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Début de retour pour des milliers de personnes à Ninive

Par Alaa Hussain à Bagdad

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Le ministère irakien des Migrations et des Déplacements a alloué des minibus et des camions au transport des personnes déplacées et de leur mobilier vers leur domicile d'origine, en coordination avec le commandement des opérations conjointes. [Photo fournie par le ministère des Migrations et des Déplacements]

Durant les dernières semaines du mois d'octobre, des dizaines de milliers de déplacés internes (DI) sont rentrées dans leurs foyers dans la province de Ninive.

Leur retour reflète la détermination des autorités irakiennes de résoudre cette crise des déplacements, en dépit des très importants défis que la province doit relever après sa libération de « l'État islamique » (Daech), ont expliqué des responsables.

Depuis que Daech a pris le contrôle de la province en juin 2014, Ninive a connu des vagues successives de déplacements, culminant avec une vague de déplacement massive lors des opérations militaires pour libérer la province.

Fin octobre, plus de 37 000 DI ont regagné leurs maisons dans la province, en deux contingents de 15 277 et 21 743 personnes chacun, a expliqué à Diyaruna le responsable médias du ministère des Migrations et des Déplacements, Seif Sabah.

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Fin octobre, plus de 37 000 déplacés internes ont pu regagner leurs maisons dans la province de Ninive, selon le ministère des Migrations et des Déplacements. [Photo fournie par le ministère des Migrations et des Déplacements]

Elles ont quitté les camps d'al-Khazir et Hassan Sham dans l'est de Ninive, et d'al-Jadaa, al-Madraj, Haj Ali et Hammam al-Alil dans le sud de la province, ainsi que le camp de Narkezliya dans la province de Dohouk, a-t-il précisé.

Ces revenants sont venus s'installer dans des quartiers de Mossoul tels qu'al-Zanjili, al-Wahda, al-Intisar, al-Yarmouk, le district industriel et 17 Tammuz, ainsi que dans des quartiers situés en dehors de la ville comme Bashiqa, Zoumar, Rabia, al-Qayyarah, Tel Afar, al-Mahlabiya, al-Kasak, Hammam al-Alil et Badush.

Le ministère a affrété des minibus et des camions pour transporter les DI et leurs meubles vers leurs anciennes maisons en coordination avec le commandement des opérations conjointes, et leur a distribué des paniers repas, a-t-il ajouté.

Un fort désir de retour

La députée irakienne de Ninive Sajida Mohammed a expliqué à Diyaruna que ces habitants affichent un fort désir de réintégrer leurs maisons dans la province, quelles que puissent être les difficultés.

« Nombre d'entre eux préféreraient camper dans les ruines de leur maison plutôt que de demeurer plus longtemps dans les camps pour DI à l'extérieur de Mossoul », a-t-elle indiqué.

Les revenants ont travaillé aux côtés d'organisations de la société civile et des autorités locales pour rendre leurs quartiers habitables, a-t-elle ajouté.

« Le principal obstacle qui empêche le retour des familles restantes est l'importance des destructions », a-t-elle expliqué, « en particulier sur la rive ouest de la ville, durement touchée lors des opérations militaires destinées à chasser Daech ».

Les zones restantes, qui n'ont pas autant souffert, sont prêtes à accueillir les revenants dès que les procédures de sécurité seront achevées, a-t-elle ajouté.

Mohammed a appelé les autorités en charge de la sécurité à accélérer la délivrance des permis de sécurité aux DI restants, afin qu'ils puissent rapidement réintégrer leurs domiciles.

Mais elle a également souligné la nécessité d'un contrôle rigoureux des informations de sécurité de chaque DI, pour empêcher que des combattants de Daech ne tentent de s'infiltrer parmi les revenants.

Obstacles sur la route

Daoud Jundi, membre du conseil provincial de Ninive, a fait part de ses préoccupations face aux nombreux obstacles qui pourraient empêcher la pleine résolution du dossier des DI dans les mois qui viennent, notamment le manque de services dans nombre des zones libérées.

Cela pourrait dissuader certaines familles de rentrer chez elles, a-t-il continué, soulignant que le début de l'hiver ne fera qu'exacerber la difficulté de la vie dans les camps, où les températures sont basses et les services rares.

Les obstacles qui freinent le retour des DI sont notamment la reconstruction des zones libérées et de leurs infrastructures, a-t-il ajouté, expliquant que les DI ne retourneront pas dans leurs maisons tant que manqueront l'eau et l'électricité.

« La question de la sécurité constitue également un obstacle, car de nombreux individus suspectés d'appartenir à Daech se sont infiltrés dans les rangs des DI et vivent parmi eux dans les camps », a-t-il expliqué.

Leurs informations personnelles doivent être vérifiées avant qu'ils soient autorisés à rentrer, a-t-il poursuivi, ce qui retarde le retour de nombre de familles déplacées.

Les autorités en charge de la sécurité empêchent également des DI de rentrer avant que leurs quartiers ne soient totalement débarrassés des engins explosifs improvisés (EEI) et des résidus de la guerre et que les débris soient retirés, a-t-il ajouté, en particulier dans les quartiers fortement endommagés.

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