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Terrorisme |

Des affrontements violents à Idlib provoquent la colère après la mort de civils

Par Waleed Abou al-Khair au Caire

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Les éléments d'Ahrar al-Sham marchent derrière un tank près de la frontière de Bab al-Hawa avec la Turquie que Tahrir al-Sham essaie d'entrer. [Photo fournie par Mustafa Abboud]

Les combats acharnés continuent de faire rage dans la province syrienne d'Idlib entre Tahrir al-Sham, Une alliance extrémiste dominée par l'ancien Front d'Al-Nosra (FAN) et la coalition islamiste dure Ahrar al-Sham, ont déclaré des militants à Diyaruna.

Les alliances rivales et les factions affiliées luttent pour le contrôle de plusieurs régions de la province, dans des combats qui ont fait un grand nombre de morts et de blessé parmi les civils, en plus des pertes parmi les combattants, ont-ils annoncé.

La tension règne à travers toute la province d'Idlib suite aux affrontements qui ont éclaté mercredi 19 juillet, a déclaré l'activiste Mustafa Abboud de Saraqeb qui a demandé d'utiliser un pseudonyme de crainte pour sa sécurité.

"En raison du chevauchement des zones de contrôle de Tahrir al-Sham, Ahrar al-Sham et des factions affiliées, il y a eu des affrontements violents, des opérations d'assaut et des bombardements dans plusieurs villages et villes de la province", a-t-il expliqué à Diyaruna.

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Les résidents de la ville de Saraqeb dans la province d'Idlib en Syrie manifestent avant que Tahrir al-Sham n'ouvre le feu sur eux. [Photo fournie par Mustafa Abboud]

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L'activiste Mousab Waleed al-Ezzo, qu'on voit sur cette photo d'archives, a été tué par Tahrir al-Sham le 19 juillet lors d'une manifestation pacifique pour exiger que l'alliance extrémiste quitte Saraqeb. [Photo fournie par Mustafa Abboud]

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Les habitants de Kafr Nabl organisent une manifestation contre les combats qui sévissent à travers la province d'Idlib en Syrie entre les alliances rivales Tahrir al-Sham et Ahrar al-Sham et qui ont fait beaucoup de morts parmi les civils. [Photo fournie par Mustafa Abboud]

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Les résidents de Hizareen dans la province d'Idlib en Syrie se manifestent contre les combats entre Tahrir al-Sham et Ahrar al-Sham qui ont fait des morts parmi les civils et perturbé leur vie. [Photo fournie par Mustafa Abboud]

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C'est la dernière photo prise par l'activiste Mousab al-Ezzo avant d'être abattu par Tahrir al-Sham. Des témoins ont dit qu'il avait enlevé sa chemise pour montrer aux hommes armés de l'alliance qu'il était désarmé. [Photo fournie par Mustafa Abboud]

"La carte des zones que chaque groupe contrôle est fluide", a-t-il ajouté, "et change toutes les heures dans certaines régions".

En plus des nombreux combattants des deux côtés qui ont été tués dans les affrontements, plusieurs civils ont été tués ou blessés, a-t-il dit, puisque les bombardements ont frappé de nombreux quartiers résidentiels.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme a déclaré qu'au moins 15 civils, dont quatre enfants, ont perdu la vie jusqu'à présent. Une vingtaine de combattants des deux côtés ont péri dans les affrontements et les exécutions.

Pour compliquer davantage la situation, un certain nombre de factions ont changé d'allégeance d'un côté à l'autre, a ajouté Abboud.

Tous les yeux sont maintenant fixés sur le passage frontalier de Bab al-Hawa avec la Turquie, qui est actuellement contrôlée par Ahrar al-Sham, a-t-il dit, car il semble que Tahrir al-Sham veut le capturer afin d'affaiblir l'influence d'Ahrar al-Sham.

Dans les premières heures du vendredi 21 juillet, les combats se sont centrés sur les collines autour de Bab al-Hawa et l'axe entre les villes de Mareian et Kafr Haia dans la province d'Idlib, dans le sud du pays, a t-il déclaré.

Au cours des dernières heures, Ahrar al-Sham s'est retiré de Tel Ammar et d'Azmarin dans le sud de l'Idlib rural et de l'Atma dans la région rurale nord d'Idlib, et est entré dans la ville d'al-Maghara et ses environs.

Des manifestants civils tués par des tirs

Abboud a déclaré que les combats actuels ont complètement paralysé l'activité commerciale, car les habitants locaux craignent pour leur sécurité et sont réticents à se déplacer.

L'indignation populaire a également atteint un point d'ébullition chez les habitants, a-t-il annoné, avec des manifestations organisées dans plusieurs régions pour exiger l'arrêt des combats.

La violence a éclaté lors de certaines de ces manifestations, y compris à Saraqeb, où des manifestations ont été organisées pour exiger que Tahrir al-Sham quitte la ville.

La situation est restée tendue jusqu'à mercredi soir 19 juillet, lorsque les éléments de Tahrir al-Sham ont ouvert le feu directement sur les manifestants, ce qui a entraîné la mort du militant des médias Mousab Waleed al-Ezzo.

D'autres ont été blessés, y compris un homme qui a été identifié comme Ibrahim Khalil, membre de l'équipe des ambulanciers de la ville.

Les manifestations se sont répandues dans d'autres villes, y compris Kafr Nabl et Hazareen.

Abboud a déclaré que les militants et les résidents de Saraqeb ont appelé à une grève générale jusqu'à ce que le tueur d'al-Ezzo soit traduit en justice.

"Des témoins ont dit qu'Al-Ezzo avait enlevé sa chemise alors qu'il se dirigeait vers le militant pour lui parler pour qu'il voit qu'il n'était pas armé et qu'il ne portait pas de ceinture explosive, mais le militant a ouvert le feu intentionnellement dans sa direction", a expliqué Abboud.

Al-Ezzo a rejoint la manifestation avec une branche d'olivier dans sa main comme symbole de protestation pacifique, et a essayé avant qu'il ne soit tué de soulager la tension autant qu'il le pouvait, a-t-il ajouté.

"Les balles étaient plus rapides et plus fortes que lui", a déclaré Abboud.

Lutte pour le contrôle

Les experts ont déclaré que le déclenchement de la violence survient à cause d'un accord passé dans la capitale kazakhe, Astana, en mai concernant quatre "zones de désescalade" en Syrie, a annoncé vendredi l'AFP.

L'accord entre le alliés du régime, la Russie et l'Iran et la Turquie, partenaire de l'opposition, désigne la région d'Idlib comme zone où les combats entre le gouvernement et les combattants de l'opposition s'arrêteront.

HTS s'oppose à l'accord, qui appelle à des combats continus contre des groupes extrémistes comme son principal composant le FAN, maintenant connu sous le nom de front de Fatah al-Sham.

"Dès qu'Idlib a été annoncé zone de désescalade, ça c'est déclenché", a déclaré Nawar Oliver, analyste militaire au centre de réflexion d'Omran basé à Istanbul.

"HTS a senti comme si la guerre est contre elle", a-t-il souligné à l'AFP.

Les combats ont été une chance pour chaque côté de gagner un territoire précieux, a-t-il ajouté, y compris le passage frontalier où les taxes et les tarifs peuvent être encaissés.

"C'est une tentative par chaque faction de gagner plus d'influence et de contrôle sur de nouvelles régions", a-t-il expliqué.

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