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Droits de l'Homme

Une frappe du régime syrien tue quinze personnes, dont trois sauveteurs

Waleed Abou al-Khair au Caire

Une image tirée d'une vidéo lancée par des activistes syriens dans la province d'Idlib montre une petite fille déclarant qu'elle n'est pas une terroriste, en réponse aux frappes aériennes syriennes et russes dans la région contre des civils innocents.

Une image tirée d'une vidéo lancée par des activistes syriens dans la province d'Idlib montre une petite fille déclarant qu'elle n'est pas une terroriste, en réponse aux frappes aériennes syriennes et russes dans la région contre des civils innocents.

Les bombardements du régime ont tué quinze civils, dont sept enfants et trois secouristes dans une ambulance dans le nord-ouest de la Syrie, jeudi 20 juin, a rapporté l'AFP.

Ces enfants ont été tués dans différentes zones de la province d'Idlib, dirigée par les extrémistes, a déclaré l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

Une attaque aérienne du régime a visé une ambulance dans la ville de Maarat al-Numan, tuant trois secouristes à son bord, lors du dernier bombardement meurtrier sur cette région.

Un photographe de l'AFP sur les lieux a vu une ambulance détruite et des sauveteurs évacuant un survivant blessé du véhicule.

Un membre de la Défense civile syrienne (Casques blancs) transporte un enfant blessé vers une ambulance après une attaque aérienne dans la province d'Idlib. [Photo fournie par la Défense civile syrienne]

Un membre de la Défense civile syrienne (Casques blancs) transporte un enfant blessé vers une ambulance après une attaque aérienne dans la province d'Idlib. [Photo fournie par la Défense civile syrienne]

L'organisation d'aide Benefsej a indiqué que deux de ses membres avaient été tués.

« C'était un ciblage direct de l'ambulance, qui a tué deux travailleurs humanitaires », a déclaré Fouad Issa, membre du conseil d'administration de l'association.

Une femme est également morte dans l'ambulance pendant son transport pour un traitement, a-t-il ajouté.

Les frappes aériennes russes visant les abords de la ville d'Idlib et des localités de Hesh, Kafar Sijna, Cheikh Mustafa et Sufuhon ont fait de nombreuses victimes, a déclaré l'activiste Haisam al-Idlibi à Diyaruna.

Le bilan le plus lourd a été enregistré dans la ville de Benin, a-t-il fait savoir, qui a été la cible d'au moins quatre frappes aériennes qui ont tué huit civils et en ont blessé plusieurs autres, dont certains sont dans un état critique, d'après la Défense civile syrienne (Casques blancs).

« Libération du territoire »

Les combats ont fait rage jeudi dans le nord de la province d'Hama, faisant au moins 22 morts parmi les combattants anti-régime et 21 parmi les loyalistes lors d'affrontements autour du village de Tal Meleh, a déclaré l'observatoire.

Plus de 90 combattants avaient été tués dans la même zone au cours des deux jours précédents, a-t-il également déclaré.

Le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Muallem a promis mercredi la reprise complète du contrôle d'Idlib par le régime, dernière mise en garde en date par le gouvernement de Damas.

« Idlib est une province syrienne, et les opérations menées par l'armée syrienne se font sur le sol syrien et constituent un droit légitime vers la libération du territoire », a-t-il déclaré à la chaîne de télévision Al-Mayadeen basée à Beyrouth.

Le gouvernement syrien et la Russie ont intensifié leurs bombardements dans la région depuis fin avril, tuant plus de 440 civils, selon l'observatoire.

Les Nations unies ont indiqué que plus de 23 hôpitaux et une ambulance avaient été touchés dans la région d'Idlib depuis fin avril. Près de 330 000 personnes ont été forcées de fuir leur foyer.

Mardi, le chef du bureau de l'aide humanitaire des Nations unies Mark Lowcock a indiqué que le monde est confronté à « une catastrophe humanitaire qui se déroule sous nos yeux ».

Le même jour, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a appelé la Russie et la Turquie à « stabiliser la situation », rappelant que « les civils paient un prix horrible ».

Un hashtag pour montrer la violence

En réponse aux frappes aériennes syriennes et russes, des activistes locaux d'Idlib ont lancé le hashtag #I_am_not_a_terrorist pour montrer la violence que subissent les habitants innocents d'Idlib et de la province rurale d'Hama.

Ce hashtag a été largement adopté par les activistes et les utilisateurs des réseaux sociaux, qui y ont vu un moyen de dénoncer les actions violentes du régime et de la Russie contre les civils au prétexte de « lutter contre les terroristes », a rapporté al-Idlibi.

Ce hashtag s'accompagnait d'une vidéo contenant des images de civils de la région ciblée donnant leur nom et déclarant qu'ils ne sont pas des terroristes, a-t-il expliqué à Diyaruna.

Beaucoup de ceux qui figurent dans la vidéo ont ajouté qu'ils « s'opposent au régime, mais ne sont pas des terroristes », a-t-il déclaré, indiquant que la vidéo se termine par les images d'une fillette d'à peine cinq ans qui dit : « Je ne suis pas une terroriste ».

Le hashtag « a été largement diffusé sur Facebook et Twitter », a fait savoir al-Idlibi, notant que les civils de la région le considèrent comme le meilleur moyen de faire entendre leur voix au monde.

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Des photos de martyrs de Damas/Le Levant.

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