Éducation

Le conseil civil d'al-Tabqa commence à rouvrir des écoles

Par Waleed Abou al-Khair au Caire

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Certains enfants de la ville d'al-Tabqa, dans le nord de la Syrie, vont à l'école pour la première fois de leur vie. [Photo fournie par le Centre médias d'al-Raqqa]

Le conseil civil d'al-Tabqa a travaillé pour rescolariser les enfants privés d'éducation pendant presque quatre ans durant l'occupation des écoles de la région d'al-Tabqa par « l'État islamique » (Daech).

Mais avant que cela ne puisse être fait, les écoles doivent toutefois être équipées, le personnel enseignant doit être trouvé, les fournitures obtenues, et l'envie d'apprendre des élèves doit être ravivée après ce long arrêt.

Une quinzaine d'écoles de la ville d'al-Tabqa, dans la province d'al-Raqqa, ont été fortement endommagées.

Le gouvernement américain a promis d'en réhabiliter cinq, les autres attendront qu'un bénéficiaire se manifeste et contribue à leur réhabilitation, a expliqué Awas Khalil, vice-coprésident du conseil civil d'al-Tabqa.

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Des élèves de la ville syrienne d'al-Tabqa assistent à des cours dans une école qui a ouvert de façon bénévole. [Photo fournie par le Centre médias d'al-Raqqa]

Le conseil a récemment organisé des classes de rattrapage pour les élèves qui n'avaient pas été scolarisés lorsque Daech contrôlait la ville, avec des moyens limités et l'aide de parents, a-t-il expliqué à Diyaruna.

Ces classes ont vu le jour après plusieurs réunions avec les parents, a-t-il poursuivi, lors desquelles le conseil a souligné l'importance de l'éducation et le besoin d'envoyer à nouveau les enfants à l'école.

« Notre conseil est déterminé à éduquer nos enfants, quelles que soient les circonstances », a affirmé Khalil. « Si nous ne trouvons pas assez de sièges, nous nous assiérons par terre pour enseigner et apprendre. »

« Nous avons à Tabqa des enfants de 13 ans qui n'ont jamais bénéficié d'aucun enseignement quel qu'il soit, et si nous ne les éduquons pas ils seront une charge pour nous et pour la communauté internationale », a-t-il ajouté.

« Nous assurerons l'enseignement avec les ressources dont nous disposons », a-t-il déclaré, soulignant qu'il y a environ 13 000 étudiants potentiels dans la ville, y compris les déplacés internes (DI).

Un grand nombre d'enseignants se sont portés volontaires pour enseigner, a-t-il précisé.

L'année scolaire débutera mi-septembre

La commission d'éducation du conseil a décidé de faire commencer l'année scolaire 2017/2018 à la mi-septembre, a expliqué Ghanem al-Faraj, membre de cette commission.

Les premières écoles à ouvrir seront celles d'al-Tabqa et des villes d'al-Jurniya et d'al-Mansoura, a-t-il précisé à Diyaruna.

« Sur les 33 écoles de la zone, seules cinq sont en mesure d'accueillir des élèves dans la ville d'al-Tabqa et quatre dans ses zones rurales, quatre autres sont totalement détruites et certaines nécessitent des travaux importants », a-t-il indiqué.

Selon al-Faraj, certaines écoles de la région sont submergées par des DI, et il est donc impossible de les évacuer à l'heure actuelle.

Deux écoles ont ouvert de façon bénévole, a-t-il poursuivi : une école co-éducative du district de Buhaira, qui dessert 580 élèves, et une école primaire d'al-Wahab, dans le district al-Rafidayn d'al-Tabqa, qui accueille plus de 500 élèves.

« Le conseil civil d'al-Tabqa est déterminé à lutter contre l'analphabétisme et l'ignorance qui se sont répandus ces dernières années en raison de l'occupation de la région par Daech, engendrant une génération qui n'a reçu aucune éducation », a-t-il expliqué.

Les enseignants expérimentés se verront accorder la priorité dans le choix de décider où ils souhaitent enseigner, et un grand nombre de bénévoles ont exprimé leur désir d'enseigner cette année.

Les enseignants ont assisté à des cours de formation pour préparer l'année scolaire, a-t-il ajouté.

Un analphabétisme très répandu sous le règne de Daech

« Lors de son occupation de la région, [Daech] a propagé l'analphabétisme et l'ignorance, a interdit l'éducation, a occupé certaines écoles et en a détruit ou démoli d'autres », a expliqué Salem al-Khalaf, natif d'al-Tabqa et ancien employé du gouvernement.

Le groupe savait très bien qu'élever une génération non éduquée lui permettrait de contrôler facilement les esprits de la jeunesse, a-t-il expliqué à Diyaruna.

Une situation à laquelle le conseil civil d'al-Tabqa a répondu avec détermination, a-t-il poursuivi, insistant sur la reprise de l'éducation pour les enfants qui en avaient été privés.

Al-Khalaf a précisé que ses trois enfants – dont l'un a onze ans – n'ont reçu aucun enseignement .

Son fils de onze ans devait commencer l'école l'année où Daech a envahi la région, a-t-il précisé, « et les deux autres n'ont pu aller à l'école pour les mêmes raisons ».

Il a expliqué que son épouse avait réussi à leur apprendre à lire.

« Mais cette catastrophe a frappé d'autant plus fort les parents non éduqués, qui n'ont pas été en mesure d'enseigner à leurs enfants, ou dont la situation les en a empêchés », a-t-il rapporté.

Cela a laissé nombre des enfants d'al-Tabqa incapables de lire ou d'écrire, a poursuivi al-Khalaf, ajoutant que « leur retour à l'école les mettra maintenant définitivement à l'abri du fléau de l'illettrisme ».

« Je suis très heureux que de nombreux parents aient décidé d'envoyer leurs enfants à l'école après avoir pensé que leurs enfants avaient raté le coche », a-t-il conclu.

Dans certains cas, a-t-il conclu, cela est dû à l'intervention de la commission pour l'éducation du conseil civil d'al-Tabqa et de certains professeurs, qui ont travaillé ensemble pour mieux sensibiliser parents et enfants à l'importance de l'éducation.

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