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Terrorisme

L'EIIL peine à honorer ses obligations financières

Par Khalid al-Taie

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Au Musée national de Damas le 1er mars, Maamun Abdul-Karim, directeur du département des antiquités syriennes, montre deux bustes sauvés des mains de « l'État islamique en Irak et au Levant » à Palmyre, parmi d'autres en attente de restauration. Ces bustes sont peut-être les seuls artefacts de ce type à avoir quitté le site sans être volés. L'EIIL a pris Palmyre en mai 2015 et a commencé à piller de façon systématique ses trésors archéologiques. [Louai Beshara/AFP]

« L'État islamique en Irak et au Levant » (EIIL) peine à honorer ses obligations financières envers ses combattants et les familles de ceux qui ont été tués au combat ou lors d'attentats suicides, rapportent des responsables irakiens à Diyaruna.

Selon plusieurs indications, l'EIIL payait un salaire mensuel de base allant de 250 à 300 dollars aux combattants qui avait servi le groupe pendant deux ans.

À l'apogée du groupe, les combattants de l'EIIL mariés recevaient 75 000 dinars irakiens (64 USD) supplémentaires par femme et 25 000 dinars (21 USD) par enfant, a indiqué à Diyaruna Fadel Abou Ragheef, conseiller de sécurité.

Le groupe offrait également 1 500 dollars comme dot aux combattants cherchant à se marier, en plus de payer pour les frais de logements du combattant, a-t-il ajouté.

Il donnait aussi entre 400 et 1 000 dollars aux veuves dont les maris avaient été tués au combat ou dans une attaque suicide, en fonction du nombre d'enfants dépendants et du statut du combattant décédé, a-t-il poursuivi.

Dernièrement, a-t-il précisé, ces salaires et allocations supplémentaires, que le groupe appelle « garanties », sont passés à moins d'un tiers de leur ancienne valeur à cause du manque de fonds.

La baisse des paiements a même affecté les commandants des unités combattantes, ou « émirs », a-t-il ajouté, dont les salaires mensuels, qui s'échelonnaient entre 7 000 et 12 000 dollars, sont passés à environ 2 000 dollars.

Suspension des opérations de contrebande

En plus de réduire les salaires et les allocations, l'EIIL aurait aussi suspendu l'activité du bureau responsable de la gestion de l'extraction, de la contrebande et de la vente de pétrole et d'artefacts, qui rapportait des millions en revenus.

Les recettes de ces opérations de contrebande couvraient la majorité des dépenses du groupe pour ses combattants et leurs familles.

Abou Ragheef a précisé que la perte de contrôle de l'EIIL sur la plupart des routes et des réseaux de ravitaillement le long de la frontière avec la Syrie a aussi privé le groupe de millions de dollars qu'il recevait grâce aux taxes imposées sur le commerce.

« Il dépend désormais principalement de ce qu'il perçoit auprès des marchands, des gérants de boutiques, des propriétaires fonciers et des artisans », a-t-il indiqué, ajoutant que le « Bureau de la zakat » de l'EIIL s'occupe de cette collecte.

Confronté à une crise financière suffocante qui l'a laissé incapable de satisfaire à ses obligations de base, le groupe a mis sur pied l'idée « d'autofinancement » pour échapper à son fardeau financier, a poursuivi Abou Ragheef.

En d'autres termes, les éléments aisés de l'EIIL donnent une part de leur salaire à ceux qui en ont plus besoin, a-t-il expliqué.

« Le groupe est submergé par d'importants problèmes et ses coffres sont presque vides », a-t-il conclu.

Les finances de l'EIIL se détériorent

Selon des responsables à al-Qaim, l'une des rares villes irakiennes encore sous contrôle de l'EIIL, les finances du groupe se détériorent, et les allocations et récompenses que les combattants et leurs familles recevaient ont été suspendues.

Face au risque de faillite, l'EIIL verse désormais à ses soldats de base un salaire « qui ne dépasse pas au mieux 100 dollars », a précisé à Diyaruna Farhan Fitaikhan, maire d'al-Qaim.

Des mesures d'austérité ont aussi été appliquées aux fonds que le groupe utilise pour payer ses informateurs secrets, appelés « yeux », a-t-il indiqué.

Les paiements sont passés de plusieurs milliers de dollars pour des informations à environ 15 000 dinars irakiens (13 USD) pour des informations sur un ancien membre des forces irakiennes de sécurité, a précisé Fitaikhan.

Le manque de liquidités de l'EIIL a forcé le groupe à démonter des pylônes électriques, des câbles et des lignes de chemin de fer pour les passer en contrebande en Syrie afin de les vendre comme ferraille, a-t-il ajouté.

Le groupe a aussi eu recours au vol et à la vente de matériaux d'entreprises publiques « telles que des usines de phosphate et de ciment », a-t-il fait savoir.

« [L'EIIL] a perdu toutes les ressources qui lui rapportait de l'argent : le pétrole, les antiquités, le commerce frontalier et les propriétés de l'État », a déclaré à Diyaruna Binyan al-Jarba, membre de la commission de sécurité du conseil provincial de Ninive.

« Le groupe n'est plus aussi riche qu'il l'était il y a deux ans, et ne donne plus à ses membres et aux familles de ses éléments de généreux salaires », a-t-il rapporté. « Il est complètement pris au piège et ses économies financières déclinent de jour en jour. »

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2 COMMENTAIRE (S)
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Mots corrects! Le même style de Baath, et ce qui est étrange, c'est qu'ils sont des bâtards baathistes.

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Où est leur Prophète et pourquoi il ne les aide pas, La faim ne connaît pas la religion et la foi, hhhhh la force noire de l'Islam a été vaincue et a attrapé les balles de (Bashar Al-Assad).

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