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Oman maintient une position neutre sur le Yémen

Sultan Abdoul-Aziz à Mascate et Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

Un navire de la marine omanaise patrouille dans les eaux territoriales du sultanat. [Photo fournie par la Direction de l'orientation de la morale de l'armée omanaise]

Alors que le conflit continue de déchirer le Yémen voisin, le Sultanat d'Oman a maintenu son soutien indéfectible aux efforts pour rassembler tous les belligérants à la table des négociations afin de mettre fin à la crise et rétablir le calme, ont indiqué des experts et des analystes en stratégie.

L'instauration de la paix et de la stabilité au Yémen est dans l'intérêt d'Oman, ont-ils fait savoir, car les tensions à la frontière exercent énormément de pression sur sa sécurité.

Le maintien de la sécurité dans le détroit d'Ormuz et en mer d’Arabie est également une priorité pour le gouvernement omanais, ont-ils affirmé, notant que pour cela, les forces omanaises s'efforcent de garantir que les routes maritimes ne soient pas utilisées pour des activités illégales, comme le trafic d'armes entre le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) et les Houthis (Ansarallah).

« Toute discussion concernant l'interception par Oman de cargaisons d'armes depuis l'Iran vers les Houthis doit être basée sur les déclarations officielles publiées par les forces omanaises », a déclaré à Al-Mashareq l'expert en stratégie et analyste Khalfan ben Rashed.

Sans confirmation officielle des forces armées, on ne peut pas dire grand-chose sur le sujet, a-t-il déclaré, « mais ce qui est sûr, c'est qu'Oman n'a pas autorisé et n'autorisera pas le passage d'armes, que ce soit par la mer ou par les passages frontaliers menant au Yémen ».

« Il se peut que certains gangs de trafiquants d'armes internationaux utilisent des camions portant des plaques d'immatriculation omanaises, mais cela ne signifie pas qu'ils sont affiliés au sultanat », a-t-il poursuivi.

De même, la frontière maritime d'Oman n'est pas la seule route que les trafiquants essaient d'emprunter pour gagner le Yémen, a-t-il ajouté, notant que certaines cargaisons d'armes sont envoyées par la Somalie, et de là à travers la mer Rouge et les eaux internationales vers les ports yéménites.

« Les forces de la coalition [arabe] savent très bien qu'Oman ne prend pas part au conflit armé, et ne se range pas d'un côté contre un autre, et a d'excellentes relations avec tous les pays », a-t-il indiqué.

Cela permet au sultanat « d'être une partie neutre et impartiale à laquelle on peut faire confiance pour trouver des solutions pacifiques afin de mettre fin à la détérioration de la situation au Yémen », a-t-il ajouté.

Oman cherche la stabilité régionale

Les rumeurs indiquant que des armes sont entrées illégalement au Yémen depuis l'Iran en passant par la frontière omanaise ne sont basées sur aucune preuve, a indiqué le politologue Seif ben Hamad à Al-Mashareq.

« Oman cherche à établir la paix dans la région, et ce n'est pas dans son intérêt de fermer les yeux sur les activités illégales », a-t-il indiqué, ajoutant que les Omanais « ne marchandent pas la paix dans la région ».

Il a noté que le sultanat a « accueilli de nombreuses réunions entre les [belligérants] afin de trouver des solutions pour alléger les souffrances des Yéménites dans de nombreux aspects de leur vie, y compris la santé, la sécurité, la nourriture et l'éducation ».

Oman a aussi aidé à fournir des traitements aux personnes blessées au Yémen, a-t-il poursuivi, soignant certaines d'entre elles dans ses propres hôpitaux et en envoyant d'autres à l'étranger pour être traitées aux frais du sultanat.

Ce rôle est « apprécié par les Yéménites et la communauté internationale », a-t-il précisé.

Le sultanat veut voir la stabilité dans la région du Golfe, a affirmé Yousouf ben Alawi ben Abdoullah, ministre omanais des Affaires étrangères.

« Nous croyons fermement à la nécessité de l'instauration de la stabilité et rien de plus, car toute autre chose que la stabilité nous conduirait tous dans le Golfe à notre perte », avait-il déclaré à la presse.

« Oman est capable de sécuriser ses frontières maritime et terrestre efficacement, et tout le monde sait cela », a indiqué un haut responsable omanais de la sécurité s'étant entretenu avec Al-Mashareq en marge.

« En cas de brèche, nos forces seront prêtes à répondre immédiatement. »

« Nous ne cherchons pas à causer des tensions dans la région, et il n'est pas dans nos valeurs de créer du tapage médiatique qui n'a pas d'intérêt et qui ne débouche pas sur des solutions pour aider nos frères au Yémen ou aider à restaurer le calme dans leur pays », a-t-il déclaré.

Lutter contre le trafic d'armes

« Oman est un pays qui maintient l'équilibre et agit selon la politique de neutralité positive pour rester acceptable pour toutes les parties », a indiqué à Al-Mashareq Adnan al-Humairi, chercheur politique yéménite.

Certains organes de presse ont signalé du trafic d'armes passant par Oman vers les Houthis, a-t-il indiqué, mais ces informations ont été réfutées par les autorités omanaises.

« Un État comme Oman ne peut de façon générale pas faciliter la contrebande d'armes », a-t-il affirmé, notant cependant que cela pourrait être difficile à faire respecter, car « le Yémen et Oman partagent de longues frontières maritime et terrestre ».

« La question du trafic d'armes vers les Houthis a pris des dimensions géopolitiques après qu'il a été rapporté que certaines armes passaient illégalement par Oman, ignorant le fait que le Yémen possède une longue côte qui ouvre sur le golfe d'Aden et la mer d'Arabie », a ajouté le politologue yéménite Yassin al-Tamimi.

Cette côte est censée être contrôlée par la coalition arabe, a-t-il déclaré à Al-Mashareq, ajoutant que dans son évaluation de la situation, Oman a bien pris garde de rester une partie neutre dans le conflit au Yémen.

En ce qui concerne le rôle potentiel du sultanat dans l'interception des cargaisons d'armes à destination des Houthis en provenance de la force d'élite Al-Qods du CGRI (CGRI-FQ), a-t-il conclu, « Oman fait tout son possible pour contenir toute nouvelle escalade de la crise et de la guerre au Yémen, ce qui est une politique omanaise claire ».

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