Sécurité

La campagne d'Idlib et de Hama touchée par d'intenses frappes aériennes

Waleed Abou al-Khair au Caire et AFP

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Un incendie causé par les frappes aériennes dans la ville rurale de Mahambel, dans la province d'Idlib. [Photo fournie par Haisam al-Idlibi]

D'intenses frappes aériennes dans la campagne de l'ouest d'Idlib ont provoqué un grand déplacement de population, en particulier dans la région de Jisr al-Shughur, ont rapporté des militants syriens.

Mardi 4 septembre, des avions de chasse russes et syriens ont commencé à mener des frappes aériennes intensives contre des bourgades et des villages de l'ouest de la province d'Idlib, ainsi que dans l'ouest et le nord-ouest de la province d'Hama, a fait savoir le militant Haisam al-Idlibi.

Les localités les plus touchées ont été al-Janudiyah, al-Badriyah et Kafrdeen, où au moins cinq personnes ont été tuées, a-t-il précisé à Diyaruna. On compte également plusieurs victimes à Muhambal, a-t-il ajouté, où le marché de la ville a été pris pour cible.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme a indiqué qu'au moins neuf civils, dont cinq enfants de la même famille, avaient été tués, et que dix personnes avaient été blessées.

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De la fumée s'élève au loin après une frappe aérienne contre la localité rurale d'al-Sahan, dans la province d'Idlib. [Photo fournie par Haisam al-Idlibi]

Les blessés ont été soignés dans des hôpitaux de la région, a fait savoir al-Idlibi.

Les frappes aériennes contre Idlib ont repris après une interruption de plus de 22 jours.

Les villages attaqués se trouvent dans les régions de Jisr al-Shughur et dans le nord de Sahl al-Ghab, a précisé al-Idlibi.

Parmi ceux-ci se trouvent Mahambel, Hirsh Bsonqul, Kafrdeen, al-Janudiyah, Bashlamoun, Baydar Shamsu, Tal Aawar, al-Badriyah, al-Sahan, al-Mansoura, al-Msheek, al-Sirmaniyah, al-Shughur, Inb, Ghani, Sarareef, Jadraya et Sahl al-Rouj.

Vague de déplacements

« Une gigantesque vague de déplacements a actuellement lieu de la région de Jisr al-Shughur et de l'ouest de la campagne d'Idlib vers les régions intérieures de la province d'Idlib, les gens cherchant à échapper aux bombardements et aux frappes aériennes », a expliqué le militant d'Idlib Moussab Assaf.

« Des lance-roquettes du régime syrien positionnés dans la campagne de Latakia bombardent les zones qui ont été touchées par des frappes aériennes », a fait savoir Assaf à Diyaruna.

Parmi les autres zones visées se trouvent les localités de Sarmin, Sarmada, Ariha, al-Maalaqah, al-Zayadiyah, al-Ziyara, Qarqur et Bidama, a-t-il détaillé.

Assaf a indiqué que la reprise des bombardements et des frappes aériennes avait pris les habitants par surprise, malgré des rumeurs concernant une opération militaire du régime.

« La plupart des gens s'attendaient à ce qu'une solution politique soit trouvée pour épargner encore une fois la région des ravages de la guerre », a-t-il expliqué.

L'ONU et des groupes d'aide ont mis en garde sur le fait qu'un assaut général pourrait déclencher l'un des pires désastres d'un conflit qui a déjà fait 350 000 morts et a déplacé 11 millions de personnes en sept ans.

Cette semaine, l'International Crisis Group a souligné qu'une offensive dévastatrice à Idlib peut et doit être évitée, appelant toutes les parties à reprendre les négociations.

Dans des propos rapportés par le quotidien Hurriyet mercredi, le président turc Recep Tayyip Erdogan a parlé d'un « processus sans pitié » se déroulant à Idlib, prévenant que les combats violents pourraient déclencher une vague de réfugiés.

Discussions sur Idlib

Le Conseil de sécurité des Nations unies doit se réunir vendredi pour discuter de la situation à Idlib, alors que les craintes d'une attaque et de l'utilisation potentielle d'armes chimiques grandissent.

Les Nations unies mettant en garde contre un possible « bain de sang » dans la province d'Idlib, les États-Unis ont prévenu le président Bachar el-Assad mardi qu'ils répondraient « rapidement et de façon appropriée » s'il utilise des armes chimiques contre son propre peuple.

Erdogan et les présidents de l'Iran et de la Russie se rencontreront vendredi à Téhéran pour un sommet qui devrait porter sur Idlib.

Selon Staffan de Mistura, l'envoyé de paix des Nations unies, la Russie et la Turquie détiennent « la clef » d'une solution pacifique au problème d'Idlib, et il les a exhortés à éviter un désastre humanitaire.

Il a souligné des articles de presse indiquant que la Syrie avait fixé au 10 septembre la date limite pour trouver une solution avant de lancer une offensive totale contre la province.

« Essayons d'éviter que ce qui sera probablement la dernière bataille majeure du conflit territorial syrien [...] se termine par un bain de sang », a déclaré De Mistura.

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1 COMMENTAIRE (S)
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Erdogan et Khamenei sont responsables de tous ces problèmes, puisqu'ils craignent l'existence d'une entité politique pour les kurdes syriens. Et ils ne se soucient pas de ses répercussions, même s'ils provoquent des massacres ou bains de sang comme vous dites. La Turquie, la Syrie, l'Iran et l'Irak doivent cesser de tuer et d'exécuter les kurdes ; car ils sont propriétaires de différents terrains et une différente culture. Le problème le plus important du Moyen-Orient est l'ignorance des droits de 80 millions de kurdes par les Nations Unies, ainsi que ces quatre pays fertiles à produire des terroristes. Le monde doit demander pardon aux kurdes, car cette nation a été occupée par ces quatre pays et avant tout par les Nations Unies. Ils oppriment ce peuple au quotidien utilisant diverses catastrophes inhumaines. O musulmans ! Retournez aux armes de Dieu, pour que vous pouvez bénéficier de ses bontés ! La calamité qui a frappé l'Irak et la Syrie frappera l'Iran et la Turquie. Et la cause de [cette calamité] est l'oppression et l'injustice que nous avons infligées aux kurdes au nom de la religion. Les gens s’insurgeront et se révolteront partout où il y a l'injustice et l'inégalité, qui mènent à l'insécurité et aux massacres.

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