Religion

Les yézidis fêtent leur Nouvel An sans Daech

Par Alaa Hussain à Bagdad

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Les yézidis célèbrent à nouveau leur Nouvel An après le départ de « l'État islamique ». [Photo fournie par Nazik Shamdin]

La lueur des bougies et des lampes a de nouveau empli la vallée de Lalish dans le nord de l'Irak, à la veille du 19 avril, pour fêter le Nouvel An yézidi pour la première fois depuis plusieurs années.

Des centaines de yézidis se sont rassemblés ce jour-là au temple de Lalish à Bashiqa pour fêter leur Nouvel An, l'une des principales fêtes de cette minorité, libérée de la tyrannie de l'État islamique (Daech).

Outre le fait de faire revivre cette fête, ce qu'ils n'avaient pu faire depuis plusieurs années sous le joug de Daech, les yézidis ont cherché à réaffirmer leur présence en Irak, en tant que groupe minoritaire faisant partie intégrante du tissu social de la société irakienne.

Les célébrations de cette année ont montré la détermination des yézidis de respecter leurs traditions, en dépit de l'oppression dont ils ont souffert aux mains de Daech.

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Les yézidis célèbrent leur Nouvel An le 19 avril. [Photo fournie par Nazik Shamdin]

Ces célébrations du Nouvel An ont été les premières dans la ville depuis plus de deux ans, a expliqué à Diyaruna la militante yézidie Nazik Shamdin .

« Ces célébrations ont été une forme de défiance, d'espoir, de renouveau et bien plus encore », a-t-elle déclaré. « C'était une balle tirée dans le cœur du groupe terroriste. »

Les yézidis veulent montrer au monde qu'ils « sont revenus sur leurs terres pour y vivre et y prospérer », a-t-elle précisé.

Subsistance de blessures profondes

Bien que la vie ait repris son cours à Bashiqa et que des fêtes y soient à nouveau organisées, les yézidis restent un peuple blessé, a expliqué Shamdin.

Ces blessures auront du mal à cicatriser, a-t-elle ajouté, car Daech les a privés de toute joie, a violé leurs femmes, a recruté leurs enfants et détruit leurs foyers et leur patrimoine.

« Nous voulons simplement vivre en paix et en sécurité, loin des conflits causés par le pouvoir et la politique », a-t-elle ajouté.

Les yézidis souffrent encore, a-t-elle poursuivi, soulignant que 3 060 femmes avaient été enlevées par Daech, beaucoup ayant été violées et emmenées en Syrie.

Daech a également enlevé des enfants yézidis, les soumettant à un lavage de cerveau pour les envoyer combattre pour le groupe et mener des attaques suicides en son nom, a-t-elle précisé.

« Les femmes qui ont pu être sauvées du groupe terroriste connaissent de difficiles situations humanitaires et elles ont besoin d'un suivi psychologique pour les aider à supporter la douleur », a-t-elle déclaré.

Thanoun Younis Yousef, directeur du district de Bashiqa, a expliqué à Diyaruna que les autorités locales s'étaient assurées que les yézidis pourraient cette année célébrer leur Nouvel An.

Chacun peut désormais vivre en toute sécurité dans la ville, a-t-il souligné, faisant part de son espoir que « l'ensemble des sectes et des religions pourront célébrer leurs fêtes religieuses à Bashiqa, qui est un véritable microcosme de l'ensemble du pays ».

Un message au monde

Le fait de célébrer le Nouvel An yézidi envoie un message au monde selon lequel jamais les yézidis ne quitteront ni n'abandonneront leurs terres, a expliqué Dakhil Qassim, un haut responsable de Sinjar.

« Ce message de paix ne signifie pas que [les yézidis] renonceront à leur droit de demander la justice contre les terroristes et contre tout criminel qui a pénétré sur leurs terres et a violé leur honneur à Sinjar et dans d'autres villes yézidies », a-t-il déclaré à Diyaruna.

Les yézidis continueront à exiger que le gouvernement irakien et les autorités régionales kurdes protègent leurs droits et poursuivent ceux qui ont commis des crimes à leur encontre, a-t-il ajouté.

Le Nouvel An yézidi est une fête du souvenir et du renouveau aux origines anciennes, qui tombe chaque année un mercredi du mois d'avril.

Lors de cette fête, les yézidis brûlent de l'encens et font brûler des lampes à huile pour éclairer le temple de Lalish, pendant que leurs responsables religieux récitent des psaumes spéciaux pour l'occasion.

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Dieu Tout-Puissant dit: "Y a-t-il une récompense pour le bien autre que le bien?" J'ai lu l'article et les mots des Yazidis. Cependant, je n'ai pas lu un seul mot de remerciements, d'appréciation et de reconnaissance pour les fils et les martyrs des Forces Saintes de Mobilisation Populaire qui, n'eût-il pas été pour leur sang et leur djihad, ni les Yazidis ni les sunnites ne seraient rentrés chez eux et ils seront restés sous la pitié de l'EIIS comme esclaves et leurs femmes comme domestiques. Pourquoi ne devrait-il pas y être une appréciation pour tout ce sang? Où était ce patriotisme et l'amour de la terre lorsque l'EIIS vous a occupé?

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