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Terrorisme |

2019-02-12

Difficile retour pour les Irakiens recrutés par les milices pro-Iraniennes pour combattre en Syrie

Hassan al-Obaidi à Bagdad

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Cette photo montre une procession funéraire pour des membres du mouvement Harakat al-Nujaba soutenu par l'Iran morts en combattant en Syrie. [Hassan al-Obeidi/Diyaruna]

La milice Kataeb Hezbollah, soutenue par l'Iran, organise des funérailles pour ses membres tués en Syrie. [Hassan al-Obeidi/Diyaruna]

Cette photo montre des membres de la milice irakienne Asaib Ahl al-Haq lors d'une procession funèbre pour les membres de cette milice soutenue par l'Iran qui ont été tués au combat en Syrie. [Hassan al-Obeidi/Diyaruna]

Des éléments d'Asaib Ahl al-Haq enterrent des membres de cette milice soutenue par l'Iran tués en Syrie. [Hassan al-Obeidi/Diyaruna]

Des milices irakiennes soutenues par l'Iran mènent des campagnes de recrutement dans des villes d'Irak afin d'encourager des jeunes vulnérables à intégrer leurs rangs grâce à de l'argent ou en recourant à l'extorsion et la contrainte. [Hassan al-Obeidi/Diyaruna]

Des milices irakiennes soutenues par l'Iran mènent des campagnes de recrutement dans des villes d'Irak afin d'encourager des jeunes vulnérables à intégrer leurs rangs grâce à de l'argent ou en recourant à l'extorsion et la contrainte, ont rapporté à Diyaruna des experts et des témoins.

Le « Corps des Gardiens de la révolution islamique » (CGRI) iranien et sa Force Qods d'élite se concentrent sur les zones pauvres pour convaincre les jeunes qui y vivent d'aller se battre en Syrie, ont-ils expliqué.

Mais une fois que ces jeunes ont été tués ou blessés en Syrie, leurs familles ne reçoivent plus de soutien ou d'aide financière, ont-ils indiqué.

Des membres de milices armées soutenues par l'Iran assistent aux funérailles de jeunes Irakiens ayant trouvé la mort lors de combats en Syrie pour ces milices. [Hassan al-Obeidi/Diyaruna]

Les milices armées formées en Irak, et qui sont étroitement liées à la Force Qods, sont présentes en Syrie depuis plus de six ans et ont été impliquées dans des crimes et des exactions généralisés.

Parmi les importantes de ces milices se trouvent Kataeb Hezbollah, la Brigade Abou al-Fadl al-Abbas, Asaib Ahl al-Haq, la milice Tafuf, les Bataillons Sayyid al-Shuhada, la Brigade Kafil Zaynab, Harakat al-Nujaba Jaish al-Muammal.

« Ces milices ont des bureaux qui recrutent secrètement des adolescents et des jeunes de familles pauvres et les attirent avec de l'argent, y compris une forte somme initiale versée à tous les volontaires et qui peut atteindre 9 000 $ », avait précédemment raconté à Diyaruna Cheikh Muzahim al-Huweit, porte-parole tribal.

Cela se poursuit avec un salaire mensuel versé à la recrue ou sa famille, a-t-il ajouté.

« Ils n'utilisent pas que l'incitation, ils ont également recours à l'extorsion et à la contrainte », a-t-il précisé.

« Je n'ai pas reçu le moindre dirham »

Asmaa Jassim al-Quraishi, âgée de 38 ans, est la veuve d'un combattant irakien tué en mai 2015 dans la campagne d'Alep alors qu'il se battait aux côtés du régime syrien et d'autres recrues iraniennes et irakiennes.

« Je n'ai toujours pas reçu le moindre dirham, et je ne sais pas vers qui me tourner pour qu'on m'aide », a déclaré al-Quraishi, qui vit dans le Secteur 43 de Sadr City, à l'est de Bagdad.

« Les agences gouvernementales irakiennes veulent voir un certificat de décès », a-t-elle rapporté, ajoutant qu'elle a seulement un document déclarant que son mari a été tué en Syrie, ce qui ne lui permet pas de recevoir une aide lui permettant de subvenir à ses besoins et ceux de ses deux fils en vertu de la loi irakienne sur les martyrs du terrorisme.

« [Mon mari] a touché un salaire pendant deux mois avant sa mort », a-t-elle confié à Diyaruna.

« Je ne sais pas qui l'a recruté ou l'a attiré, mais il est parti [en Syrie] pour nous et les sept billets en dollars (700 $) qu'ils lui donnaient », a-t-elle précisé.

Fadhel al-Saeedi, 29 ans, a suivi pendant plusieurs mois un traitement gratuit à l'hôpital Yarmouk de Bagdad.

Mais le docteur responsable de son cas lui a conseillé de quitter l'Irak pour recevoir un traitement plus sophistiqué afin d'éviter une potentielle paralysie résultant d'une blessure à la colonne vertébrale qu'il avait subie en septembre lors de combats aux côtés du régime syrien dans la ville de Deir Ezzor, dans l'est de la Syrie.

Al-Saeedi a raconté à Diyaruna qu'il a été trompé par ceux qui l'ont recruté, car ils ne lui ont pas envoyé « un seul dinar depuis que je suis revenu blessé de Syrie ».

Pendant ce temps, « mes amis se sont portés volontaires pour rejoindre l'armée irakienne afin de combattre l'EIIS, et maintenant ils profitent des leurs droits et privilèges et se sentent appréciés par la communauté », a-t-il déclaré.

Trompé par les milices armées

« Des dizaines d'Irakiens trompés ont été blessés ou tués en Syrie, et leurs recruteurs [soutenus par l'Iran] n'ont pas tenu leurs promesses pour eux ou leurs familles », a rapporté le général de brigade Mohammed Abdoullah à Diyaruna.

On avait promis à ces hommes que leur traitement médical serait couvert, et que leurs familles et eux recevraient une aide financière même après leur retour de Syrie, a-t-il indiqué.

Ils peuvent recevoir un traitement gratuit dans les hôpitaux publics en Irak, « mais ils ne sont pas couverts par le programme de traitement offert aux forces irakiennes et aux membres des forces de mobilisation populaire (FMP) et des forces de mobilisation tribale qui ont combattu l'EIIS », a rapporté Abdoullah.

« Si quelqu'un doit assurer leurs traitements, c'est l'Iran ou le régime d'al-Assad », a-t-il ajouté.

« Ceux qui les ont poussés dans ce combat que n'est pas le leur en portent l'entière responsabilité », a affirmé Mohammed Abdoullah al-Mashhadani, membre de la Coalition des forces nationales irakienne.

Les actions de ces factions armées « sont illégales en vertu de l'article VIII de la Constitution irakienne », a déclaré l'expert politique Ahmed al-Hamdani.

La loi stipule la « non-ingérence dans les affaires des autres pays », a-t-il indiqué à Diyaruna, l'Irak devant maintenir de bonnes relations avec les pays voisins et ne peut pas être utilisé comme base de lancement pour saper la sécurité d'un autre pays.

L'État n'est pas responsable du traitement des membres de ces milices armées, a-t-il fait savoir, ajoutant que si c'était le cas, « cela signifierait que le gouvernement approuve et soutient leur implication dans le conflit syrien ».

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