Terrorisme

Daech met le feu à des champs de blé à Diyala

Par Khalid al-Taie

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La récolte du blé est en cours dans le district d'al-Azim. Des militants de « l'État islamique » mettent le feu aux champs de blé dans la province de Diyala le 17 mai pour porter atteinte aux sources de revenu des habitants. [Photo tirée de la page Facebook d'Informations agricoles de Diyala].

Des activistes de « l'État islamique » (Daech) ont tiré plusieurs roquettes sur le district d'al-Azim, dans le nord-ouest de la province de Diyala la semaine dernière, incendiant des champs agricoles.

Cette attaque, survenu le 17 mai, qui a provoqué l'incendie de larges zones de culture du blé, a poussé les responsables locaux à prendre des mesures urgentes pour sauver la moisson de cette céréale stratégique.

« Les terroristes ont pris pour cible la zone avec six tirs de mortier avant que l'armée de l'air ait pu répondre aux sources des tirs et détruire les deux véhicules utilisés dans l'attaque », a expliqué Abdoul Jabbar al-Obeidi al-Azim, directeur du district.

Selon al-Obeidi, ce bombardement a mis le feu à 350 dounams de champs de blé dans le district et dans le village voisin d'Albou Issa de la province de Salaheddine. L'attaque n'a pas fait de victimes.

Les moyens de subsistance économique des habitants pris pour cible

« Par cet acte, Daech a voulu s'en prendre au principal moyen de subsistance de la population », a-t-il déclaré, en perturbant la récolte du blé, qui commence tous les ans au mois de mai.

« Notre district produit annuellement entre 40 000 et 50 000 tonnes de blé, sur une superficie totale de 60 000 dounams », a précisé al-Obeidi.

« Ces criminels ont renoncé à affronter nos forces et se contentent désormais, après leurs larges défaites, de détruire les biens des gens et de porter atteinte au secteur économique et aux efforts nationaux visant à parvenir à l'autosuffisance en blé », a-t-il ajouté.

Cette attaque n'est pas la première de ce type. Lors des récoltes précédentes, le groupe avait délibérément bombardé ou mis le feu aux terres agricoles de Diyala.

Le plus grave incident avait eu lieu le 8 mai 2014, lorsque plus de 500 dounams de cultures de blé de la ville de Qarah Tabbah avaient été incendiés par des éléments de Daech.

La culture des céréales, dont les champs couvrent environ 40 % de la superficie totale du pays, est l'un des piliers de l'économie irakienne.

Le gouvernement cherche à atteindre l'autosuffisance en blé. L'année dernière, l'Irak a produit 3,5 millions de tonnes de blé, dont 300 000 dans la province de Diyala. Le seuil pour parvenir à l'autosuffisance est de cinq millions de tonnes.

Mesures de sécurité renforcées

Les forces irakiennes ont renforcé leurs opérations dans les zones agricoles d'al-Azim pour « contrecarrer de nouvelles attaques de Daech », a expliqué Mohammed Daifan, président du conseil municipal du district d'al-Azim.

Il a appelé les forces de sécurité à sévir contre les activistes dans les zones allant d'al-Azim vers la province de Salaheddine et au nord vers la ville d'al-Hawija, dans la province de Kirkouk, qui est maintenant l'un des plus importants bastions restants de Daech en Irak.

Ces zones couvrent près de 250 kilomètres carrés, a fait savoir Daifan à Diyaruna. « Elles ne sont pas suffisamment sécurisées, et des hommes armés s'y infiltrent et lancent des attaques à la roquette contre les villages d'al-Azim, menaçant la vie des habitants et leurs récoltes. »

La situation sécuritaire reste fragile, a-t-il déclaré.

« Il est vrai que les terroristes ne sont plus en mesure de lancer des opérations de grande envergure, mais ils essaient d'utiliser les zones ouvertes pour se déplacer librement », a-t-il poursuivi.

Autres mesures préventives

Les autorités locales de Diyala ont commencé à renforcer la défense civile et les équipes de pompiers pour éteindre rapidement les incendies avant qu'ils se propagent sur d'autres zones.

Qusay al-Dulaimi, directeur de la division agricole d'al-Azim, a déclaré que le bureau des opérations qui supervise la campagne de récolte avait approuvé des mesures urgentes pour préserver le reste de celle-ci.

La plus importante de ces mesures est « le déploiement d'un grand nombre de moissonneuses dans la zone adjacente aux frontières administratives de Salaheddine, où la zone cultivée oscille entre 5 000 et 6 000 dounams », a-t-il indiqué à Diyaruna.

« Nous commencerons la récolte dans ces fermes en premier, avant de passer à des zones plus sûres », a-t-il fait savoir, soulignant qu'elles auront également la priorité pour vendre leurs céréales aux entrepôts du ministère du Commerce.

La division de l'agriculture commencera à recevoir les demandes d'indemnisation des agriculteurs et mènera des enquêtes et établira des rapports préliminaires sur les dégâts, a-t-il ajouté.

« Ce qui s'est produit est une attaque terroriste et un acte de sabotage qui ne doit pas se renouveler », a affirmé al-Dulaimi.

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