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Le barrage de Mossoul fonctionne parfaitement, déclare le ministre

Khalid al-Taie

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Photo du barrage de Mossoul mise en ligne le 15 avril. [Photo fournie par le ministère irakien des Ressources en eau]

Grâce à sa participation à un grand projet de stabilisation du barrage de Mossoul, le corps du génie de l'armée des États-Unis (USACE) a contribué à la sécurité de la structure et à l'amélioration de la sécurité de l'approvisionnement en eau pour la population irakienne, ont rapporté des responsables irakiens.

Depuis sa mise en service en 1986, le barrage de Mossoul a nécessité un entretien particulier, car il est construit sur un sol contenant du gypse, soluble dans l'eau et facilement érodable.

Cet entretien a été mené par le ministère irakien des Ressources en eau en partenariat avec un consortium international, mais la sécurité instable et une attaque de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) en août 2014 ont perturbé les opérations de maintenance.

Pendant environ six semaines (jusqu'à ce que les forces irakiennes reprennent le barrage à l'EIIS avec l'appui de la coalition internationale), aucun travail de maintenance n'a été effectué.

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Des ingénieurs irakiens dans une unité d'injection de ciment sous le barrage de Mossoul le 21 avril. [Photo fournie par le ministère irakien des Ressources en eau]

Alors que la communauté internationale s'inquiétait du risque accru d'une faille, le gouvernement irakien a demandé l'aide de l'USACE.

En mars 2016, le gouvernement irakien a signé un contrat d'entretien d'urgence de 296 millions de dollars avec Trevi Group, une société d'ingénierie italienne, le contrat devant être géré par l'USACE.

L'USACE a mis sur pied une équipe de militaires américains, d'experts du gouvernement américain et d'entrepreneurs techniques privés pour superviser Trevi Group pendant qu'il effectuait les travaux de scellement d'urgence destinés à stabiliser le barrage.

L'USACE a à son tour engagé la société multinationale d'ingénierie AECOM pour un soutien sur le terrain. Avec l'ajout d'AECOM, ce sont près de 70 ingénieurs internationaux qui se sont retrouvés sur le site pour apporter leur aide au projet.

Formation approfondie

Depuis le début des travaux de Trevi Group, le personnel et les ingénieurs irakiens ont reçu une formation approfondie sur l'utilisation d'équipements et de technologies de pointe dans une école créée sur place, a fait savoir la société d'ingénierie.

Cette formation a inclus la façon d'effectuer le scellement d'entretien et la réhabilitation des tunnels de sortie de fond sous le barrage de Mossoul.

L'USACE a également offert une formation au personnel irakien afin de développer ses capacités techniques et de lui permettre de diriger lui-même l'entretien et l'exploitation du barrage.

En raison de l'instabilité du sol sur lequel le barrage de Mossoul est construit, les opérations d'entretien exigent que le ciment soit injecté profondément dans le sol, sous les fondations du barrage, afin de créer une barrière contre l'érosion de l'eau.

Selon un rapport de 2007, environ 200 tonnes de ciment par an sont nécessaires pour garantir que le barrage puisse résister à la pression de l'eau qu'il retient.

« Le personnel national a acquis de bonnes compétences et de l'expérience dans le fonctionnement de l'équipement et des dispositifs modernes mis au point pour le remplissage de ciment du corps du barrage et dans le contrôle de ses performances et réserves d'eau », a déclaré Adil al-Mukhtar, conseiller auprès de la commission Agriculture et Eau du parlement irakien.

« Grâce à l'expertise internationale qu'ils ont acquise, nos ingénieurs sont devenus plus efficaces et mieux préparés pour effectuer tous les travaux nécessaires à l'entretien et à l'exploitation efficaces du barrage », a-t-il affirmé à Diyaruna.

Après les craintes de l'ère de l'EIIS et l'interruption des activités d'entretien qu'elle a causé, le barrage est maintenant dans un « état très sûr », a fait savoir al-Mukhtar.

« Les travaux d'entretien et d'injection [de ciment] se poursuivent 24 heures sur 24, et l'écoulement et la sortie de l'eau stockée par les vannes principales se font en douceur », a-t-il précisé.

« Le barrage fonctionne normalement et a fait preuve d'une grande efficacité dans l'absorption des eaux de crue au cours de la dernière saison hivernale grâce aux procédures de réhabilitation qui ont été menées », a-t-il ajouté.

Le barrage fonctionne bien

Le barrage de Mossoul « fonctionne actuellement au mieux », a déclaré le ministre irakien des Ressources en eau Jamal al-Adli lors d'une visite de l'installation le 29 mai.

Les fondations du barrage sont aujourd'hui plantées dans une « montagne de ciment », a-t-il indiqué lors d'une réunion conjointe avec des représentants de Trevi Group et de l'USACE pour discuter du transfert des tâches de maintenance.

Le barrage dispose actuellement de réserves hydriques de « plus de huit milliards de mètres cubes », a déclaré à Diyaruna Ramadan Hamza, expert en barrages et politiques de l'eau.

« Le niveau de l'eau dans le réservoir du barrage a atteint les 325 mètres au-dessus du niveau de la mer, une élévation exceptionnelle qui n'avait pas été vue depuis de nombreuses années, grâce aux fortes pluies », a-t-il rapporté.

« Les pluies ont amélioré la situation de l'eau en Irak, et le gouvernement s'attache à répondre aux besoins en eau des agriculteurs » et à lutter contre la désertification, a-t-il déclaré.

Il s'est dit confiant dans la capacité du personnel irakien à prendre la suite des experts italiens et américains et à gérer l'entretien et le fonctionnement du barrage de Mossoul.

Amélioration des infrastructures hydrauliques

Le gouvernement irakien œuvre à améliorer les infrastructures hydrauliques du pays.

En plus du barrage de Mossoul, il s'apprête à reconstruire celui de Badush, dans la province de Ninive, qui a cessé de fonctionner il y a plusieurs dizaines d'années.

Le 18 mai, le ministère des Ressources en eau a lancé les études techniques dans le cadre de ce projet.

Le barrage de Bakhma à Erbil doit également connaître des travaux afin d'irriguer plus de 560 hectares de terres agricoles et produire 1500 mégawatts d'électricité.

L'Irak prévoit également de restaurer 30 petits barrages à la frontière avec l'Iran pour contrôler et tirer parti des eaux de crue provenant des hautes terres iraniennes.

L'Irak a besoin « d'environ cinq nouveaux barrages géants pour stocker chaque goutte d'eau qui s'écoule vers le pays par les rivières régionales ou l'eau de pluie », a déclaré Hamza.

« Un plan doit être établi et des fonds suffisants doivent être alloués à des projets pour éviter l'impact des sécheresses qui pourraient être plus graves que les précédentes », a-t-il affirmé.

Pendant ce temps, la commission de planification du conseil provincial de Ninive s'apprête à demander au gouvernement fédéral de construire des barrages secondaires dans la province, a rapporté à Diyaruna Khalaf al-Hadidi, le président de cette commission.

« Des études et des propositions ont été élaborées pour exploiter les quantités abondantes d'eau de pluie en construisant de petits barrages sur les oueds et en canalisant leurs réserves d'eau vers les immenses champs de la province », a-t-il dit.

« Ninive est le grenier de l'Irak, et la construction de barrages dans la province contribuera à la sécurité alimentaire du pays et renforcera l'économie nationale et le rythme du développement », a-t-il ajouté.

L'eau est une ressource inestimable « et nous avons l'intention de la développer en fonction des besoins », a-t-il conclu.

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