NOUVELLES D’IRAK
Sécurité

Les Irakiens saluent le policier qui a donné sa vie pour épargner des civils lors d'une attaque de l'EIIS

Khalid al-Taie

image

Le lieutenant Rami Thahir Fleyih entre deux camarades de promotion à l'académie de police. [Photo extraite de la page Facebook de Rami Thahir Fleyih]

Un récent attentat suicide à Bagdad aurait pu causer la mort de centaines de civils innocents sans l'intervention d'un officier de police qui a mis au sol le kamikaze et est mort dans l'explosion qui s'en est suivie.

Le lieutenant Rami Thahir Fleyih, officier de renseignement responsable des quartiers d'al-Ghazaliya et d'al-Shula, est devenu un symbole national, et les Irakiens saluent son courage et sa bravoure.

Le 24 mai aux premières heures de la matinée, une explosion a secoué al-Shula, un faubourg de Bagdad, tuant cinq personnes et en blessant quinze autres. Parmi les victimes se trouvaient une femme, un enfant et trois policiers, dont Fleyih.

Cet attentat est survenu près du parc al-Saqlawiya, fréquenté par des familles et des jeunes venus passer les soirées du ramadan à jouer à l'al-Muhaibis, un sport populaire, et à pratiquer d'autres activités ludiques du ramadan.

image

Le lieutenant Rami Thahir Fleyih a été tué le 24 mai après avoir empêché un kamikaze de « l'État islamique en Irak et en Syrie » de s'en prendre à des centaines de civils dans un parc de Bagdad. [Photo extraite de la page Facebook de Rami Thahir Fleyih]

Quelques heures seulement après cet incident, « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) a revendiqué l'attentat sur les réseaux sociaux.

Un sacrifice « pour tous les Irakiens »

Fleyih était né en 1993 et était père de deux jeunes enfants.

Le père de cet officier, Thahir Fleyih, a partagé avec Diyaruna les détails du jour de cette attaque.

« Mon fils rentrait chez lui lorsqu'il a reçu des renseignements concernant un kamikaze qui allait se faire exploser au parc al-Shula », a-t-il expliqué.

L'officier « s'est rendu immédiatement à l'endroit indiqué, alors qu'il n'était plus en service », a indiqué son père.

« À son arrivée, il a identifié le kamikaze d'après la description qui lui avait été fournie, et l'a ceinturé pour l'empêcher d'entrer dans le parc, avant que l'assaillant ne se fasse exploser. »

« Il était précisément minuit et quart », a précisé le père du policier.

Fleyih, officier militaire à la retraite, a déclaré que son fils s'était sacrifié pour sauver plus de 300 personnes, parmi lesquelles des femmes, des enfants et des jeunes jouant à l'al-Muhaibis.

« Mon fils est un martyr qui, malgré son amour de la vie, l'a donnée pour empêcher que ne survienne une plus grande tragédie », a-t-il expliqué.

Son sacrifice a été consenti « pour tous les Irakiens, par pour une secte ou une faction en particulier », a ajouté Fleyih.

Symbole de sacrifice et de générosité

« L'héroïsme de Rami nous a unifiés et a renforcé un sentiment d'appartenance à ce pays, et notre amour et notre engagement à défendre et à protéger son peuple et sa dignité », a-t-il poursuivi.

« Lorsque nous avons organisé ses funérailles, des personnes venues de tous les quartiers, en particulier d'al-Shula, sont venues lui rendre hommage et ont éprouvé de la fierté pour mon fils, devenu un symbole de sacrifice et de générosité », a-t-il ajouté.

Outre son travail d'officier de sécurité, Rami était en quatrième année d'études informatiques.

Il s'apprêtait à décrocher son diplôme, a poursuivi son père, ajoutant que « son ambition était sans limites, et il aimait servir sa famille et son pays, un amour qui a culminé dans l'ultime forme de martyr ».

« Je connaissais Rami depuis son enfance, car nous étions voisins [dans le faubourg d'al-Hurriyah à Bagdad] et je suis très lié à son père et à son oncle », a expliqué le journaliste Muhannad al-Munshid, patron du quotidien irakien Kunuz Iraqiyah.

« Rami, le martyr, était connu depuis son enfance pour sa bravoure », a-t-il raconté à Diyaruna. « Il aimait également apprendre et aller à l'école. »

« C'était un fidèle lecteur de mon journal, et il écrivait des articles », a ajouté al-Munshid.

« Le martyr de Rami est une leçon d'altruisme et de sacrifice de soi », a-t-il poursuivi. « Son sacrifice prend des proportions légendaires et est plein de significations. »

« Les terroristes ne mettront pas fin à la vie »

Le 27 mai, le Premier ministre irakien Haider al-Abbadi a publié un décret visant à rendre hommage à Rami Fleyih et à le promouvoir au grade de capitaine. Les deux autres policiers tués dans cette attaque, Eidan Hassan et Hussain Jassim Hmeid, ont également été promus.

« Il n'y a pas de mots pour décrire le courage de cet officier », a déclaré le porte-parole du ministère de la Défense, le major général Tahseen al-Khafaji, à propos de Rami Fleyih.

« Nous nous inclinons devant son sacrifice, qui restera dans l'Histoire », a-t-il confié à Diyaruna.

Cet officier était issu d'une famille militaire qui compte une longue histoire de lutte contre le terrorisme, a poursuivi al-Khafaji.

« Tant que nous compterons parmi nous des héros si généreux, notre pays sera sauf », a-t-il ajouté.

Au lendemain de cette attaque, le parc al-Shula accueillait à nouveau des familles, déterminées à ne pas laisser le terrorisme gâcher leurs célébrations du ramadan.

« Les terroristes ne réussiront pas mettre fin à la vie », a affirmé à Diyaruna Qassim Rahim, 54 ans, venu au parc avec sa famille.

« Venir au parc est la réponse la plus forte aux obscurantistes, et notre esprit de résistance est le même que celui du martyr Rami, dont l'esprit nous accompagne désormais », a-t-il conclu.

Aimez-vous cet article?

2 COMMENTAIRE (S)
Politique Commentaire * INDIQUE CHAMP NÉCESSAIRE 1500 / 1500

Se sacrifier est la chose la plus sublime. Il a juste cherché Dieu. Que Dieu ait pitié de vous, O héros! L'Irak est la terre des héros!

Répondre

Pourquoi ne pas écrire un martyr ? Il a défendu notre sang, pays et peuple. Que Dieu lui fasse miséricorde ! Veuillez écrire professionnellement et équitablement sur nos soldats et officiers martyrs qui ont sacrifié leurs vies pour nous. Salutations et respect à l'auteur de l'article !

Répondre