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La raffinerie Baiji de Salaheddine prête à rouvrir

Alaa Hussain à Bagdad

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Quatre ans après avoir été mise hors service par l'incursion de « l'État islamique en Irak et en Syrie », la torchère brûle à nouveau à la raffinerie de pétrole de Baiji dans la province de Salaheddine. [Photo extraite de la page Facebook de la raffinerie de pétrole de Baiji]

Quatre ans après avoir été éteinte lors de l'incursion de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS), la torchère brûle à nouveau à la raffinerie de pétrole de Baiji dans la province de Salaheddine.

La zone située autour de cette raffinerie s'était transformée en champ de bataille en juillet 2014, après qu'elle eut été encerclée par les éléments de l'EIIS venus des villes du nord de l'Irak et qui avaient tenté de la prendre d'assaut à l'aide de camions et de voitures remplis d'explosifs.

Mais les services du contre-terrorisme irakien qui étaient stationnés à l'intérieur avaient tenu bon.

Ils avaient reçu un soutien grâce à un pont aérien après que l'EIIS eut resserré son étau autour de la raffinerie, et avaient pu la défendre pendant des mois, jusqu'à ce que la ville de Baiji située à proximité soit libérée et que le groupe soit chassé de la région.

Raad Hamoudi al-Hamdani, un ingénieur qui travaillait à l'époque à la raffinerie, s'est remémoré ces temps difficiles.

« La situation était très grave, et nous avions été contraints d'arrêter progressivement les opérations de la raffinerie », a-t-il expliqué à Diyaruna. « Plusieurs ingénieurs et membres du personnel furent tués lors des affrontements. »

Al-Hamdani fut parmi ceux qui furent contraints de fuir vers la région kurde.

« Nous avons versé des larmes d'amertume en regardant à la télévision les informations sur la raffinerie et en voyant que des voitures piégées venaient chaque jour exploser à ses portes et comment elle fut détruite », a-t-il ajouté.

« Mais aujourd'hui, nous avons réussi à surmonter toutes ces difficultés, et les équipes techniques des entreprises nationales ont progressivement rendu la raffinerie opérationnelle », a-t-il ajouté.

Les ingénieurs et le personnel technique ont travaillé sans relâche pour reprendre les opérations et faire repartir la raffinerie, qui constitue la principale source de revenus des habitants du district de Baiji, et est une ressource économique essentielle pour l'Irak, a-t-il poursuivi.

Réouverture de Salaheddine 2

La raffinerie reprendra officiellement ses opérations à l'unité Salaheddine 2 de Baiji ce mois-ci, a déclaré à Diyaruna Assem Jihad, porte-parole du ministère du Pétrole.

Salaheddine 2 sera ainsi la première unité à reprendre ses opérations à la raffinerie, a-t-il encore indiqué, ajoutant qu'elle sera « officiellement inaugurée et entièrement rouverte très prochainement », avec une capacité de 70 000 barils par jour.

« L'ensemble des nécessaires travaux de réhabilitation et de remise en état de la raffinerie ont été effectués par des personnels nationaux au travers de la North Oil Company, de la Oil Projects Company et d'autres autorités qui lui ont apporté un soutien par le biais de moyens d'autofinancement et à un coût relativement limité », a-t-il expliqué.

La prochaine étape concernera la réhabilitation de l'unité Salaheddine 1, qui dispose de la même capacité, a expliqué Jihad, puis du reste des unités de la raffinerie, jusqu'à ce que soit atteinte la capacité de production totale de celle-ci de plus de 300 000 barils par jour.

Faire repartir ces unités « stimulera la production nationale de produits dérivés du pétrole et permettra à l'Irak d'économiser les millions de dollars que le pays dépense actuellement en importations », a-t-il ajouté, précisant qu'elle alimentera en pétrole les centrales électriques du pays.

« La priorité concernant la remise en service des unités de cette raffinerie est fonction de l'importance des dégâts subis par chacune de ces unités et de la disponibilité des matières premières dans le pays », a-t-il expliqué.

Renforcer l'économie nationale

« La réouverture de la raffinerie aura un impact positif sur la situation économique de la province en particulier et du pays en général », a expliqué Khalid al-Khazraji, président du conseil provincial de Salaheddine.

La raffinerie fournira un emploi à des centaines de travailleurs, procurera aux habitants et aux stations d'essence des produits dérivés du pétrole de première importance, et alimentera en pétrole les centrales électriques et les générateurs privés, a-t-il indiqué à Diyaruna.

Cela stimulera la production d'électricité dans la province, a-t-il encore ajouté.

Ces conséquences économiques positives stimuleront également l'économie nationale, a poursuivi al-Khazraji, soulignant qu'avant que l'EIIS s'empare de Baiji, la raffinerie assurait près de 60 % des besoins du pays en dérivés du pétrole.

« Si elle redevient totalement opérationnelle, elle pourrait apporter des services économiques considérables aux provinces du nord », a-t-il conclu.

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