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Les nouveaux venus en politique, un nouveau souffle dans les élections irakiennes

Khalid al-Taie

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Les affiches des candidats aux prochaines élections législatives en Irak parsèment les rues de Bagdad. [Khalid al-Taie/Diyaruna]

La course pour les prochaines élections législatives en Irak attire des candidats venus d'en dehors de la scène politique traditionnelle ; candidats et électeurs pensent que cela pourrait ouvrir une ère nouvelle de changement et de réforme.

Au total, ce seront 7 367 candidats qui s'affronteront lors des élections du 12 mai prochain pour les 329 sièges du parlement.

Près d'un tiers des candidats sont issus de la scène culturelle et du monde du sport, et ils se présentent pour la plupart sur des listes et dans des coalitions électorales civiles.

Le futur de l'Irak demande « une nouvelle dynamique politique », dans laquelle les personnalités publiques sont fortement représentées, a expliqué l'acteur Mazen Mohammed Mustafa, candidat de la coalition État de droit.

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Des panneaux annonçant les campagnes des candidats aux prochaines élections législatives en Irak ornent les rues de Bagdad. [Khalid al-Taie/Diyaruna]

Les années précédentes, la politique avait été le principal vivier de candidats représentant les parties politiques, a-t-il expliqué à Diyaruna, soulignant qu'« aujourd'hui, notre participation en tant qu'artistes permettra de dessiner une nouvelle carte politique ».

« Les gens veulent le changement et surmonter la multitude de crises que nous connaissons d'élection en élection », a-t-il poursuivi. « Le type de changement que nous souhaitons insuffler par le droit de vote rendra cela possible. »

« Responsabilités importantes »

Remporter un siège au parlement implique des responsabilités importantes, a ajouté Mustafa, au premier rang desquelles la protection des droits des citoyens, la lutte contre le sectarisme et la corruption, et l'amélioration des performances du gouvernement dans tous les secteurs des services.

« La sécurité et le terrorisme ont été les principaux sujets d'attention des gouvernements successifs, et il s'agissait certes de responsabilités très importantes », a-t-il rappelé.

« Nous pensons toutefois que la culture doit faire l'objet de plus d'attention et bénéficier de plus de soutien », a-t-il poursuivi. « Nous ne pourrons pas lutter contre les terroristes seulement par les armes, mais aussi grâce à l'art et à la réflexion. »

« Beaucoup reste à faire pour un avenir plus radieux », a-t-il ajouté.

Sarmad Abdul-Ilah, ancien nageur qui se présente sur la liste de la Coalition de la victoire, a estimé que la représentation parlementaire « devrait comprendre des gens qualifiés et expérimentés, afin qu'ils puissent travailler avec efficacité ».

Le parlement irakien comprend plusieurs commissions, dont chacune est chargée de contrôler les affaires d'un secteur spécifique, a-t-il expliqué.

« Par le biais de la commission de la jeunesse et des sports, nous tentons de faire avancer le secteur des sports dans le pays », a-t-il précisé. « Nous aspirons à faire passer une législation qui soit favorable aux athlètes, nourrisse les jeunes talents et favorise la recherche de nouveaux sportifs professionnels. »

Cette commission cherche à protéger les droits des sportifs professionnels, en plus de développer les équipes et les clubs sportifs, et l'ensemble des infrastructures sportives, a-t-il expliqué.

Laisser un espace aux nouveaux arrivants

La participation d'une grande diversité de candidats aux prochaines élections revient à « lancer un pavé dans la mare », a estimé Abdul-llah.

« Faire de la place à de nouveaux arrivants compétents et intègres sur la scène politique doit devenir la norme », a-t-il ajouté.

Le journaliste Hadi Jalou Merhi, candidat sur la liste du Parti civil, déclare vouloir faire partie d'un « bloc de la résistance » au parlement, qui protège contre toute atteinte à la construction et à la saine gestion de l'État.

« Nous devons nous pencher sur l'adoption de réformes politiques de fond et sur les solutions à apporter à des problèmes jusqu'alors intraitables, comme la corruption, la médiocrité des services publics et l'arrêt du développement économique », a-t-il ajouté pour Diyaruna.

Tous les partis politiques brandissent le drapeau de la réforme et l'affirment dans leurs campagnes comme un objectif urgent, a-t-il poursuivi, mettant toutefois en garde que certains l'utilisent dans le seul et unique but de l'emporter.

S'il est élu, a ajouté Merhi, il espère pouvoir améliorer la vie de tous les Irakiens, notamment des journalistes et des professionnels des médias.

« Nous voulons faire passer une nouvelle législation qui protège réellement ce segment de la population et lui permette de mettre en pratique la liberté d'expression », a-t-il poursuivi.

Et de conclure : « Rien que dans la province de Ninive, une cinquantaine de journalistes ont été tués par les terroristes, et des dizaines d'autres sont portés disparus. »

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