Sécurité

L'alliance arabo-kurde proche de la victoire à al-Tabqa

Par Waleed Abou al-Khair au Caire

image

Les Forces démocratiques syriennes contrôlent maintenant plus de 90 % d'al-Tabqa, après avoir chassé « l'État islamique » de la plupart des quartiers. [Photo fournie par les Forces démocratiques syriennes]

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) lancent une nouvelle offensive pour libérer al-Tabqa de « l'État islamique » (Daech), malgré les dernières poches de résistance qu'elles rencontrent dans les quartiers nord de la ville.

L'alliance arabo-kurde a repris plus de 90 % d'al-Tabqa, mais n'a pas encore été en mesure de débarrasser complètement la ville ou le barrage adjacent des derniers combattants du groupe, a fait savoir l'AFP dimanche 7 mai.

« Les FDS n'ont pas été en mesure de prendre le contrôle intégral d'al-Tabqa parce que les combattants de Daech sont encore présents dans les quartiers de Wahdah et de Hurriyah », a expliqué le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme, Rami Abdel Rahman.

Ces deux quartiers se trouvent dans le nord de la ville, près du barrage d'al-Tabqa.

« L'opération avance lentement du fait de la présence de civils que Daech utilise comme boucliers humains », a expliqué dimanche à l'AFP un commandant des FDS à al-Tabqa, ajoutant que ses forces tentaient d'avancer « avec précaution et précision ».

« Nous serons prochainement en mesure d'annoncer que la ville est entièrement débarrassée de Daech », a-t-il déclaré.

Opérations de ratissage

Abdel Fattah Nasruddin, commandant d'une unité de combat des FDS, a expliqué à Diyaruna que la plupart des quartiers d'al-Tabqa avaient été libérés le 1er mai.

Mais alors que les FDS ratissaient la ville, elles ont découvert un nombre inconnu de combattants de Daech caché dans des maisons de civils dans les premier, deuxième et troisième quartiers d'al-Tabqa al-Jadida, a précisé Nasruddin.

Ces quartiers se trouvent dans les faubourgs de la ville, près de l'extrémité sud du barrage.

« Des affrontements extrêmement violents s'en sont suivis, notamment parce que les éléments du groupe utilisent des civils comme boucliers humains, en se cachant derrière eux durant les combats », a-t-il expliqué.

Sous la pression de feux nourris, les combattants de Daech se sont d'abord retirés vers le premier et le deuxième quartier, laissant entièrement libre le troisième quartier, a-t-il continué. Les affrontements se sont poursuivis jusqu'au 5 mai, lorsque le groupe s'est retiré des premier et deuxième quartiers.

Il s'est alors dirigé vers le quartier d'habitations du barrage d'al-Tabqa, a-t-il précisé, ajoutant que les combats sont actuellement confinés dans la région d'al-Musheirefah, à proximité du barrage, et les villages de Safsafa, Sahl Khashab et Ayed Kebir.

« Les opérations de balayage se poursuivent, accompagnées par les frappes aériennes de la coalition », a-t-il ajouté.

Siège d'al-Tabqa

« L'avance des opérations confirme le succès et l'efficacité du plan mis en place pour imposer un siège total d'al-Tabqa », a expliqué à Diyaruna Anas Mudhir, habitant d'al-Raqqa et combattant des FDS.

Les combattants de Daech n'ont pas été en mesure de s'échapper et de se retirer vers des zones moins exposées, où ils se cachent derrière des civils pour se protéger, a-t-il ajouté.

Le groupe a perdu des dizaines de ses combattants lors de l'assaut contre la ville, tandis que d'autres ont été capturés par les FDS, a précisé Mudhir.

« Plusieurs d'entre eux se sont rendus lorsqu'ils furent certains que la ville était tombée et qu'ils n'avaient plus aucun moyen de s'échapper », a-t-il expliqué.

Les FDS ont permis à des milliers de civils de sortir de la ville avant et pendant les combats, en sécurisant des itinéraires de sortie.

« Il est cependant clair qu'un nombre indéterminé de citoyens ont été retenus par le groupe pour servir de boucliers humains lorsque la ville était sur le point de tomber », a précisé Mudhir.

Les combattants de Daech se sont également retranchés dans une position fortifiée à l'intérieur de l'infrastructure du barrage, parce qu'ils savent que les FDS et les forces de la coalition n'endommageront pas celui-ci.

Opérations de déminage

Des unités du génie des FDS sont entrées dans al-Tabqa en compagnie des forces de libération et ont commencé à retirer les mines que Daech avait enterrées dans pratiquement chaque rue, a expliqué Mustafa Ceylan, membre d'une équipe affiliée aux Unités de protection du peuple kurde (YPG).

Ces mines avaient été dissimulées « au hasard, d'une manière qui ne permet pas à l'équipe de préparer une carte conceptuelle de travail, dans le but d'empêcher le travail des équipes spécialisées », a-t-il indiqué à Diyaruna.

« Un autre obstacle est le fait que les maisons et les zones avoisinantes sont fortement piégées », a-t-il ajouté. « Les opérations de ratissage ne peuvent être bouclées avant qu'elles soient nettoyées, et il est impossible pour les civils de revenir avec tous ces pièges encore en place. »

Des dizaines de voitures piégées ont été saisies lors de ces opérations, et sont également désarmées, a ajouté Ceylan.

« Certaines contenaient des tonnes d'explosifs très puissants permettant d'infliger un maximum de dégâts aux personnes et aux biens », a-t-il expliqué, ajoutant que certaines maisons avaient également été truffées d'explosifs.

Les civils fuient la ville

Hamad al-Nafeh, propriétaire d'un magasin à al-Tabqa, a expliqué à Diyaruna que lui-même et des dizaines d'autres habitants avaient réussi à fuir la ville avant que les forces de libération n'en reprennent le contrôle.

Cela fut possible grâce à un petit groupe de combattants des FDS « qui ont risqué leur vie et se sont glissés dans la ville pour entrer en contact avec quelques habitants de confiance », a-t-il ajouté.

L'opération de sortie a été organisée hors de la vue des combattants de Daech et de leurs espions, qui sont répartis dans toute la ville, a-t-il précisé.

« Cette opération de fuite a été soigneusement planifiée et exécutée le long d'un trajet qui avait au préalable été débarrassé de ses mines et sécurisé par les forces de libération », a expliqué al-Nafeh.

Les civils furent transportés dans des véhicules des FDS vers un point de rassemblement sécurisé, où ils reçurent de la nourriture, de l'eau et des couvertures, a-t-il poursuivi, ajoutant que des soins médicaux furent prodigués à ceux qui en avaient besoin.

Après quoi, leurs documents furent contrôlés pour vérifier leur identité, a-t-il continué, et ils furent transférés dans un camp situé non loin d'Aïn Issa. Ils devraient être autorisés à rentrer chez eux après la fin des combats et une fois la ville débarrassée de ses mines.

Aimez-vous cet article?
0
0 COMMENTAIRE (S)
Politique Commentaire * INDIQUE CHAMP NÉCESSAIRE 1500 caractères restants (1500 MAX)