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Le CGRI incite la jeunesse de Deir Ezzor à intégrer ses rangs

Waleed Abou al-Khair au Caire

Des membres d'une milice affiliée au CGRI brandissent le drapeau iranien dans la province syrienne de Deir Ezzor. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

Par le biais du Friends Security Office, le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) tente de séduire les jeunes de Deir Ezzor et de les attirer dans ses rangs avec des salaires élevés et d'autres incitations, ont expliqué des militants.

Mais malgré les affirmations contraires, cela ne sert que le régime iranien et le CGRI, qui utilisent les jeunes comme outils pour leurs ambitions expansionnistes dans la région, ont-ils déclaré.

De nombreux jeunes de la ville d'al-Mayadeen, dans l'est du pays, ont rejoint les milices affiliées au CGRI dans la région, a indiqué à Diyaruna le militant de Deir Ezzor Jamil al-Abed.

Ces incitations ont réussi à attirer plusieurs jeunes d'al-Mayadeen, a-t-il poursuivi, « qui ont cessé de servir dans les rangs des Forces de défense nationale affiliées au régime pour rejoindre les milices affiliées au CGRI ».

Plusieurs incitations financières ont appâté des membres des Forces de défense nationale affiliées au régime syrien et les ont poussés à rejoindre les rangs des milices affiliées au CGRI à Deir Ezzor. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

Nombre de ces jeunes recrues ont ainsi rejoint une milice mise en place par le CGRI spécifiquement pour les habitants de la région, a-t-il précisé.

Ils se sont vu offrir des incitations financières, notamment des salaires pouvant atteindre 200 dollars, en plus de prêts, d'une aide et de l'assurance du CGRI qu'ils ne feront l'objet d'aucune poursuite de la part du régime syrien.

Il a également été promis à ces recrues qu'elles seraient exemptées de leurs obligations militaires.

Al-Abed a indiqué que cela était désormais une tendance notable dans la région, au lendemain des tensions qui ont éclaté entre le CGRI et le régime syrien et leurs divers affiliés.

Le Friends Security Office a récemment publié plusieurs circulaires annonçant que des prêts seraient proposés à tous les membres des milices du CGRI, a-t-il ajouté.

Selon ces annonces, chaque membre récemment marié recevra 50 000 livres syriennes (97 USD), et chaque membre ayant un enfant né durant l'année actuelle se verra offrir 200 000 livres syriennes (388 USD).

Le Friends Security Office administre tous les prêts financiers et en nature, ainsi que les papiers de recrutement, a précisé al-Abed.

Cette nouvelle milice est composée de natifs d'Albou Kamal et d'al-Mayadeen, dans l'est rural de Deir Ezzor, a-t-il poursuivi, et est affiliée au Friends Security Office.

Elle est basée à al-Suwayiyah, a-t-il ajouté en conclusion, qui est devenu une zone étroitement contrôlée par le CGRI après que ce dernier eut chassé les non-loyalistes de leurs maisons.

L'exemption du service militaire est un mensonge

« L'enrôlement de jeunes Syriens dans les milices iraniennes ne sert que l'Iran et le CGRI », a affirmé à Diyaruna l'avocat syrien Bashir al-Bassam.

Ces milices servent à faire progresser les plans d'expansion de l'Iran en Syrie et dans la région, a-t-il expliqué.

« Le CGRI fait de la jeunesse syrienne de simples mercenaires et exacerbe les tensions internes », a-t-il déclaré, ajoutant que « la détermination sans faille du CGRI à recruter des jeunes dans la zone frontalière révèle ses véritables ambitions ».

Le régime iranien essaie de renforcer son contrôle sur les zones de Deir Ezzor proches de la frontière avec l'Irak, comme al-Mayadeen et Albou Kamal, afin d'ouvrir un passage vers le Liban et la Méditerranée par lequel il peut faire passer des combattants et des armes, et développer le commerce.

De plus, les affirmations selon lesquelles les nouvelles recrues seront exemptées de leur service militaire obligatoire sont fausses, a fait savoir al-Bassam.

« Au contraire, cela ne ferait que prolonger la période de service, car ils devraient encore faire le service obligatoire qu'ils ont manqué », a-t-il précisé.

Fin 2018, les forces du régime syrien ont publié une circulaire à Deir Ezzor demandant à tous les Syriens membres de milices soutenues par le CGRI de quitter ces milices et de se présenter aux centres de conscription et de réserve.

Le décret s'est heurté à l'opposition de ceux qui avaient été appelés à servir, comme le régime et le CGRI l'avaient promis, à savoir que le temps passé dans les milices serait déduit de leur service obligatoire.

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