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Terrorisme |

L'EIIS appelle ses combattants étrangers à fuir l'Irak et la Syrie

Khalid al-Taie

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Les forces irakiennes arrêtent des éléments de « l'État islamique en Irak et en Syrie » dans la province occidentale de l'Anbar. [Photo fournie par la 8e division d'infanterie de l'armée irakienne et publiée en ligne en avril 2018]

Après les sévères défaites subies en Irak et en Syrie, « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) a demandé à ses combattants étrangers de retourner dans leurs pays d'origine ou de partir vers des régions qui connaissent tensions et instabilité, révèlent de récents articles parus dans les médias.

Pour ce faire, le groupe a mis en place un site internet qui précise pour les combattants étrangers la manière de rentrer dans leurs pays ou vers des pays instables, où ils courent moins de risques d'être arrêtés.

Ce site web suggère aux éléments de l'EIIS d'utiliser leurs documents de voyage originaux et d'éviter de voyager avec de faux passeports.

Les éléments de l'EIIS sont avertis de s'abstenir d'emporter avec eux tout document personnel ou des photos qui pourraient révéler leurs liens avec le groupe ou la nature de leurs actes.

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La police irakienne ratisse un village proche de la ville d'al-Hawija, dans la province de Kirkouk, à la recherche d'éléments restants de l'EIIS sur cette photo publiée en ligne de 2 août. [Photo fournie par le commandement de la police fédérale]

Il leur est également recommandé de ne pas se mêler aux membres des communautés vers lesquelles ils fuient, et de se garder de toute conversation pouvant conduire à leur détection.

« L'EIIS traverse une grave crise depuis que l'État dont il rêvait a rapidement disparu et que l'Irak et la Syrie sont devenus leurs cimetières », a déclaré Issam al-Fili, professeur de science politique à l'université al-Mustansiriya.

La seule option qui reste pour le groupe est de fuir cet « enfer » et de chercher d'autres pays à infiltrer, a-t-il encore estimé pour Diyaruna.

Ces mises en garde montrent bien que l'objectif principal du groupe est désormais de préserver ce qu'il reste de ses combattants, de se regrouper et de trouver un soutien logistique, a-t-il ajouté.

Ceux qui rentrent peuvent mettre en place des cellules dormantes qui représentent un grave danger pour la sécurité de leurs pays, a-t-il poursuivi.

« Ceux qui ne peuvent regagner leur pays d'origine peuvent potentiellement fuir vers des zones comme le désert libyen, la péninsule du Sinaï ou le Yémen pour continuer à être des membres actifs et influents du groupe », a conclu al-Fili.

« Ultime tentative »

L'EIIS tente d'ajuster sa position en fonction des pertes subies en termes de capital humain et de ressources de combat plutôt que de s'engager dans une confrontation militaire, a expliqué à Diyaruna l'expert en sécurité Fadel Abou Ragheef.

Pour ce faire, il s'efforce de trouver de nouvelles zones d'influence, a-t-il ajouté.

L'appel lancé par le groupe à ses combattants étrangers pour qu'ils s'enfuient est « une ultime tentative » pour se regrouper au-delà des frontières de sa soi-disant « terre d'émancipation », a-t-il poursuivi.

« L'EIIS tente de tirer parti de l'agitation et des conditions de sécurité dégradées dans certaines régions du monde pour former de petits avant-postes terroristes, pour les alimenter par la suite en nouvelles recrues », a encore ajouté Abou Ragheef.

L'injonction faite par l'EIIS à ses combattants de quitter la Syrie indique clairement « un changement de stratégie visant à se redéployer par suite des conditions de la guerre », a expliqué à Diyaruna Moutaz Mouhyi Abdoul Hamid, spécialiste en stratégie militaire.

Ce changement de stratégie est annonciateur de la défaite du groupe, a-t-il poursuivi, mettant toutefois en garde qu'un groupe aussi complexe que l'EIIS pourrait resurgir dans des zones ou des environnements où la sécurité n'est pas aussi forte et où prévalent tensions politiques et agitation.

Cela nécessite « des efforts continus pour éradiquer le groupe et le combattre militairement et idéologiquement », a ajouté Abdoul Hamid.

Abou Ragheef a appelé de ses vœux la poursuite de la coopération internationale et les échanges d'informations de manière à prévenir toute croissance terroriste sensible où que ce soit dans le monde.

Le soutien de la coalition internationale à l'armée irakienne dans ses combats de libération contre l'EIIS et ses opérations de sécurité permanentes visant les éléments restants du groupe ont permis de réduire la menace qu'il représentait, a-t-il indiqué.

Par conséquent, « nous ne devons absolument pas permettre au groupe de se propager à nouveau dans d'autres pays ».

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