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Terrorisme

Alors que les FDS avancent, l'EIIL prend au piège les habitants d'al-Raqqa

Par Waleed Abou al-Khair au Caire

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Un char d'assaut des Forces démocratiques syriennes dans la partie la plus orientale de la province d'al-Raqqa. [Photo fournie par les FDS]

Les habitants de la ville syrienne d'al-Raqqa expliquent à Diyaruna qu'ils vivent dans une grande nervosité alors que les Forces démocratiques syriennes (FDS) approchent.

L'alliance arabo-kurde a libéré une grande partie de la partie rurale d'al-Raqqa des mains de « l'État islamique en Irak et au Levant » (EIIL) et s'est battue pour prendre le contrôle des routes principales menant à al-Raqqa, ont informé des soldats des FDS.

L'EIIL a interdit aux gens d'entrer dans la ville ou d'en partir, celle-ci souffrant d'une grave pénurie de nourriture, et surtout de farine, créant une forte augmentation du prix du pain.

« Les éléments du groupe se sont déchaînés ces derniers temps, comme l'illustrent clairement leurs actions quotidiennes contre les civils d'al-Raqqa », a déclaré Hamad al-Matar, employé de magasin à al-Raqqa utilisant un pseudonyme par peur pour sa sécurité.

Celles-ci incluent l'interdiction de quitter la ville malgré les circonstances, les raisons ou les excuses, a-t-il rapporté à Diyaruna, ajoutant que ces restrictions se sont accrues lorsque des rumeurs sur le possible effondrement du barrage d'al-Tabqa se sont répandues.

« Les habitants des zones rurales, dont la plupart ont fui les zones de combat sans pouvoir quitter les régions contrôlées par l'EIIL, se sont également vu interdire l'entrée de la ville et ont été forcés de passer plusieurs nuits dans des zones agricoles et des champs », a-t-il fait savoir.

« La plupart d'entre eux ont dormi dans des tentes, qui coûtent au moins 500 $ chacune à cause de leur rareté », a poursuivi al-Matar.

Les postes de contrôle de l'EIIL ont resserré leurs contrôles envers les civils tout comme envers les éléments de l'EIIL, a-t-il déclaré, emprisonnant tous ceux qui tentent de partir sans permis.

Situation délicate dans la ville

« La situation dans la ville est très délicate », a expliqué al-Matar. « La ville n'est plus alimentée en eau depuis le 25 mars, et le pain est extrêmement rare à cause du manque de farine. »

L'EIIL a saisi tous les bateaux et les ferries sur l'Euphrate pour qu'ils ne soient pas utilisés pour fuir, a-t-il précisé.

« Il a aussi confisqué tous les bateaux de pêche, privant les pêcheurs de leur maigre revenu journalier qui les aidait à faire face aux conditions difficiles », a-t-il ajouté.

Le groupe a commencé à contrôler les activités de transport, augmentant les tarifs à 1 500 livres syriennes (7 USD) pour les biens, et 500 livres (2 USD) pour les individus, a-t-il rapporté.

L'EIIL patrouille et mène des raids à toute heure dans des maisons pour chercher des équipements de communication radio, des téléphones portables disposant de lignes externes, des équipements internet et des ordinateurs portables, et pour contrôler les papiers d'identité, a précisé al-Matar.

Malgré des signalements indiquant qu'il a vidé ses prisons, l'EIIL détient toujours des civils sur des prétextes légers, comme la coopération avec les forces de la coalition ou le fait de fumer, a-t-il indiqué.

Couper des artères vitales

« Les batailles en cours dans la partie rurale d'al-Raqqa, dans le cadre de la troisième phase de l'opération Colère de l'Euphrate, ont récemment permis de grandes avancées », a affirmé à Diyaruna le commandant des FDS Mahmoud Ismail.

Celles-ci comprennent la capture de vastes zones dans la partie rurale du nord d'al-Raqqa et des avancées dans la partie rurale d'al-Tabqa, a-t-il précisé, citant des succès importants comme la libération de l'aéroport d'al-Tabqa et la prise de la majeure partie du barrage d'al-Tabqa.

« Cela préparera le terrain pour la libération compète de la ville d'al-Tabqa dans un futur proche », a-t-il déclaré, et pour couper la route entre al-Tabqa et Damas.

« Les opérations en cours et leurs résultats permettront un assaut sur la ville d'al-Raqqa, qui est le bastion principal du groupe », a-t-il expliqué.

Les opérations récentes dans la partie rurale d'al-Tabqa et d'al-Raqqa ont occasionné « des affrontements directs violents avec les éléments du groupe et ont été menées avec une précaution extrême, surtout parce que l'EIIL utilise des civils comme boucliers humains », a indiqué Ismail.

« Les efforts ont donc porté principalement sur l'ouverture de passages sécurisés pour que les civils quittent leurs villes et leurs villages avant qu'ils soient pris d'assaut, pour éviter de les blesser », a-t-il fait savoir.

Solidarité entre les civils

Bien qu'ils soient en piteux état, les civils qui fuient les régions sous contrôle de l'EIIL et atteignent les zones libérées disent qu'ils ne veulent rien d'autre qu'être libérés du groupe, a rapporté Ocalan Sheikhi, travailleur humanitaire à la frontière entre la Turquie et la Syrie.

« On voit une grande solidarité et une aide mutuelle entre les civils, qui partagent leur eau et leur nourriture », a-t-il affirmé à Diyaruna.

La plupart de ceux qui fuient finissent par retourner chez eux, lorsque leurs villes et leurs villages sont libérés de l'EIIL, sécurisés et déminés, a-t-il indiqué.

Les habitants de la ville d'al-Raqqa et des zones environnantes ayant fui ont pu bénéficier d'un hébergement dans les zones libérées peu de temps après leur fuite, a déclaré Sheikhi, plusieurs vivant dans des camps établis près de la frontière turque.

Actuellement, presque personne n'arrive de la ville d'al-Raqqa, à cause du blocus de l'EIIL, qui empêche toute sortie de la ville, a-t-il précisé.

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