Sécurité

L'Irak renforce ses frontières contre une infiltration de l'EIIS

Khalid al-Taie

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Des gardes-frontières irakiens inspectent une nouvelle clôture de barbelés marquant la frontière entre l'Irak et la Syrie. [Photo fournie par les gardes-frontières irakiens]

Les forces irakiennes travaillent à fortifier la frontière avec la Syrie et à repousser toute infiltration d'éléments de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS), en édifiant des barrières et en mettant en œuvre des technologies de fortification.

La frontière est équipée de postes de garde, de caméras thermiques et de capteurs à distance pour détecter tout mouvement dans la zone.

Mi-avril, l'armée irakienne et les gardes-frontières ont achevé le creusement d'une tranchée longue de 100 km bordant la frontière et séparant les villes de Raoua et al-Qaim, dans la province de l'Anbar, du territoire syrien

Cette tranchée est large de six mètres et profonde de trois mètres, et la terre qui en a été retirée a été utilisée pour construire un talus de terre destiné à améliorer les fortifications.

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Des gardes-frontières irakiens procèdent à des inspections dans la ville d'al-Qaim, dans la province de l'Anbar, non loin de la frontière avec la Syrie. [Photo fournie par les gardes-frontières irakiens]

Fin juin, les gardes-frontières ont entamé un nouveau projet destiné à compléter ces mesures de protection aux frontières, qui prévoit la mise en place d'une clôture de barbelés équipée de tours de guet et d'équipements de surveillance, ainsi que de patrouilles mobiles.

Mesures de fortification

Ces mesures de fortification s'avèrent efficaces pour empêcher les éléments de l'EIIS de franchir la frontière, a expliqué à Diyaruna Hussein Ali al-Akidi, le maire de Raoua.

« Les forces de sécurité, notamment le commandement des opérations d'al-Jazeera, l'armée et les gardes-frontières, mettent en œuvre un strict contrôle de la zone frontalière avec la Syrie », a-t-il ajouté.

Les mesures pratiques incluent le creusement « d'une profonde tranchée, la construction d'un talus de terre et la pose d'une clôture de barbelés, et leur transformation en un système de fortifications intelligent grâce à l'utilisation de caméras et d'équipements sophistiqués de surveillance et de détection », a-t-il poursuivi.

Ces mesures ont permis de « renforcer de 80 % la sécurité à la frontière et de contenir les infiltrations de terroristes en provenance du territoire syrien », a rapporté al-Akidi.

Des troupes ont été déployées en grands nombres à plusieurs postes frontaliers, a-t-il encore indiqué, et une surveillance 24 heures sur 24 est assurée dans les zones sensibles.

« Nos frontières étaient auparavant totalement ouvertes, elles sont désormais hermétiquement fermées », a-t-il souligné.

Les tentatives sporadiques d'infiltration sont rapidement déjouées, a-t-il fait savoir, et ceux qui tentent d'entrer illégalement en Irak sont visés par des frappes aériennes pendant qu'ils se trouvent encore dans le désert.

« Les forces irakiennes et les appareils de la coalition internationale ont récemment porté des coups très sévères à l'EIIS en ciblant des infiltrés appartenant au groupe dans le désert de l'ouest de l'Anbar », a précisé al-Akidi.

Le 7 août, au nord de Raoua, une frappe aérienne de la coalition a permis de neutraliser « plusieurs terroristes qui étaient retranchés dans une grotte », a-t-il expliqué, ajoutant qu'il avait par la suite été confirmé qu'il s'agissait d'infiltrés et de hauts responsables de l'EIIS.

Moins de menaces à la frontière

« Les tentatives de l'EIIS pour franchir la frontière sont désormais vouées à l'échec », a affirmé à Diyaruna Eïd Ammash, porte-parole du conseil provincial de l'Anbar.

« La menace provenant de l'autre côté de la frontière avec la Syrie a quelque peu diminué, grâce à plusieurs facteurs, en particulier les fortifications sécuritaires intensives et l'activité militaire rigoureuse destinée à sécuriser la bande frontalière et le désert adjacent », a-t-il ajouté.

Ammash a poursuivi en expliquant que les tentatives qui se produisent, et qui sont immédiatement contrées, proviennent toutes de la région syrienne de Hajin et des villages d'al-Sousa et de Baghouz, adjacents au désert du Haut-Euphrate, au nord des villes de Raoua et d'al-Qaim.

« Il est primordial qu'il ne subsiste aucune brèche qui pourrait être exploitée par l'ennemi pour s'infiltrer sur notre territoire », a-t-il poursuivi.

« La tranchée et les autres fortifications vont limiter les infiltrations de terroristes et bloquer le passage de leurs véhicules et de leurs voitures piégées », a déclaré Cheikh Abdoullah al-Jughaifi, président du parti Ahrar al-Furat et ancien commandant des forces de la mobilisation tribale de l'Anbar.

« Toutefois, ces mesures seules ne suffisent pas à écarter le danger, à moins qu'elles ne soient accompagnées d'une couverture aérienne », a-t-il expliqué à Diyaruna.

Une activité renforcée sur le terrain, notamment une surveillance et un suivi 24 heures sur 24 sont également nécessaires, a-t-il conclu, précisant que toutes ces mesures sont déjà en place.

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