Sécurité

L'indignation grandit après que le Hezbollah a tenté d'amener des combattants de Daech en Syrie

AFP

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Lundi 28 août, un élément de « l'État islamique » regarde par la fenêtre d'un bus dans la région syrienne de Qalamoun, alors que des éléments de Daech et leurs familles sont transportés vers Deir Ezzor dans le cadre d'un accord négocié par le Hezbollah afin de mettre fin à leur présence au Liban. Mercredi, leur itinéraire a été bloqué par une frappe aérienne de la coalition. [Louai Beshara/AFP]

La coalition internationale luttant contre « l'État islamique » (Daech) a mené une frappe aérienne pour empêcher les combattants évacués du Liban d'atteindre l'est de la Syrie, a fait savoir un porte-parole de la coalition mercredi 30 août.

Des centaines de combattants de Daech ont été évacués lundi de la région frontalière entre le Liban et la Syrie en vertu d'un accord de cessez-le-feu négocié par le Hezbollah libanais, et sont partis vers une ville tenue par Daech près de la frontière est de la Syrie avec l'Irak.

Cet accord d'évacuation a causé l'indignation générale, surtout en Irak où mardi le Premier ministre Haider al-Abbadi a déclaré que cet accord était « inacceptable » et constituait une « insulte au peuple irakien ».

Il a ajouté que l'Irak se battait contre Daech et n'envoyait pas ses combattants en Syrie.

« Les terroristes impardonnables de Daech doivent être tués sur le champ de bataille, non transportés par bus à travers la Syrie vers la frontière irakienne sans le consentement de l'Irak », a écrit l'envoyé présidentiel américain à la coalition anti-Daech Brett McGurk dans un message posté sur les réseaux sociaux.

« Notre coalition aidera à garantir que ces terroristes ne puissent jamais entrer en Irak ou s'échapper de ce qu'il reste de leur 'califat' en déclin », a-t-il ajouté.

Mercredi, le porte-parole de la coalition Ryan Dillon a confirmé qu'un bombardement aérien de la coalition avait bloqué la route du convoi.

« Afin d'empêcher le convoi d'aller plus loin vers l'est, nous avons endommagé la route et détruit un petit pont », a rapporté Dillon, sans donner davantage de détails sur l'emplacement.

« Daech est une menace mondiale », a-t-il déclaré. « Déplacer des terroristes d'un endroit à un autre pour qu'ils soient le problème de quelqu'un d'autre n'est pas une solution durable. »

Accord d'évacuation « injuste »

L'accord d'évacuation a été négocié entre Daech et le Hezbollah libanais, lequel est intervenu dans la guerre en Syrie voisine pour soutenir le régime syrien.

Le Hezbollah menait une offensive d'une semaine contre Daech du côté syrien de la frontière avec le Liban, coïncidant avec un assaut simultané par les troupes libanaises de leur côté de la frontière.

Ces batailles ont pris fin dimanche, avec l'annonce d'un accord qui permettrait aux forces de Daech d'être transportées par bus sur des centaines de kilomètres depuis la frontière ouest de la Syrie avec le Liban vers sa frontière est avec l'Irak.

Des combattants et des civils de Daech, parmi lesquels des enfants, ont quitté la région frontalière il y a deux jours, mais leurs bus ont été retenus à l'entrée de la province de Deir Ezzor mercredi.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme a confirmé qu'il y avait eu un retard, sans toutefois en préciser la raison, et les sources du régime syrien contactées par l'AFP ont refusé de commenter.

L'analyste irakien Hisham al-Hashimi a qualifié cet accord d'évacuation « d'injuste », soulignant qu'il « envoie Daech du Liban vers l'Irak ».

Pour la journaliste Salma al-Khafaji, cette évacuation pourrait permettre une « restructuration et une réorganisation de Daech, les plongeant dans une nouvelle bataille contre l'Irak ».

Lundi, un attentat à la bombe dans la capitale revendiqué par Daech a fait onze morts.

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