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Droits de l'Homme

Difficultés respiratoires préoccupantes à Hamouriya

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Des docteurs soignent quelques-uns des quinze enfants qui ont souffert de difficultés respiratoires après les bombardements du régime contre la ville de Hamouriya, dans la Ghouta orientale. [Photo fournie par le centre de presse de Hamouriya]

Plus d'une vingtaine de civils de la ville de Hamouriya, dans la Ghouta orientale, pour la plupart des femmes et des enfants, ont souffert de difficultés respiratoires après une frappe du régime syrien survenue lundi 5 mars dans la soirée, ont indiqué des militants à Diyaruna.

Ces difficultés auraient été provoquées par l'inhalation de gaz toxiques dégagés lors des bombardements par le régime qui ont frappé un abri anti-bombardement civil où des femmes et des enfants avaient trouvé refuge.

La ville de Hamouriya a été le théâtre d'une attaque par des tirs d'artillerie, des avions et des hélicoptères, qui a fait au moins 30 morts et a blessé des dizaines d'autres personnes, a expliqué à Diyaruna Hossam Zain, militant au centre de presse de Hamouriya.

Après que des hélicoptères ont largué des barils explosifs sur la ville lundi aux alentours de minuit, les habitants, des membres de la défense civile syrienne et des bénévoles ont présenté plusieurs cas de ce qu'ils ont décrit comme une « suffocation ».

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Plusieurs membres de la défense civile de la ville de Hamouriya ont présenté des difficultés respiratoires alors qu'ils venaient en aide à des enfants et à des femmes après un bombardement du régime syrien dont certains affirment qu'il contenait des gaz toxiques. [Photo fournie par le centre de presse de Hamouriya]

Selon des membres de la défense civile, la substance toxique employée est du chlore, car les symptômes résultant de l'exposition sont une difficulté respiratoire et des rougeurs de peau.

Au total, ce sont 30 cas de difficultés respiratoires qui ont été documentés, a expliqué Zain, parmi lesquels quinze enfants, treize femmes et des bénévoles de la défense civile touchés alors qu'ils transportaient les blessés.

Les forces du régime ont d'abord visé cet abri avec des barils explosifs, suivis peu après par ce qui serait du chlore, a-t-il ajouté, la seconde frappe survenant alors que les sauveteurs intervenaient et que les gens sortaient de l'abri par peur qu'il ne s'effondre.

La ville a été visée par des barils explosifs, des armes thermobariques et des bombes à fragmentation, a poursuivi Zain.

« Les services médicaux de la ville ont été interrompus, et les premiers secours sont dispensés dans les zones voisines, comme Zamalka », a-t-il ajouté, « bien que les transports soient extrêmement risqués en raison de l'intensité des frappes aériennes et des bombardements ».

« Apocalypse »

Mercredi, le responsable des droits de l'homme aux Nations unies Zeid Raad al-Hussein a accusé le régime syrien d'orchestrer une véritable « apocalypse » qui frappera partout, a rapporté l'AFP.

Dans son rapport annuel remis au Conseil des droits de l'homme des Nations unies, al-Hussein a écrit que les actes du régime dans la Ghouta orientale sont « juridiquement et moralement insoutenables », mettant en garde que le prochain cauchemar pour les civils syriens sera inévitablement pour bientôt.

« Ce mois-ci, c'est la Ghouta orientale qui, selon les propres mots du secrétaire général, est l'enfer sur terre ; le mois prochain, ou le suivant, les gens rencontreront l'apocalypse ailleurs – une apocalypse orchestrée, planifiée et exécutée par des individus au sein du gouvernement, bénéficiant apparemment de l'appui total de certains soutiens étrangers », a déclaré Zeid au conseil.

« Il est urgent d'inverser cette tendance catastrophique et de déférer la Syrie devant le Tribunal pénal international », a-t-il ajouté.

Le 18 février, le régime syrien et ses milices alliées ont lancé une offensive destinée à reprendre la Ghouta orientale, dernier fief de l'opposition situé près de Damas.

Ils ont depuis repris plus de 40% de la zone, avec l'appui d'une campagne de bombardements dévastatrice qui a tué plus de 800 civils.

Mercredi, les troupes du régime se trouvaient aux portes de plusieurs villes stratégiques, notamment Misraba, Beit Sawa, Jisreen et Hamouriya.

Au moins 700 combattants pro-régime ont été déployés d'Alep à la Ghouta orientale, a indiqué mercredi l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

Des renforts ont été déployés sur les principaux fronts, dans la partie occidentale de l'enclave, en particulier dans la ville de Harasta.

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