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Les conscrits syriens désertent pour éviter le conflit à Idlib

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Après les défections qui ont commencé en 2011, les forces de l'armée syrienne dépendent désormais en grande partie de conscrits. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

Les jeunes conscrits de l'armée syrienne désertent le service militaire par peur d'être tués ou capturés lors des combats en cours dans les provinces d'Idlib et de Hama, a expliqué un militant syrien.

Cela a conduit à des tensions dans les villes natales de ces conscrits, a-t-il poursuivi, soulignant que ces désertions militaires se sont produites en masse et dans toute la province.

« Des raids sont menés jour et nuit, et l'on assiste à la mise en place de nombreux postes de contrôle du régime », a expliqué Mohammed al-Beik, un militant de la campagne de Damas.

La Direction de la sécurité politique et la Direction des renseignements de l'armée de l'air syrienne traquent les déserteurs de l'armée dans des zones comme al-Nabek, dans la campagne de Damas, a-t-il ajouté pour Diyaruna.

« Cette répression intervient après que plus d'une cinquantaine de conscrits originaires de la localité eurent déserté le service militaire parce qu'ils refusaient d'être envoyés vers des zones de combat dans les provinces d'Idlib et de Hama après que plusieurs d'entre eux eurent récemment été tués et que l'un fut capturé », a-t-il précisé.

Selon ses sources, « deux conscrits ont été tués », a-t-il indiqué. « Mais le nombre de tués pourrait être plus élevé que ce qui a été annoncé. »

Il s'inquiète que le bilan total des pertes ait pu être supprimé « par peur des réactions », a-t-il ajouté.

Les opérations visent les déserteurs

« Lors de ces raids, les forces de sécurité agissent de manière clairement hostile avec les familles des déserteurs, alors même que la région est fidèle au régime », a ajouté al-Beik.

« Le régime craint que ce ne puisse être le début de la désobéissance civile, comme à Daraa, où l'on constate aussi un rejet des combats dans Idlib », a-t-il ajouté.

« Des rumeurs ont circulé sur des familles qui aideraient leurs fils à se cacher ou à fuir vers les pays voisins avec la collusion des milices prorégime, notamment le Hezbollah libanais », a-t-il indiqué.

Le Hezbollah « n'est en effet pas en très bons termes avec les divisions des gardes républicains syriens à Idlib et Hama, où servent ces conscrits », a-t-il poursuivi.

Pour cette raison, a expliqué al-Beik, « le commandement de la garde républicaine a annulé les permissions de nombreux conscrits originaires d'al-Nabek », pour éviter de devoir faire face à de nouvelles désertions.

À la lumière du nombre de désertions, a-t-il conclu, le régime syrien et les notables des villes ont été en contact « pour s'entendre sur le retour des déserteurs en échange de l'absence de punitions à leur encontre et l'assurance qu'ils ne seront pas redéployés dans des zones de combat ».

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