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Terrorisme |

Les milices alliées au CGRI favorisent les objectifs de l'Iran en Syrie

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Des combattants du Hezbollah portent le cercueil d'un camarade tué lors des combats en Syrie. [Photo fournie par Mohammed al-Abdoullah]

Par le biais de ses milices affiliées déployées dans l'ensemble de la Syrie, le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien cherche à créer un état d'instabilité permanente qui lui permettra de faire progresser ses propres intérêts, ont expliqué des spécialistes.

Le CGRI a ainsi fomenté l'instabilité en Syrie en favorisant une culture du sectarisme, qui exacerbe les divisions au sein de la population syrienne, ont-ils poursuivi.

« Les événements en Syrie ont été une occasion en or pour le CGRI de continuer à se répandre et à prendre le contrôle », a indiqué à Diyaruna Faisal al-Ahmad, militant dans les médias à Alep.

Dès le départ, le CGRI a exploité la guerre en Syrie en envoyant ses milices affiliées originaires d'Irak, du Liban et d'Afghanistan, a-t-il ajouté, puis a par la suite formé des milices syriennes entièrement contrôlées par le commandement du CGRI.

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Des éléments armés du mouvement al-Noujaba affilié au CGRI en faction dans une rue en Syrie. [Photo fournie par Mohammed al-Abdoullah]

L'intervention de la république islamique en Syrie recouvre plusieurs objectifs, a-t-il poursuivi, notamment son ambition de sécuriser une liaison terrestre reliant Téhéran à Beyrouth.

« La carte de la présence du CGRI sur le terrain englobe de nombreux sites stratégiques de pétrole, de phosphate ou d'autres ressources précieuses », a-t-il indiqué, soulignant les avantages économiques que l'Iran espère retirer de son implication dans cette crise.

La prolifération des milices affiliées à l'Iran ouvre également un vaste marché pour les produits iraniens dans ces régions de Syrie, a ajouté al-Ahmad, par le biais duquel le CGRI tente de renflouer une économie iranienne en détresse.

Milices affiliées à l'Iran

Parmi les milices affiliées au CGRI opérant en Syrie se trouvent les Brigades irakiennes de l'Imam Ali, le Hezbollah, les Brigades al-Noujaba, les Bataillons Sayyed al-Shuhada, le Mouvement al-Abdal, la Brigade Abou al-Fadl al-Abbas et la Brigade Zulfiqar, a indiqué al-Ahmad.

Les milices libanaises appuyées par l'Iran combattant en Syrie comprennent pour leur part le Hezbollah et Saraya al-Taouhid, a-t-il ajouté, ainsi que la brigade afghane al-Fatemiyoun et la brigade pakistanaise al-Zainabiyoun.

Les milices syriennes affiliées regroupent quant à elles la Brigade Sayyida Ruqayya, la Force 313, al-Ghaliboun : Saraya al-Muqawama al-Islamiyah fi Suriya et le Bataillon al-Zahraa.

L'objectif du CGRI est de « diviser pour mieux régner » en Syrie, au Liban et dans les autres pays où il souhaite asseoir son influence, a expliqué Fathi al-Sayed, chercheur au Centre al-Sharq d'études régionales et stratégiques, spécialisé dans les affaires iraniennes.

Pour ce faire, il s'est efforcé de mettre en place des cellules militaires chargées de mettre en œuvre ses plans en semant les graines de la violence sectaire, a-t-il expliqué à Diyaruna.

« Après avoir réussi à attiser les tensions, la deuxième phase commence, où ces cellules évoluent en groupes armés et en milices », a-t-il poursuivi.

Dans le cas de la Syrie, ces milices sont apparues au grand jour et se sont répandues dans la plupart des régions où avaient lieu des affrontements entre les forces du régime et les groupes de l'opposition armée.

Au départ, le CGRI a renforcé ses milices affiliées opérant en Syrie par des éléments étrangers, dans la mesure où les combattants syriens étaient en nombre limité, a-t-il expliqué.

« Mais après sept ans de guerre, la situation a changé », a-t-il expliqué, soulignant que les milices syriennes affiliées au CGRI disposent maintenant d'une présence active sur le terrain.

Une situation susceptible d'empirer

Des milices armées qui agissent hors du contrôle du gouvernement sont susceptibles de créer l'instabilité dans n'importe quel pays, et c'est certainement le cas avec les milices contrôlées par le CGRI en Syrie, a expliqué à Diyaruna le journaliste syrien Mohammed al-Abdoullah.

« L'instabilité, les tensions permanentes et les divisions permettent au CGRI d'exercer son contrôle sur les ressources de l'État syrien », a-t-il indiqué.

Même si le CGRI annonçait qu'il retirait ses forces de Syrie, a-t-il poursuivi, il y disposerait encore d'une présence par le biais de ces milices.

Al-Abdoullah a mis en garde sur le fait que l'instabilité qui résulte de la présence et de la prolifération de ces milices est susceptible d'empirer dans un avenir proche.

Les forces du régime syrien signent des accords de réconciliation avec les groupes de l'opposition, qui déposent leurs armes, tandis que « les milices affiliées au CGRI conservent les leurs, même dans les zones où les combats ont complètement cessé ».

Cette situation aura un impact négatif sur la société syrienne, a-t-il ajouté, soulignant que les milices affiliées au CGRI seront en mesure d'imposer leur contrôle sur les Syriens par la force des armes.

Les chefs et les combattants qui composent ces milices « ont toute autorité pour agir et se déplacer à leur guise, et l'État syrien et l'armée n'ont absolument aucune autorité sur eux », a-t-il prévenu.

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