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Les musiciens de Bassorah ignorent les menaces extrémistes

Alaa Hussain à Bagdad

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L'Ensemble folklorique national de Bassora, dirigé par le célèbre musicien de Bassora Saad al-Yabes. [Photo extraite de la page Facebook de Saad al-Yabes]

Des activistes locaux ont tiré la sonnette d'alarme après une menace écrite adressée aux musiciens de la province de Bassora qui ont juré de tuer les organisateurs locaux de ce concert.

Mais cette menace, diffusée sur les médias sociaux, a été tournée en dérision par les membres de la communauté artistique de Bassora, tandis que les autorités en charge de la sécurité expliquent que cet incident est un cas isolé qu'elles contrôlent parfaitement.

Ces menaces visaient un centre commercial de Bassora où un concert avait été programmé.

Dans un entretien sur le site web Baghdad Today, l'artiste folklorique Abdoullah al-Basri a expliqué que lui et les membres de son groupe avaient reçu une menace de mort d'un groupe se faisant appeler « Groupe pour la promotion de la vertu et la prévention du vice ».

Al-Basri a raconté qu'il avait reçu une balle enveloppée dans du papier devant la porte de sa maison, dans le district central de Khamsa Meel de Bassora, qui contenait une menace et des versets du Coran sur la promotion de la vertu et la prévention du vice.

Aucune raison de s'alarmer

Jabbar a-Saadi, membre de la commission pour la sécurité du conseil provincial de Bassora, a minimisé la gravité de ces menaces, affirmant qu'elles ne méritaient pas une telle attention.

« Il s'agit d'actes individuels destinés à semer la confusion dans la situation sécuritaire de la province, et qui ne sont pas suffisamment sérieux pour représenter une quelconque préoccupation », a-t-il ajouté à Diyaruna.

Les agences de sécurité et de renseignements se penchent avec sérieux sur le suivi de ces cas, et ont récemment été en mesure d'appréhender douze individus accusés d'avoir utilisé des grenades assourdissantes pour régler des litiges personnels et effrayer des gens, a-t-il poursuivi.

Plusieurs des personnes arrêtées avaient été membres de partis politiques par le passé, a-t-il souligné, mais ces partis ont expliqué que leur adhésion avait été révoquée il y a longtemps et les ont accusés d'avoir utilisé à tort ces parties comme une couverture.

« Bassora est sûr et ne saurait être déstabilisé par des individus ostracisés par l'ensemble de la communauté », a-t-il indiqué, ajoutant que tous les habitants sont capables de s'adonner librement à leurs activités artistiques, culturelles et de loisir.

Les artistes négligent les menaces

L'ancien président de l'Union des artistes de Bassora Fathi Shaddad a négligé ces menaces, expliquant qu'elles n'avaient pu que trouver un « espace virtuel » dans les médias et n'avaient aucun impact sur le terrain.

Il a expliqué à Diyaruna qu'il n'existe aucune menace réelle contre les artistes à Bassora de quelque partie que ce soit, et a salué le rôle du Commandement des opérations à Bassora et des forces de sécurité dans le maintien de la sécurité et le contrôle de la situation.

Shaddad a reconnu que certaines parties « malicieuses » tentent de compliquer la situation à Bassora en brandissant des allégations de menaces terroristes pour saper les bonnes relations qui existent entre les artistes et les agences de sécurité de la province.

« L'art à Bassora ne disparaîtra pas en réaction à de quelconques menaces », a-t-il ajouté, soulignant que l'union des artistes se préparait à organiser le plus grand festival du cinéma de la province.

Pour lui, a-t-il poursuivi, cela constitue une preuve suffisante que « Bassora ne renoncera pas à ses activités artistiques et continuera de créer et de briller ».

Kazem Kazzar, membre de l'Union des artistes de Bassora, a expliqué pour sa part à Diyaruna que les artistes locaux continueront de produire leur musique et d'organiser des festivals culturels, au vu et au su des autorités locales et qui attirent de vastes publics.

Toutes ces activités respectent les bonnes mœurs et n'ont rien d'offensant, a-t-il conclu, précisant dans le même temps que l'union ne permettra pas à quiconque de porter atteinte à la bonne réputation de la province.

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