « ouvrant la voie à des élections libres et transparentes ».

Ce communiqué souligne également « la nécessité d'assurer un accès rapide, sûr et sans entrave des organisations humanitaires dans toute la Syrie et de fournir une assistance humanitaire immédiate pour pouvoir atteindre toutes les personnes dans le besoin ».

La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré que ces dirigeants « ont le devoir d'empêcher une nouvelle catastrophe humanitaire ».

« Il faut mettre un terme à deux guerres : celle contre le terrorisme, et celle du régime contre son propre peuple », a-t-elle affirmé, soulignant la nécessité de négociations politiques sous l'égide des Nations unies.

Ce sommet s'est également penché sur le sort des millions de personnes déplacées par le conflit, estimant que les conditions devaient être créées « dans tout le pays pour un retour sûr et volontaire des réfugiés ».

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