Sécurité

Les forces irakiennes se déploient à al-Hawija après des attaques de Daech

Par Khalid al-Taie

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La police irakienne franchit une rivière lors des opérations destinées à libérer la ville d'al-Hawija de « l'État islamique ». [Photo fournie par le commandement de la police fédérale irakienne]

Les forces irakiennes ont renforcé leur présence à l'intérieur et aux alentours de la ville d'al-Hawija, dans la province de Kirkouk, pour en chasser les dernières poches de combattants de « l'État islamique » (Daech), ont expliqué des responsables à Diyaruna.

Les éléments du groupe ont en effet lancé des attaques sporadiques dans la ville au cours des dernières semaines.

« Les forces de sécurité, appuyées par des combattants tribaux, ont renforcé leur présence à al-Hawija et dans ses faubourgs », a indiqué le gouverneur d'al-Hawija, Sabhan al-Jubury.

Elles ont repris leurs opérations de recherche pour traquer les derniers éléments de Daech, notamment dans les villages agricoles isolés, a-t-il poursuivi pour Diyaruna.

Les opérations de ratissage sont en cours

« Les opérations de ratissage utilisent les moyens de renseignement existants dans les zones où les militants ont montré des signes d'activité et où se sont produites des atteintes à la sécurité », a continué al-Jubury.

Al-Hawija comprend de nombreux sous-districts, dont al-Riyadh, al-Rashad et al-Abbasi, et couvre une superficie d'environ 18 000 km².

La topologie de la région offre une bonne couverture aux activistes, avec de nombreux endroits où se cacher dans ses vallées et le long des berges des rivières, où la végétation est dense.

Selon al-Jubury, les éléments restants de Daech « tentent d'exploiter ce terrain pour lancer leurs attaques », afin de montrer qu'ils sont toujours présents dans la région.

Les forces irakiennes ont anéanti Daech à al-Hawija, a-t-il poursuivi, et ont repris la ville le 5 octobre lors d'une « opération de libération rapide et de qualité ».

« Un petit nombre de ces terroristes ont toutefois réussi à s'enfuir et à disparaître des radars », a-t-il expliqué, précisant qu'ils lancent actuellement des attaques et mènent des assassinats dans les zones où la sécurité est plus faible.

Ces zones comprennent les villages du district d'al-Zab, dans l'ouest d'al-Hawija, jusqu'aux collines de Hamrine, a précisé al-Jubury.

Moins d'une centaine de militants

« Des petites cellules de Daech se cachent encore dans les zones accidentées », a indiqué le commandant de terrain de la mobilisation tribale d'al-Hawija, Salah Razouqi, à Diyaruna.

« Nos informations confirment que des terroristes se cachent dans les buissons en bordure des rivières d'al-Khasa et Zoughaitoun (dans le sud d'al-Hawija) et à Wadi Abou al-Khanajir et dans les zones reculées de l'ouest d'al-Hawija », a-t-il indiqué.

Selon les estimations, a-t-il ajouté, il resterait moins d'une centaine de terroristes dans la région.

« Ils ne sont pas en mesure de lancer des attaques de grande envergure, ni même de s'emparer du moindre centimètre carré des territoires libérés, mais ils mènent à l'occasion des opérations de la dernière chance », a expliqué Razouqi.

Cette semaine, ils ont assassiné le colonel Fadhil al-Sabaawi, commandant du poste de police du village d'al-Sharia dans le district d'al-Riyadh, ainsi que le leader de la tribu al-Juhaish à Kirkouk, Cheikh Waleed Nuri al-Juhaishi, a-t-il poursuivi.

Les forces de sécurité ont fait échouer une attaque montée par des hommes armés près de Wadi Abou al-Khanajir, a-t-il ajouté, abattant un grand nombre des auteurs.

« Après ces récentes attaques, les patrouilles et les opérations de surveillance ont été renforcées », a-t-il précisé. « Nous pouvons assurer à quiconque que ces zones sont contrôlées avec une poigne de fer, et que nous éliminerons totalement toutes les poches restantes de Daech. »

Les rapports « ont été exagérés »

Au lendemain de ces attaques, certains médias avaient affirmé que Daech prévoyait de « reprendre une nouvelle fois le contrôle d'al-Hawija », et que le groupe avait commencé à infiltrer les faubourgs de la ville.

Ces rapports ont été exagérés, a affirmé Razouqi, soulignant que dans un communiqué daté du 26 décembre, la Cellule de guerre médiatique les avait réfutés et avait mis en garde les médias contre « la diffusion de scénarios qui mettent en danger la sécurité nationale ».

Selon ce communiqué, le gouvernement se réserve « le droit plein et entier de poursuivre toute partie qui tenterait d'induire l'opinion publique en erreur ».

« La situation dans toutes les zones d'al-Hawija est stable », a expliqué à Diyaruna Maan al-Hamdani, membre du conseil provincial de Kirkouk.

Les forces de sécurité « traquent les terroristes partout et ne les laisseront pas porter atteinte à la victoire militaire », a-t-il affirmé.

Al-Hamdani a souhaité que les services publics soient rétablis dans al-Hawija et dans ses sous-districts et villages, pour faciliter le retour des populations déplacées.

« Près de 450 000 personnes vivaient dans ces régions, et la plupart ont été déplacées ces trois dernières années », a-t-il conclu.

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