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Terrorisme

Les rangs de l'EIIL clairsemés avant la bataille de l'ouest de Mossoul

Par Khalid al-Taie

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Les forces irakiennes prennent le contrôle de l'est de Mossoul après avoir libéré le dernier de ses quartiers de « l'État islamique en Irak et au Levant », le 24 janvier. [Photo fournie par les Services de lutte antiterroriste]

« L'État islamique en Irak et au Levant » (EIIL) est confronté à une situation précaire à la veille de la bataille pour l'ouest de Mossoul, en raison des pertes énormes qu'il a subies depuis le début des opérations de libération de la ville, indiquent des responsables et des sources locales à Diyaruna.

Au moins 3 300 combattants de l'EIIL ont été tués par les forces irakiennes et la coalition internationale depuis le 17 octobre, a indiqué le général Talib al-Sheghati, directeur des Services de lutte antiterroriste (CTS) lors d'une conférence de presse à la mi-janvier.

Maintenant que la partie est de Mossoul a été entièrement libérée, les combattants de l'EIIL encore retranchés dans la partie ouest prennent des mesures désespérées pour renforcer leurs rangs, a rapporté Abou Mohamed al-Mosouli, porte-parole des Brigades des chevaliers de Mossoul, un groupe armé anti-EIIL populaire de Mossoul.

Les pertes en vies humaines que l'EIIL a connues ont contraint ses combattants à l'ouest de Mossoul à obliger les habitants à combattre dans les rangs du groupe, mais « même ainsi, ils éprouvent de grosses difficultés à recruter [des habitants] », a-t-il expliqué à Diyaruna.

« Les ressources du groupe, en particulier ses moyens humains, ont été dramatiquement réduites », a-t-il poursuivi. « Ses meilleurs éléments, qui sont des combattants d'élite étrangers, ont été tués lors des combats pour [l'est de] Mossoul », libéré entièrement le 24 janvier .

Al-Mosouli estime qu'il y a au plus 2 500 combattants à Mossoul, dont une petite partie sont des étrangers « et le reste sont des Irakiens », a-t-il déclaré.

« Pour compenser ces pertes, l'EIIL a contraint les hommes de l'ouest de Mossoul à s'enrôler dans ses rangs en menaçant de les abattre ou de s'en prendre aux membres de leurs familles et de les prendre en otages », a-t-il rapporté.

Sourde oreille aux menaces

En dépit de ces menaces, que l'EIIL diffuse par les haut-parleurs des mosquées, le groupe connaît de grandes difficultés à recruter des habitants, peu d'entre eux se laissant intimider et ayant rejoint le groupe, a expliqué al-Mosouli .

« Les victoires des forces irakiennes dans l'est de Mossoul et la joie qu'elles ont occasionnée chez ses habitants ont encouragé les résidents des quartiers encore occupés à défier l'EIIL », a-t-il ajouté.

Au cours des deux dernières années, les brigades de Mossoul ont résisté à l'EIIL et mené plusieurs attaques qui ont renversé des chefs de l'EIIL et permis de découvrir un certain nombre de repaires du groupe.

« La dernière en date de ces attaques a eu lieu le 10 janvier, lorsqu'une force des brigades a attaqué un centre de détention secret de l'EIIL dans le quartier du marché d'al-Shaareen dans l'ouest de Mossoul, libérant 35 habitants qui étaient emprisonnés par l'EIIL pour diverses accusations, dont la coopération avec les forces de sécurité », a-t-il déclaré.

Cette attaque a entraîné « la mort de sept des gardiens du centre de détention, doit six étaient Irakiens et un était égyptien », a précisé al-Mosouli.

La majorité des chefs et des combattants étrangers de l'EIIL a été tuée lors des affrontements pour l'est de Mossoul ou lors des frappes aériennes des avions irakiens ou de la coalition, a indiqué Saïd Mamouzini, responsable des médias du Parti démocratique du Kurdistan à Mossoul.

Parmi eux se trouvait Abou Omar al-Hollandi, l'un des hauts responsables, tué le 13 janvier lors des affrontements avec les forces irakiennes dans le quartier d'al-Mohandiseen, dans l'est de Mossoul, a-t-il déclaré.

Al-Hollandi était à la tête des kamikazes européens de l'EIIL.

Le groupe avait menacé de tuer tous ceux qui refuseraient de rejoindre ses rangs, a précisé Mamuzini, soulignant que les combattants de l'EIIL avaient mis à exécution leurs menaces à l'encontre d'un certain nombre de citoyens.

Le 19 janvier, l'EIIL avait « exécuté 17 civils dans l'ouest de Mossoul qui avaient refusé de rejoindre ses rangs, selon des témoins sur place et des habitants de la ville », a-t-il rapporté à Diyaruna.

Malgré cela, les habitants de l'ouest de Mossoul résistent à l'EIIL et refusent de céder à ses menaces, a expliqué à Diyaruna Banyan al-Jarba, membre de la commission de sécurité du conseil de la province de Ninive.

« Tout comme les habitants de l'est de Mossoul ont affiché leur courage et leur rejet du terrorisme en fournissant des renseignements aux forces de libération [...], les habitants de l'ouest de la ville en feront de même », a-t-il conclu.

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