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Les réparations post-EIIL vont bon train dans les villes irakiennes

Par Khalid al-Taie

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Un bulldozer nettoie les débris consécutifs à un attentat suicide perpétré en juillet 2016 qui avait frappé le centre commercial al-Hadi dans le quartier d'al-Karrada à Bagdad. Le gouvernement irakien s'efforce de reconstruire ce centre commercial. [Photo fournie par le Conseil économique irakien]

Les travaux sont en cours dans plusieurs villes d'Irak pour reconstruire les écoles, les hôpitaux, les centres commerciaux et d'autres infrastructures endommagées par « l'État islamique en Irak et au Levant » (EIIL).

Le 14 janvier, le gouvernement irakien a annoncé le lancement des travaux de reconstruction et de réhabilitation du centre commercial al-Hadi dans le quartier d'al-Karrada de Bagdad, qui avait été gravement endommagé lors d'un attentat suicide meurtrier en juillet 2016 .

Cet attentat revendiqué par « l'État islamique en Irak et au Levant » (EIIL) s'était produit lorsque son auteur avait fait exploser un minibus truffé d'explosifs à proximité du centre commercial très fréquenté aux alentours d'al-Sharqiya, dans le quartier d'al-Karrada.

L'explosion avait tué 292 civils et en avait blessé plus de 200 autres, et avait été décrite comme l'une des attaques les plus meurtrières qu'ait connues l'Irak depuis plus d'une décennie.

Les travaux de reconstruction sont placés sous la direction d'une commission présidée par la mairie de Bagdad, composée de représentants de plusieurs ministères et du Conseil économique irakien, une organisation non gouvernementale.

« La reconstruction et le rétablissement de l'espoir sont notre réponse à tous les crimes commis par l'EIIL », a déclaré à Diyaruna Hakim Abdul Zahra, directeur des relations publiques de la mairie.

L'objectif est de restaurer ce centre et de « lui redonner sa gloire d'antan, pour qu'il soit à nouveau rempli d'acheteurs », a-t-il indiqué.

La commission chargée de superviser le processus de reconstruction, présidée par l'administrateur de Bagdad Zikra Alloush, a d'abord procédé à une étude complète, pour évaluer l'étendue des dégâts au bâtiment, a expliqué Abdoul Zahra.

« Une fois cette étape achevée, les travaux de restauration ont ensuite commencé, et ils comprendront le renforcement des fondations et de la structure du bâtiment », a-t-il poursuivi, ainsi que son équipement en services publics et en systèmes de sécurité.

Le gouvernement a alloué 500 millions de dinars irakiens (422 654 USD) à ce projet de reconstruction, qui devrait durer six mois, a précisé Abdoul-Zahra.

« Il existe une coopération fructueuse entre le gouvernement et le secteur privé », a-t-il indiqué. « Les massacres perpétrés par les terroristes ne seront pas oubliés, mais la vie continue et nous rebâtirons notre pays ».

Reprise des services médicaux à Mossoul

Dans le même temps, les efforts de reconstruction se poursuivent dans les quartiers de Mossoul libérés de l'EIIL.

Le gouvernement a pris des mesures positives pour réhabiliter les installations publiques et répondre aux besoins des habitants, en particulier dans les secteurs de la santé et de l'éducation, a expliqué Hosam Eddin al-Abbar, membre de la commission des services du conseil provincial de Ninive, à Diyaruna.

« Douze centres de santé de l'est de Mossoul ont été réhabilités et rouverts, notamment les centres d'al-Samah, al-Intissar, Gogjali et al-Zahra » a-t-il précisé.

« La réhabilitation de l'Hôpital général d'al-Hamdaniya est également achevée, et il a recommencé à fournir des services de traitement aux habitants, en plus de l'hôpital d'Ibn al-Atheer, spécialisé dans les soins infantiles », a-t-il indiqué.

« Quant à l'hôpital al-Salam, qui est l'un des plus grands hôpitaux de Mossoul, une équipe du ministère de la Santé a commencé à évaluer les dégâts en prévision de sa reconstruction », a expliqué al-Abbar.

Les cours ont repris dans cent écoles des zones libérées de Mossoul après leur restauration, a-t-il précisé, ajoutant que la plupart des bâtiments n'avaient pas subi de dommages importants.

« À ce jour, 25 000 élèves garçons et filles, ainsi que 13 000 enseignants ont repris les cours », a-t-il indiqué.

Le service de l'éducation de Ninive a commencé à fournir aux élèves des livres et du matériel scolaire, a précisé al-Abbar, ajoutant que quatre gros camions chargés de fournitures étaient récemment arrivés en ville.

« Les campagnes de reconstruction ont commencé directement au fur et à mesure que chaque région ou chaque quartier était libéré, et le train de la construction ne s'arrêtera pas », a-t-il affirmé.

Rapide reconstruction à Ramadi

La ville de Ramadi, dans la province de l'Anbar, libérée de l'EIIL en décembre 2015, connaît également une reconstruction rapide.

« Ramadi a été la ville la plus durement touchée par le terrorisme dans le pays », a expliqué à Diyaruna Farhan al-Obeïdi, membre du conseil provincial de l'Anbar.

Mais aujourd'hui, le gouvernement local et fédéral, ainsi que plusieurs organisations internationales, sont engagés dans des travaux intensifs de reconstruction et de réparation des projets de service détruits par l'EIIL, a-t-il expliqué.

« Cinquante projets d'élimination des déchets et de traitement de l'eau potable ont recommencé à fonctionner à Ramadi, y compris le principal centre des eaux de la ville », a indiqué al-Obeïdi.

Le ministre des Migrations et des Déplacements a réhabilité 30 des écoles de la ville, avec l'aide du Fonds pour la reconstruction, et a restauré l'Hôpital général de Ramadi, a-t-il précisé.

Quatre-vingt-dix millions de dollars supplémentaires ont été alloués pour la reconstruction des ponts détruits par l'EIIL, y compris le pont de la Palestine et le pont japonais.

« Le mouvement en faveur de la reconstruction est rapide. Les marchés et les centres publics de la ville regorgent de vie », a déclaré al-Obeïdi.

Ailleurs dans le pays, les régions reprises à l'EIIL retournent à la vie.

« Cinq mois après la libération de notre ville (en mars 2015), je suis rentré chez moi après avoir été déplacé, et ma maison n'avait pas été très endommagée », a rapporté Mohammed al-Ajili, un habitant de Tikrit, dans la province de Salaheddine, propriétaire d'un magasin de vêtements sur le vieux marché.

« Je suis revenu ouvrir mon magasin, et la clientèle était alors presque inexistante », a-t-il expliqué à Diyaruna. « Mais aujourd'hui, tout est revenu à la normale, et les gens font leurs achats et vivent leurs vies en toute sécurité. »

« Le cauchemar est terminé », a-t-il conclu.

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