Terrorisme

Tahrir al-Sham interdit les vendeurs de rue à Idlib

Par Waleed Abou al-Khair au Caire

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Des éléments de Tahrir al-Sham enlèvent un stand utilisé par un vendeur de rue à Idlib lors d'une récente opération. [Photo fournie par Mousab Assaf]

Plus de cent cinquante familles de la ville d'Idlib sont sans revenus depuis que Tahrir al-Sham a supprimé les stands qu'elles avaient montés dans certaines rues et a empêché les vendeurs de rue de mener leur activité, ont expliqué des militants locaux à Diyaruna.

L'administration locale avait accordé des permis à ces vendeurs, à condition qu'ils obéissent à certaines conditions, ont-ils rapporté.

Mais l'alliance extrémiste, dominée par l'ancien Front al-Nosra (FAN), a suspendu le travail de l'administration il y a quelque temps.

Des militants ont indiqué à Diyaruna que la raison principale à l'origine de cette décision était que les vendeurs refusaient de payer des taxes à Tahrir al-Sham.

Lundi 1er janvier, des patrouilles de Tahrir al-Sham ont commencé à confisquer tous les articles vendus par les vendeurs de rue et les propriétaires de stands à Idlib, a rapporté le militant des médias locaux Mousab Assaf, qui utilise un pseudonyme pour des raisons de sécurité.

« Le processus a pris fin mardi avec la confiscation de tous les stands temporaires et l'arrestation de plusieurs vendeurs qui avaient essayé de tenir tête aux éléments de l'alliance », a-t-il indiqué à Diyaruna.

« Les vendeurs sont des gens pauvres et défavorisés qui n'ont pas d'autres sources de revenus », a-t-il fait savoir.

Certains font ce travail depuis de nombreuses années, a-t-il ajouté, d'autres sont des déplacés internes (DI) qui ont perdu tout ce qu'ils possédaient.

L'alliance a pris ces mesures après que les vendeurs ont refusé de payer les taxes qui leur étaient imposées, a-t-il indiqué, notant qu'elle a été implacable dans ses efforts pour récupérer de l'argent par tous les moyens possibles, car ses ressources ont diminué.

Tentative d'imposer le contrôle

Mohammed Khalid, un DI de la campagne de Deir Ezzor qui travaille comme vendeur de rue, a déclaré à Diyaruna que les articles qu'il vendait ont été confisqués mardi.

Selon Khalid, l'alliance a déclaré mener cette répression pour empêcher les activités de vente désorganisées dans la rue et pour débarrasser les rues des stands.

Mais la vraie raison, selon plusieurs vendeurs, est le refus de la majorité d'entre eux d'obéir à ses ordres de payer des taxes comme les autres boutiques.

Ce n'est pas possible, a expliqué Khalid, parce que les vendeurs de rue ne gagnent que très peu et ne peuvent pas payer les taxes que l'alliance a imposées.

« L'alliance s'est opposée à ce que les vendeurs aillent ailleurs sur le marché et leur a ordonné, après avoir obtenu toutes leurs informations personnelles, d'arrêter totalement leur travail ou d'encourir une punition et une amende », a rapporté Khalid.

À travers son « Gouvernement de salut national » nouvellement formé, qui essaie d'imposer son contrôle sur la zone, l'alliance annule toutes les décisions administratives prises par l'ancienne administration locale, a-t-il indiqué.

Cela comprend l'attribution de licences aux vendeurs selon certaines conditions, dont la promesse d'exercer à des endroits spécifiques, maintenir la propreté et ne pas manipuler les prix, a-t-il expliqué.

À cause de la décision de l'alliance, a fait savoir Khalid, « les familles d'au moins cent cinquante vendeurs de rue se retrouvent désormais sans revenus à cause du manque de travail ».

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