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À Mossoul, la difficile recherche des yézidies enlevées

Par Khalid al-Taie

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Le 8 juillet, l'armée irakienne a libéré Wiam Haji Hamid, une yézidie qui était retenue en otage par « l'État islamique » dans le quartier de Makawi de la vieille ville de Mossoul. [Photo fournie par le ministère irakien de la Défense]

Le gouvernement local de la province de Ninive coordonne ses interventions avec les forces irakiennes pour localiser les femmes yézidies à Mossoul qui ont été enlevées par « l'État islamique » (Daech) à la suite de l'invasion de Sinjar par le groupe en août 2014.

Les forces irakiennes ont libéré un certain nombre de femmes enlevées pendant et après la bataille de Mossoul, mais selon des responsables yézidis locaux, leur nombre est « bien moindre » qu'escompté, et ils craignent que d'autres soient toujours détenues par le groupe.

« Avant le début de l'offensive de libération, les informations dont nous disposions faisaient état d'un grand nombre de femmes yézidies qui avaient été enlevées et vendues à Mossoul », a expliqué Barakat Shammu, membre du conseil provincial de Ninive.

« Or, nous n'avons retrouvé qu'une trentaine de femmes accompagnées de quelques enfants, ce qui est bien inférieur à ce à quoi nous nous attendions et à ce que nos sources nous avaient indiqué », a-t-il précisé à Diyaruna.

Les chiffres récents du Bureau des affaires des yézidis enlevés indiquent que Daech aurait enlevé près de 6 400 yézidis, pour l'essentiel des femmes et des enfants, à Sinjar.

À ce jour, seuls 3 070 – à peu près la moitié – ont été localisés ou libérés du groupe.

Une commission pour la recherche des femmes yézidies

« Mi-juillet, le conseil a mis en place une commission spéciale chargée des femmes yézidies à Mossoul, en coordination avec différents services de sécurité », a poursuivi Shammu.

« Nous pensons que des femmes enlevées pourraient se trouver dans les quartiers résidentiels de Mossoul ou parmi les populations déplacées qui sont parvenues à s'échapper avant la fin des combats », a-t-il indiqué, ajoutant qu'elles pourraient « avoir peur de se faire connaître ».

Il est même possible que des éléments de Daech aient fait sortir la plupart de ces femmes de Mossoul peu avant le début des combats, a-t-il ajouté.

« La commission a commencé à travailler », a-t-il expliqué. « Des réunions sont organisées, des efforts conjoints sont déployés, et nous sommes en passe d'obtenir enfin des résultats. »

Des représentants officiels des yézidis de Ninive, dont il fait partie, ont tenu des réunions avec des responsables gouvernementaux, consacrées à la nécessité de faire tout ce qui est possible pour libérer toutes les personnes enlevées, a indiqué Shammu.

Parmi ces mesures, l'assurance d'obtenir des engagements et des fonds pour aider les femmes rescapées de Daech et leur apporter un suivi adéquat, a-t-il expliqué.

« La commission effectuera des visites sur le terrain dans les camps pour y rencontrer les familles déplacées de Mossoul et rechercher les femmes yézidies enlevées, en coopération avec les forces de sécurité », a expliqué Haji Kandour al-Sheikh, député irakien de la province de Ninive.

Ses membres travailleront à ouvrir des canaux de communication avec les habitants locaux, pour les inciter à fournir les informations qu'ils pourraient avoir sur le sort des femmes enlevées, a-t-il précisé pour Diyaruna.

Craintes sur le sort des femmes disparues

Selon deux jeunes filles yézidies que l'armée a retrouvées la semaine dernière dans le quartier d'al-Mushahada de Mossoul, « durant les derniers jours des combats, des éléments de Daech ont exécuté dix femmes yézidies qu'ils avaient enlevées », a indiqué al-Sheikh.

Ces jeunes filles ont communiqué cette information lors d'une réunion avec des responsables yézidis et des soldats de la 9e division de l'armée, qui procède actuellement aux recherches des corps de femmes assassinées dans la vieille ville.

Les informations sur ces présumés meurtres ont soulevé des inquiétudes que d'autres personnes enlevées aient subi le même sort, a expliqué al-Sheikh, bien qu'il soit possible que « nombre de ces femmes se trouvent dans des zones qui sont encore sous le contrôle de Daech ».

« Les informations en notre possession indiquent que beaucoup d'hommes et femmes yézidis enlevés se trouvent dans les villes de Tal Afar et d'al-Baaj, et dans la ville syrienne d'al-Raqqa », a indiqué Hussein Qaidi, chef du Bureau des affaires des yézidis enlevés dans la province de Dohouk.

« Nous avons cette année réussi à libérer des dizaines de ces personnes, près de 200, en coopération avec les agences de sécurité et d'autres organismes privés », a-t-il expliqué à Diyaruna.

Qaidi a appelé les responsables gouvernementaux à accentuer leurs efforts pour libérer les personnes enlevées et pour empêcher Daech de les faire sortir de la zone ou de mettre leur vie en danger.

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