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Sécurité |

Les derniers éléments de l'EIIS luttent pour leur survie après la défaite du groupe

Khalid al-Taie

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Une unité de l'armée irakienne découvre un repaire de l'EIIS dans l'ouest de l'Anbar le 20 décembre. [Photo fournie par le ministère irakien de la Défense]

La présence de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) en Irak se réduit désormais à quelques cellules disséminées sans structure centralisée et qui sont progressivement affaiblies par la pression qu'exercent sur elles les forces militaires, ont expliqué des responsables irakiens.

« L'EIIS n'est pas seulement tombé d'un point de vue militaire, mais également stratégiquement », a déclaré le député de Diyala Abdoul Khaliq al-Azzawi, membre de la commission parlementaire de défense et de sécurité.

Le groupe « a perdu sa structure organisationnelle, son financement, ses armes et ses ressources humaines », a-t-il expliqué à Diyaruna. « Nous ne parlons plus d'un groupe, mais de quelques poches de combattants cherchant un refuge dans des régions inhabitées. »

La police irakienne effectue une opération de recherche d'éléments de l'EIIS dans les villages d'al-Hawijah, dans l'ouest de la province de Kirkouk, le 2 décembre 2018. [Photo fournie par le commandement de la police fédérale]

Les bases où ces éléments cherchent un refuge ne sont « pas des havres de sécurité pour eux », a-t-il ajouté, soulignant que des opérations de sécurité répétées les ont contraints à faire preuve de prudence et à ne se déplacer que lorsque cela est absolument nécessaire.

Les services de renseignement et les forces de sécurité irakiennes ciblent les derniers éléments de l'EIIS, abattant leurs leaders et incendiant leurs maisons de repos, a-t-il poursuivi.

Lors de récentes opérations de sécurité dans les monts Hamrin, un important leader de l'EIIS et trois de ses lieutenants ont ainsi été abattus, ont indiqué lundi 15 avril les services antiterroristes irakiens (CTS).

Avant cela, une opération menée également dans les monts Hamrin appuyée par des appareils irakiens et de la coalition internationale avait fait avorter un « complot terroriste majeur », a précisé à Diyaruna le porte-parole des CTS Sabah al-Numan.

Retour des populations déplacées

Il est important de maintenir un état de sécurité renforcé, car « c'est pour nous la seule option pour sécuriser notre pays de façon sûre et stable », a ajouté al-Azzawi.

Il a également souligné l'importance d'agir rapidement pour permettre aux habitants déplacés de revenir dans leurs villages.

« Quatorze villages répartis entre les provinces de Diyala et de Salaheddine restent vides de leurs habitants », a-t-il indiqué.

Leur retour « est un facteur essentiel de stabilité, en particulier aux frontières administratives entre les provinces libérées, où se cachent encore quelques terroristes », a poursuivi al-Azzawi.

« Les cellules de l'EIIS tentent de combler le vide laissé par les habitants en fuite pour se regrouper et tenter de menacer les villages habités proches », a-t-il expliqué.

Les forces de sécurité et les tribus du village d'al-Mukhaisa, dans la province de Diyala, ont fait échouer le 13 avril une attaque de l'EIIS lancée depuis la frontière avec Salaheddine, a-t-il rapporté.

« Elles ont abattu quatre des terroristes et contraint les autres attaquants à se retirer, mais cette attaque a coûté la vie à deux combattants des tribus », a précisé al-Azzawi.

La coopération des civils est essentielle

L'EIIS est « un cancer qui doit absolument être traité », a déclaré à Diyaruna Hassan Shabib, membre de la commission pour la sécurité du conseil provincial de Ninive.

« La défaite du groupe à l'issue des combats pour la libération a ouvert la porte à une longue lutte prolongée contre ses derniers éléments », a-t-il ajouté. « Le contrôle de la situation est désormais entre les mains de nos soldats, qui ont infligé de rudes leçons à ces éléments. »

Shabib a souligné qu'il est nécessaire que les civils fournissent des renseignements pour aider les forces de sécurité à localiser les cellules dormantes et les éléments de l'EIIS qui se terrent dans le désert et dans les grottes des montagnes, ainsi que leurs financiers et leurs partisans.

Il a souligné l'arrestation, lundi, d'un homme et de sa femme qui fournissaient de quoi manger aux éléments de l'EIIS cachés dans les montagnes de Makhmour, après que des habitants locaux eurent fourni des renseignements.

Si les mesures de sécurité ont réduit de manière significative la menace du groupe, l'EIIS « n'a pas été totalement éradiqué », a-t-il mis en garde.

Des attaques sporadiques, à l'instar de l'enlèvement lundi de trois civils dans la région d'al-Biaj à Ninive, montrent à l'évidence que la bataille pour éradiquer complètement l'EIIS n'est pas encore terminée, a précisé Shabib.

« L'EIIS se meurt, dans la mesure où sa défaite militaire l'a laissé sans leadership ni direction organisationnelle », a expliqué à Diyaruna Shallal Naji Obeid, membre de la commission pour la sécurité du conseil provincial.

Ses cellules restantes sont disséminées et perdent leurs membres, a-t-il ajouté.

« Nos forces prennent l'initiative pour attaquer et tenir le terrain, mais nous devons toutefois rester vigilants et continuer à mener l'offensive », a conclu Obeid

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