Sécurité

L'armée irakienne affirme avoir repris une mosquée emblématique à Mossoul

AFP

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Cette combinaison de photos montre (en haut) une photo du minaret penché al-Hadba de Mossoul prise le 20 juin 2017 et (en bas) une photo prise deux jours plus tard de la silhouette de la ville sur laquelle manque ce minaret après que « l'État islamique » l'eut fait exploser. Le 29 juin, l'armée irakienne a annoncé avoir repris cette mosquée emblématique de Mossoul. [Mohamed al-Shahed/AFP]

Jeudi 29 juin, l'armée irakienne a annoncé avoir repris l'emblématique mosquée de Mossoul, où le leader de « l'État islamique » (Daech) Abou Bakr al-Baghdadi avait fait sa seule apparition publique, exhortant les musulmans à lui obéir.

L'annonce de la reprise de cette mosquée – que Daech avait fait exploser la semaine dernière alors que les forces irakiennes se rapprochaient – intervient trois ans jour pour jour après que les extrémistes eurent déclaré un « califat » couvrant l'Irak et la Syrie.

« Les forces des Services antiterroristes contrôlent la mosquée al-Nouri et (le minaret) al-Hadba », avait tout d'abord déclaré le Commandement des opérations conjointes dans un communiqué.

Après qu'un haut gradé des forces spéciales eut affirmé que la mosquée n'avait en fait pas été reprise, le commandement des opérations a clarifié sa déclaration, précisant que les forces irakiennes avaient isolé la zone et « avançaient vers la réalisation de leurs objectifs ».

La mosquée et son célèbre minaret al-Hadba (le bossu) étaient des bâtiments emblématiques de Mossoul et avaient également tenu une importance majeure dans l'histoire du règne de Daech en Irak.

Al-Baghdadi était apparu pour les prières du vendredi à la mosquée al-Nouri en 2014, peu après que Daech se fut emparé de la deuxième plus grande ville d'Irak, appelant les musulmans à lui obéir.

Les djihadistes ont fait exploser la mosquée et son minaret le 21 juin, alors qu'ils tentaient d'opposer une résistance de plus en plus désespérée à la progression des troupes irakiennes.

Des responsables irakiens et de la coalition internationale ont indiqué que la destruction de ce site était un signe de la perte imminente de Mossoul par le groupe djihadiste, le Premier ministre Haider al-Abbadi la qualifiant même de « déclaration officielle de défaite ».

La perte de ce minaret emblématique datant du XIIe siècle, l'un des monuments les plus identifiables du pays et souvent appelé la tour de Pise irakienne, a laissé le pays en état de choc.

Patrimoine détruit

Mais cette destruction avait été en grande partie anticipée, certains commandants affirmant que Daech n'aurait pas permis aux forces irakiennes de signer une victoire hautement symbolique en reprenant ce site.

Cette mosquée de la vieille ville de Mossoul était le dernier d'une longue liste de monuments historiques inestimables détruits par Daech durant ses trois ans de règne sur de vastes régions d'Irak et de Syrie.

Ce minaret, qui a été achevé en 1172 et qui penchait depuis des siècles, est représenté sur les billets de 10 000 dinars irakiens et était le principal emblème de la deuxième ville d'Irak, donnant son nom à d'innombrables restaurants, entreprises et même des clubs sportifs de Mossoul.

La destruction de la mosquée s'est produite trois jours après que les forces gouvernementales eurent lancé l'assaut contre la vieille ville, dernier quartier de Mossoul encore sous le joug de Daech.

On estime que près de 100 000 habitants sont toujours pris au piège dans ce quartier, « l'État islamique » les utilisant comme boucliers humains.

La zone encore contrôlée par les extrémistes est réduite, mais ses rues étroites et la présence de tant de civils rendent les opérations périlleuses.

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