Terrorisme

L'EIIL se cache derrière les plus vulnérables

Par Khalid al-Taie

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À Mossoul, un officier irakien aide un homme se déplaçant en béquilles. Des responsables irakiens expliquent que « l'État islamique en Irak et au Levant » n'hésite pas à utiliser les handicapés mentaux ou physiques et les enfants comme boucliers humains ou comme kamikazes. [Photo fournie par le Centre d'information de Ninive]

Dans une dernière tentative désespérée de bloquer la progression des forces irakiennes, les combattants de « l'État islamique en Irak et au Levant » (EIIL) à l'ouest de Mossoul ont mis en première ligne les membres les plus vulnérables de la société, rapportent des responsables irakiens à Diyaruna.

Selon la police irakienne et un groupe de défense des droits de l'Homme, l'EIIL s'en prend aux personnes souffrant de handicaps mentaux, aux handicapés physiques et aux enfants, profitant de leur vulnérabilité et de leur fragilité pour les utiliser comme boucliers humains ou comme kamikazes.

Le 1er avril, la police irakienne a signalé que des éléments de l'EIIL avaient placé des explosifs sur un handicapé mental avant de l'envoyer vers une zone où étaient concentrées des forces irakiennes, avant qu'un sniper de la police fédérale le contraigne à faire demi-tour.

Ce sniper, qui avait observé les mouvements de cet homme grâce à la lunette de son fusil, avait tiré tout autour de lui pour lui faire peur, et avait finalement réussi à stopper son avance sans le blesser, a expliqué la police.

Il y a eu plusieurs autres incidents similaires depuis le début de l'intervention pour libérer l'ouest de Mossoul le 19 février, a indiqué l'Observatoire irakien des droits de l'Homme.

Durant la dernière semaine de mars, des éléments de l'EIIL ont utilisé au moins dix personnes souffrant de handicaps physiques ou mentaux dans les combats du quartier d'al-Tanak, a rapporté le directeur de l'observatoire, Moustafa Saadoun, à Diyaruna.

Les combattants de l'EIIL les ont utilisées comme boucliers humains, pour se cacher derrière elles, ou les ont équipées d'explosifs pour perturber la progression et le mouvement des forces irakiennes, a-t-il précisé.

En les menaçant de mort, l'EIIL a « trompé ou obligé » ces personnes vulnérables à s'approcher des lignes de contact avec des unités de l'armée.

Le groupe a ainsi tenté de rendre les forces irakiennes responsables de tout ce qui leur serait fait, afin de servir ses efforts de propagande, a ajouté Saadoun.

Recrutement forcé d'enfants

Le groupe a également recruté de force des centaines d'enfants, a encore indiqué Saadoun, et a formé des équipes mobiles pour les emmener loin de chez eux, dans ses quartiers généraux.

Depuis le début de l'opération de libération de l'ouest de Mossoul, l'EIIL a recruté environ 300 enfants âgés de 11 à 17 ans, a-t-il expliqué, originaires pour la plupart des quartiers d'al-Tanak, al-Zanjili, al-Rifai et al-Seha.

« Des équipes de l'EIIL ont menacé les parents de ces enfants, leur disant que le groupe avait un besoin impérieux d'eux et qu'ils étaient maintenant les enfants du califat », leur demandant de prendre les armes ou d'apporter un soutien logistique, a-t-il poursuivi.

Forcer ainsi des civils à participer aux combats montre « la bassesse des terroristes, leur déni absolu de toute valeur humaine, et leur capacité à faire tout ce qui est vil et répugnant pour survivre », a-t-il ajouté.

Cet incident du 1er avril avec cet homme handicapé mental montre le degré de criminalité et d'inhumanité de l'EIIL, a déclaré le lieutenant général Raed Shaker Jawdat, commandant de la police fédérale.

« Il souligne en retour la volonté de nos troupes à faire preuve de la plus parfaite retenue et sagesse lorsque surviennent des situations de ce type, d'un point de vue moral et humain, et de leur haut niveau de professionnalisme », a-t-il souligné à Diyaruna.

« Lors des combats dans la partie ouest de Mossoul, en particulier dans le complexe hôtelier, la gare ferroviaire, Bab al-Toub et Qadeeb al-Ban, nous avons arrêté des dizaines d'enfants que l'EIIL avait forcés à rejoindre ses rangs », a poursuivi Jawdat.

Ils ont été transférés aux postes de police dans les quartiers libérés de Mossoul, et ont ensuite été remis à leurs familles, a-t-il indiqué.

Aucun respect pour la vie humaine

« L'EIIL a commis toutes les formes de crime », a poursuivi Jawdat.

Il force des enfants à renoncer à leur enfance afin de pouvoir les utiliser comme des combattants et des kamikazes, a-t-il expliqué, et transforme les malades mentaux et les handicapés en pièges humains pour en faire des boucliers vivants, « sans aucun respect pour leur humanité ».

Tout ceci prouve que l'EIIL non seulement a perdu la bataille, mais a également perdu toute viabilité en tant qu'organisation en mesure d'assurer sa survie sur le long terme, a-t-il ajouté.

La police fédérale fait tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher l'EIIL de menacer ou d'exploiter des civils, a-t-il affirmé.

Pour leur part, les forces irakiennes utilisent les renseignements dont elles disposent pour veiller à frapper les bonnes cibles lors des affrontements avec l'EIIL, et évitent d'employer une force excessive pour empêcher la perte de vies humaines et des infrastructures.

Khalaf al-Hadidi, membre du conseil provincial de Ninive, a expliqué à Diyaruna qu'il avait été horrifié d'apprendre l'exploitation que fait l'EIIL des personnes handicapées et le recrutement forcé des enfants.

« Ces incidents d'exploitation et cette criminalité systématique doivent nous motiver à utiliser toutes les options pour protéger et sauver nos concitoyens pris au piège », a-t-il conclu.

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