2018-03-06

ONU: L'attaque russe contre un marché syrien pourrait être un crime de guerre

Les forces russes étaient derrière une frappe meurtrière sur un marché bondé en Syrie à la fin de l'année dernière, ont annoncé les enquêteurs de l'ONU mardi 6 mars, avertissant que l'attaque pourrait constituer un "crime de guerre", a rapporté l'AFP.

Les frappes aériennes sur un marché de l'opposition Atareb au nord de la Syrie le 13 novembre dernier ont fait au moins 84 morts, dont cinq enfants, et environ 150 blessés, a indiqué la commission d'enquête des Nations unies sur les droits de l'homme en Syrie.

"La commission a confirmé l'utilisation d'armes à explosion non guidées par des avions russes dans une zone peuplée de civils", a déclaré le chef de la commission, Paulo Pinheiro.

Il a attiré l'attention sur un "large corpus de preuves", notamment des entretiens avec des témoins et des analyses médico-légaux de photos, de vidéos et d'images de restes d'armes, d'images satellites et d'analyses d'impact pour étayer les conclusions de la commission.

Les enquêteurs sur les crimes de guerre ont reconnu qu'il n'y avait "aucune preuve indiquant que [...] l'attaque visait délibérément des civils ou le marché Atareb".

Mais ils ont souligné que "l'utilisation de bombes non guidées, y compris des armes à effet de souffle, dans une zone densément peuplée de civils peut constituer le crime de guerre de lancer des attaques sans discrimination".

Pinheiro a souligné que l'utilisation de certaines armes dans les zones civiles "revient automatiquement à (un) crime de guerre ... en raison de la nature des armes utilisées".

Mardi, un avion de transport russe s'est écrasé à l'atterrissage sur la base aérienne russe de Hmeimim en Syrie, tuant les 32 personnes à bord, a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué publié par RIA Novosti.

Il y avait 26 passagers et six membres d'équipage à bord, a précisé le ministère.

"La raison de l'accident selon les informations préliminaires aurait pu être technique", a ajouté le ministère, affirmant que l'avion n'avait pas été attaqué.

Le transporteur était à environ 500 mètres de la piste, selon le communiqué.

Le dernier accident survient après qu'un avion militaire de Sukhoi s'est écrasé alors qu'il tentait de décoller de Hmeimim en octobre dernier, tuant deux membres d'équipage.

La perte militaire la plus récente officiellement reconnue par la Russie lors d'une bataille en Syrie a eu lieu le mois dernier lorsqu'un pilote a été tué après l'écrasement de son avion dans la province d'Idlib.

Les pertes militaires officielles de la Russie dans la guerre avant l'accident étaient de 45.

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