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Les pertes dans la composition de haute hiérarchie de l'EIIL connaît une baisse constante

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Le porte parole de "L'Etat islamique en Irak et au Levant" Abou Mohammed al-Adnani a été tué dans un raid aérien le 30 août dans le nord de la Syrie. [Photo fournie par le ministère irakien de la Défense]

En plus de la perte de plusieurs villes stratégiques et de routes de contrebande de pétrole au cours des derniers mois, ce qui a réduit les capacités financières et militaires de "l'Etat islamique en Irak et au Levant" (EIIL), le groupe a perdu de manière régulière ses hauts dirigeants qui avaient eu une grande influence parmi ses éléments, ont déclaré des experts à Diyaruna.

Ces pertes, disent-ils, signalent le début de la fin pour l'EIIL.

Le coup le plus récent encaissé par l'EIIL était la mort de son porte-parole Abou Mohammed al-Adnani, de son vrai nom Taha Sobhi Falaha, dans un raid aérien survenu le 30 août dans le nord de la Syrie , a confirmé le Pentagone le 12 septembre.

"La frappe qui a été menée près d'al-Bab en Syrie, élimine le propagandiste en chef, le recruteur et l'architecte des opérations terroristes extérieures de l'EIIL du champ de bataille", a déclaré le secrétaire de presse du Pentagone Peter Cook.

"Cette opération fait partie d'une série de frappes réussies contre les dirigeants de l'EIIL, y compris ceux qui sont responsables des finances et de la planification militaire, ce qui rend la tâche plus difficile pour le groupe de fonctionner", a-t-il ajouté.

'Le début de la fin'

Les pertes successives infligées par l'EIIL dans son leadership, son territoire et ses capacités logistiques constituent un mauvais augure pour l'avenir du groupe, a déclaré Sami Gheit, chercheur au centre d'Al-Charq pour les études régionales et stratégiques.

Les avances au sol de l'armée irakienne, des Forces démocratiques syriennes (SDF) et des combattants kurdes, soutenus par un appui aérien de la coalition, ont été derrière la mort d'un grand nombre de combattants du groupe en Irak et en Syrie et appauvri ses rangs, a-t-il expliqué à Diyaruna.

En outre, dit-il, les pertes résultant du ciblage des dirigeants de l'EIIL "ont eu un impact très négatif sur la hiérarchie du commandement, puisque le groupe a perdu la plupart de ses anciens "émirs" qui avaient une grande influence parmi ses combattants étrangers".

La promotion de la deuxième génération de dirigeants va affaiblir le contrôle du groupe par rapport à ses combattants, a déclaré Gheit.

L'EIIL a également subi de lourdes pertes en termes de ses capacités logistiques, a-t-il ajouté, ce qui ont contrarié ses opérations de contrebande transfrontalière et de forage ainsi que la vente de pétrole et d'autres objets antiques pillés en provenance de l'Irak et de la Syrie.

"Le groupe a perdu le réseau de routes qu'il contrôlait et qui lui permettait d'extraire du pétrole et de fouiller les antiquités et les vendre sur le marché noir à l'extérieur de l'Irak et de la Syrie ", a-t-il dit.

"Nous pouvons dire en toute sécurité que le début de la fin est très proche pour l'EIIL", a indiqué Gheit.

Cibler les dirigeants de l'EIIL

"L'EIIL a perdu beaucoup de son offensive et de ses capacités défensives et financières en Syrie et en Irak, en particulier depuis le début de 2015", a déclaré le journaliste syrien Mohammed al-Abdoullah qui réside au Caire.

Ceci est le résultat des pertes qu'il a subies en Syrie aux mains des FDS, soutenues par la coalition, qui ont libéré les villes de Kobani, Tel Abyad et Manbij, a-t-il dit à Diyaruna.

En Irak, l'EIIL a subi des pertes aux mains de l'armée irakienne et les forces Peshmergas, qui ont repris les villes de Tikrit, Sinjar, Ramadi et Falloujah, dit-il.

En dehors de la Syrie et de l'Irak, a-t-il ajouté, le groupe a également perdu beaucoup de ses dirigeants en Libye et d'autres pays dans lesquels il a une présence.

Ceux-ci comprennent Fadel Ahmed al-Hiyali, également connu sous le nom de 'Haji Moataz', 'Abu Moataz al-Qaurashi' et 'Abu Mouslim al-Tourkmani', qui est soupçonné d'avoir été un membre du conseil militaire de l'EIIL. Le ministère irakien de la Défense avait annoncé sa mort en août 2015.

En mai 2015, le ministère avait annoncé la mort d'Abdoul Rahman Mustafa al-Qadouli, connu sous le nom d'Abou Alaa al-Afri', l'adjoint du chef de l'EIIL Abou Bakr al-Baghdadi.

"Le groupe a également perdu le leader de sa branche libyenne, Wissam Najm Abed Zayd al-Zoubaydi, également connu sous le nom d'Abou Nabil", a déclaré al-Abdoullah.

En juillet, le groupe a confirmé la mort du haut commandant Abou Omar al-Chichani, dont le vrai nom est Tarkhan Batirashvili, dans la ville irakienne d'Al-Sharqat.

Le 26 juillet, un raid aérien américain a tué le chef de l'EIIL en Afghanistan et au Pakistan (dans la province de Khorasan), Hafiz Saeed Khan.

La perte de sources de financement

"Le groupe est soumis actuellement à un véritable blocus après avoir perdu de nombreux sites et villes qui étaient des passages vitaux pour la contrebande de pétrole, d'antiquités et d'autres matériaux vendus sur le marché noir", a déclaré le professeur de l'économie internationale à l'Université du Caire Nasser al-Assiouty.

La capacité de l'EIIL à exploiter le pétrole de la Syrie a diminué de façon spectaculaire, a-t-il dit à Diyaruna, ajoutant que le groupe contrôle des puits et des raffineries primitives qui couvrent à peine ses besoins au jour le jour.

"Il est clair que les activités d'exportation se sont complètement arrêtées en Syrie à la suite de la perte de l'EIIL des villes de Manbij et Jarablus, qui étaient des corridors essentiels pour le pétrole et des axes de contrebande pour la connexion avec d'autres régions, en particulier al-Raqqa et ses zones rurales", a-t-il souligné.

La coordination des opérations de vente "a également reçu un coup majeur avec la mort de Sami Mohammed al-Joboury le 11 août, qui était connu pour être le coordinateur des opérations de vente de pétrole au sein de l'EIIL", dit al-Assiouty.

Cette même période l'année dernière, le chiffre d'affaires de l'EIIL des ventes de pétrole était de l'ordre de plus de 1 million de dollars par jour, affirme-t-il.

"Tout ce qui reste maintenant au groupe sont quelques puits situés dans les régions rurales al-Raqqa", tel que le gisement de pétrole de Wadi Oubayd, en plus de puits de pétrole à Deir Ezzor, dont les plus grands et les plus importants se trouvent à Kuniko, a-t-il dit.

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