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Les affiliés du CGRI chassent les habitants d'Abou Kamal

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Des graffitis sur lesquels on peut lire « le Hezbollah arrive » sur une maison de la ville d'Abou Kamal, dans la province de Deir Ezzor. [Photo fournie par Jamil al-Abed]

Les milices affiliées au Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) ont averti les habitants d'un district d'Abou Kamal, dans la province de Deir Ezzor, qu'ils devaient quitter leurs maisons aussi rapidement que possible, a rapporté un militant local.

Cette appropriation foncière s'inscrit dans le cadre d'un nouveau plan visant à installer les combattants des milices affiliées au CGRI dans la région, a expliqué à Diyaruna Jamil al-Abed, un activiste de Deir Ezzor.

« L'intention est de contraindre tous les habitants du quartier al-Katf de la ville de quitter leurs maisons pour faire de la zone un quartier d'habitation réservé exclusivement aux membres des milices appuyées par le CGRI et à leurs familles », a-t-il ajouté.

Des habitants du quartier al-Basateen d'Abou Kamal, présents sur cette photo, ont été contraints de quitter la zone par les milices affiliées au CGRI, indique un militant local. [Photo fournie par Jamil al-Abed]

Des membres d'une milice affiliée au CGRI dans un verger en flammes dans la campagne d'Abou Kamal. [Photo fournie par Jamil al-Abed]

Les tensions sont vives dans ce district où le CGRI et ses alliés ont mis le feu à des vergers au prétexte de chasser les terroristes des endroits où ils pourraient se cacher, a-t-il poursuivi.

Les actions pour forcer les habitants d'al-Katf à quitter leurs maisons ont provoqué des affrontements entre des membres des milices affiliées au CGRI et les Forces de défense nationale (FDN), a précisé al-Abed.

Les FDN ont refusé de quitter le quartier, a-t-il indiqué, et des négociations sont en cours entre les deux camps pour parvenir à un compromis.

Cela devrait impliquer que des familles des FDN déménagent vers le quartier d'al-Jamiyat, que les milices ont décidé de quitter, a ajouté al-Abed.

Dans le même temps, a-t-il précisé, de nombreux citoyens ordinaires ont perdu leurs maisons, et un certain nombre d'entre eux ont emménagé provisoirement chez des proches dans la campagne d'Abou Kamal.

Les habitants sont poussés à partir

Outre le fait de confisquer les maisons privées, les milices appuyées par le CGRI ont incendié de vastes zones de terres agricoles à Abou Kamal sous le prétexte d'y poursuivre les terroristes, a ajouté al-Abed.

« L'intention réelle derrière ces actions est d'exercer des pressions sur les habitants pour qu'ils quittent la région », a-t-il expliqué, en particulier la zone comprise entre Abou Kamal et al-Salehiyah, où ces efforts ont été les plus intenses.

Parallèlement, a poursuivi al-Abed, le régime syrien a encouragé les déplacés internes (DI) à revenir dans la région.

Plusieurs dizaines d'entre eux sont ainsi rentrés ces derniers jours, a-t-il précisé, mais de nombreux autres hésitent encore, parce qu'ils ne croient pas aux promesses faites par le régime syrien, à la lumière des actions du CGRI.

Des dizaines de familles déplacées ont décidé de rester pour l'heure là où elles se trouvent, a-t-il ajouté, en particulier celles qui habitent dans des zones contrôlées par les Forces démocratiques syriennes (FDS).

Les magasins et les restaurants de la zone ont également été saisis et mis à la disposition du commandant local du CGRI Hajj Salman, un Libanais chargé de gérer les affaires des milices, a-t-il poursuivi.

Parmi les groupes armés présents dans la région se trouvent Haydariyoun, des milices irakiennes appuyées par l'Iran, notamment Harakat al-Nujaba, et le Hezbollah libanais.

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