Terrorisme

Daech envoie des enfants offrir une dernière résistance dans l'Anbar

Par Khalid al-Taie

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L'adolescent « Abou Falah al-Iraqi » pose avec un fusil avant d'aller perpétrer une attaque le 1er octobre dans le district de Heet. [Photo diffusée sur les médias sociaux]

Des responsables irakiens de l'Anbar expliquent à Diyaruna qu'ils s'inquiètent de voir « l'État islamique » (Daech) obliger des enfants qui devraient être à l'école à mener un combat désespéré aux côtés de ses combattants dans cette province la plus à l'ouest du pays.

Plusieurs rapports ont indiqué que le groupe fait pression sur les familles des régions de l'ouest de l'Anbar qu'il contrôle encore pour qu'elles envoient leurs fils combattre dans ses rangs.

Selon Farhan Mohammed al-Dulaimi, membre du conseil provincial de l'Anbar, des éléments de Daech ont menacé de tuer des familles des villes de Raoua et al-Qaim si elles n'obéissaient pas à leurs injonctions.

« Nos informations confirment que les terroristes s'efforcent de recruter par la force au moins un enfant ou un adolescent dans chaque famille », a-t-il confié à Diyaruna, ajoutant que cette campagne a gagné en intensité alors que le groupe subit des pertes de plus en plus importantes.

Daech a transporté en secret ces jeunes, dont beaucoup ont moins de 16 ans, vers des camps d'entraînement en Syrie pour les y préparer au combat, a-t-il précisé.

Durant un programme d'entraînement qui peut durer jusqu'à trois mois, ils sont soumis à « un lavage de cerveau intensif », reçoivent une formation et apprennent à utiliser des armes et à fabriquer des explosifs, a-t-il ajouté.

Al-Dulaimi a fait part de sa préoccupation quant à l'exploitation d'enfants qui « devraient être à l'école en train d'apprendre à servir et développer leur pays pour l'avenir », décrivant cette situation comme une menace immédiate pour l'Anbar et pour le reste du pays.

Les forces irakiennes s'efforcent toutefois d'atténuer cette menace, a-t-il expliqué.

Des responsables locaux de l'Anbar travaillent avec des organisations internationales pour mettre sur pied un plan intégré de lutte contre l'idéologie extrémiste, en particulier auprès des enfants et des familles déplacées, a poursuivi al-Dulaimi.

Des attaquants adolescents

Ce sont des adolescents qui ont mené plusieurs des attaques terroristes dans l'Anbar, a expliqué à Diyaruna Naeem al-Koud, membre du conseil provincial.

« Un kamikaze portant un gilet explosif a ainsi été abattu le 10 octobre par les forces tribales et de sécurité à al-Kasara, dans le district de Heet », a-t-il raconté.

Ce kamikaze n'était âgé que de 13 ans, a-t-il ajouté.

D'énormes pressions sont exercées sur les familles vivant dans les zones contrôlées par Daech, a-t-il poursuivi, et si certaines obéissent volontairement à cette injonction, la plupart ne le font pas.

En utilisant pressions et répétitions, Daech parvient à instiller les idées qu'il veut dans l'esprit de ces enfants, a expliqué al-Koud.

Avec cette tentative d'exploiter les enfants, Daech joue sa dernière main, a expliqué Cheikh Ghazi Nafe al-Jughaifi, l'un des leaders de la tribu Jaghayfah qui combat Daech à Haditha.

« Mais ce n'est de toute évidence pas une main gagnante », a-t-il affirmé à Diyaruna.

Les forces irakiennes, appuyées par des combattants tribaux, sont résolues à chasser Daech de Raoua et al-Qaim – dernières villes en Irak encore contrôlées par le groupe, a expliqué al-Jughaifi.

« Les habitants de ces villes savent que le moment de leur libération du joug du groupe est proche, et ils ne céderont pas aux pressions », a-t-il conclu.

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