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Frappes aériennes russes et syriennes sur les villes du nord

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Une ambulance détruite près de l'hôpital de Kafr Nabl dans la campagne d'Idlib, détruite par les frappes aériennes russes. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

Quarante villes et villages du sud d'Idlib et du nord d'Hama ont subi d'intenses frappes aériennes russes et syriennes ayant tué de nombreux civils et mis hors service plusieurs hôpitaux, a rapporté un militant local.

Cette intense vague de frappes aériennes, accompagnée de tirs d'artillerie, dure maintenant depuis neuf jours, a fait savoir le militant d'Idlib Mousab Assaf à Diyaruna lundi 6 mai.

Plus de 25 civils, dont dix enfants, ont trouvé la mort à Idlib et Hama, a-t-il rapporté, et de nombreux autres ont été blessés.

Plusieurs hôpitaux ont été lourdement endommagés lors de ces frappes, a rapporté Assaf.

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Un ambulancier fuit avec un patient dans les rues de Kafr Nabl après que l'hôpital local a été touché par des frappes aériennes russes et syriennes. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

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Un convoi de personnes récemment déplacées arrive dans un camp de la zone frontalière avec la Turquie après une vague de frappes aériennes russes et syriennes dans la campagne d'Idlib et d'Hama. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

L'augmentation de la violence a déclenché une nouvelle vague de déplacement de civils, a-t-il ajouté, beaucoup d'entre eux ayant décidé de fuir vers des zones plus sûres à l'intérieur d'Idlib et d'Hama, et en particulier vers des camps de déplacés près de la frontière turque.

Dans le village d'al-Faqie à Idlib, les frappes aériennes ont pris pour cible des véhicules de transport que les civils utilisaient pour fuir la zone, a-t-il fait savoir.

Les zones les plus durement touchées comprennent les villages de Kafr Zita, Latamna, Jib Ramla, al-Humayrat, Maydan Ghazal et Kafr Ruma, ainsi que Jisr al-Shughour, al-Tamana, Kafr Nabl, Sarja, al-Suqaylabyah, Habeet et Kafr Sajna, a-t-il précisé.

Hôpitaux hors service

À cause des frappes, l'hôpital Sham Hass proche de la ville d'Hass, dans la campagne d'Idlib, a été mis complètement hors service, a indiqué Assaf.

Syria Relief and Development, l'organisation non gouvernementale qui gère l'hôpital à Hass, a fait savoir que les frappes aériennes russes ont interrompu les services, a rapporté l'AFP.

« L'hôpital [...] est hors service à cause des raids », a déclaré Ubaida Dandush, qui travaille pour l'organisation, ajoutant qu'il avait été évacué peu de temps avant les bombardements grâce à un système d'alerte.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme a déclaré que le bâtiment a été mis « hors service » à cause du « bombardement d'avions russes ».

L'hôpital Orient de Kafr Nabl a lui aussi subi quatre frappes aériennes successives, a rapporté Assaf à Diyaruna, mais les patients et le personnel médical avaient été évacués quelques instants avant la première, grâce à la surveillance de l'activité aérienne de militants.

« L'hôpital de Kafr Nabl est hors service. Les patients ont été transférés vers d'autres structures de la région », a indiqué dimanche à l'AFP le directeur de l'observatoire Rami Abdel Rahman, ajoutant qu'un civil avait été tué.

L'hôpital Kafr Zita, dans la partie rurale du nord d'Hama, a lui aussi été touché par les frappes, et le Centre médical Habeet Medical au sud d'Idlib a été mis hors service, a déclaré Assaf.

L'observatoire a confirmé qu'un hôpital du nord d'Hama a été touché par les frappes russes, mais n'a pas été en mesure de vérifier l'étendue des dégâts, a rapporté l'AFP.

Plus de 100 raids aériens

Dans une déclaration publiée samedi, l'observatoire a indiqué que le régime syrien et la Russie ont effectué plus de 100 raids aériens dans les provinces d'Idlib, Hama et Alep, a relayé l'AFP.

L'observatoire a déclaré que des dizaines de bombes barils ont été larguées par des hélicoptères militaires syriens.

Trois femmes et un membre des Casques blancs font partie des neuf civils tués ce jour-là à Idlib et Hama, a-t-il précisé.

Le premier intervenant a été tué après son arrivée sur le site des raids pour soigner les blessés dans le sud d'Idlib, a fait savoir sur les réseaux sociaux Raed Saleh, directeur des Casques blancs.

Les bombardements contre la région se sont intensifiés depuis que Tahrir al-Sham en a pris le contrôle en janvier, l'ONU signalant mercredi que l'escalade de la violence a tué 200 civils et en a déplacé près de 144 000 depuis février.

Abdoul Rahman a déclaré que les bombardements et les frappes aériennes des derniers jours ont principalement pris pour cible des positions et des bases appartenant à Tahrir al-Sham et d'autres groupes armés.

L'ONU indique que des écoles et des centres médicaux ont également été touchés dans la nouvelle vague d'attaques.

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