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La remise en état du lac du Tharthar favorise la reprise agricole dans l'Anbar

Par Khalid al-Taie

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Le gouvernement irakien a travaillé à la remise en état du lac du Tharthar, dans la province de l'Anbar, depuis sa libération de « l'État islamique en Irak et au Levant » l'année dernière. [Photo fournie par le ministère des Ressources hydrauliques]

Un an seulement après que les forces irakiennes eurent chassé « l'État islamique en Irak et au Levant » (EIIL) de la région du lac du Tharthar, dans la province de l'Anbar, le ministère des Ressources hydrauliques a remis en service le barrage et les installations d'irrigation, ont expliqué des responsables irakiens à Mawtani.

Les barrages d'al-Tharthar et d'al-Taqsim , situés à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Bagdad, régulent la retenue et l'écoulement des eaux entre le lac artificiel et les fleuves du Tigre et de l'Euphrate.

Les unités techniques et du génie civil du ministère ont rétabli le système de gestion des eaux du lac, qui inclut le barrage d'al-Tharthar, les premier et second barrages d'al-Taqsim et les canaux qui s'étirent vers le bras du Tigre, a expliqué le vice-ministre des Ressources hydrauliques Mahdi Rashid.

« Grâce à un exceptionnel travail quotidien, nous avons réussi à réparer en un temps record de huit mois seulement les dommages occasionnés à ces installations par les gangs terroristes de l'EIIL », a-t-il déclaré à Mawtani.

Les travaux de remise en état sont achevés à près de 80 %, a-t-il ajouté, soulignant que le système de gestion des eaux est désormais opérationnel et que les réparations restantes ne sont pas directement liées à son fonctionnement.

« Nous avons également terminé la campagne de reconstruction à un coût record, en ne dépensant qu'environ un demi-milliard de dinars (452 000 $), bien moins que le coût estimé des dépenses de remise en état, qui était entre trois et quatre milliards de dinars (2,7 millions et 3,6 millions $) », a-t-il ajouté.

Le barrage d'al-Tharthar, en service depuis 1956, contient plus de trente vannes pour le contrôle du débit de l'eau et sa capacité de décharge est de plus de 8 500 mètres cubes par seconde.

La première tranche du barrage d'al-Taqsim avait été achevée en 1976, la seconde en 1981. Chacune comporte quatre vannes, avec une capacité de décharge totale de 1 100 mètres cubes par seconde.

Le barrage de Falloujah au nombre des projets à venir

Outre la remise en état du lac du Tharthar, le ministère a entrepris la réhabilitation d'autres projets d'irrigation dans l'Anbar depuis le départ de l'EIIL, a expliqué Rashid.

« Nous avons terminé l'évaluation des dommages et la préparation des examens des barrages de Ramadi et d'al-Warrar, qui ont été totalement détruits par les terroristes », a-t-il précisé.

Le ministère a « envoyé des demandes au gouvernement pour obtenir des fonds suffisants pour la reconstruction de ces deux installations essentielles », a-t-il ajouté. « Nous avons besoin de 40 milliards de dinars (34,3 millions $) pour couvrir les coûts de réhabilitation. »

Une fois ces sommes allouées, le ministère sera en mesure de remettre en service ces deux projets en l'espace d'un an, a-t-il expliqué à Mawtani.

Le ministère a également mis sur pied une équipe technique chargée de lancer l'évaluation des dommages infligés au barrage de Falloujah, que les forces irakiennes ont repris mi-juin, a ajouté Rashid.

« Les premières indications suggèrent que le barrage a souffert de dommages à plusieurs niveaux sur ses vannes et ses canaux de liaison et de transfert », a-t-il expliqué, ajoutant que l'étendue des dégâts ne pourra être évaluée avec précision qu'après une analyse complète.

« Les forces de sécurité retirent encore des mines et des engins explosifs improvisés (EEI) du site », a-t-il ajouté. « Nous commencerons les travaux lorsque nous aurons reçu le feu vert. »

Reprise de la production agricole dans l'Anbar

La remise en service des projets d'irrigation permettra la relance de l'agriculture dans la province, a expliqué à Mawtani Farhan al-Obaidi, membre du conseil provincial de l'Anbar.

La remise en état des barrages et des canaux d'irrigation sabotés par l'EIIL est nécessaire pour rétablir la stabilité dans la province, a-t-il expliqué.

Remettre en service les régulateurs d'eau et le système d'irrigation permettra au secteur de l'agriculture dans l'Anbar de prendre un nouveau départ, après avoir souffert pour près de 365 milliards de dinars (313 millions $) de pertes en raison des actes de terrorisme, a-t-il ajouté.

« Aujourd'hui, après la libération de la plupart des villes de l'Anbar, nous demandons à tous les ministères d'œuvrer à la remise sur pied des secteurs économiques et des services de notre province », a déclaré al-Obaidi. « Pour notre part, nous appuierons toute initiative en ce sens et travaillerons à la reconstruction de notre province. »

Le ministère « consent des efforts importants pour réparer et relancer tous les projets de retenue et d'irrigation qui ont été détruits », a déclaré Adel al-Mokhtar, conseiller auprès de la commission parlementaire pour l'eau et l'agriculture.

Le ministère s'est fixé comme priorité la remise en service de tous les barrages dans les régions libérées, a-t-il expliqué à Mawtani, ajoutant que plusieurs d'entre eux, en particulier dans l'Anbar, avaient déjà fait l'objet d'une évaluation et d'une remise en état.

« Les travaux se poursuivent dans le cadre de plans gouvernementaux bien étudiés, axés sur le rétablissement de la croissance et de la prospérité dans les communautés affectées par le terrorisme », a-t-il conclu.

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