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Sécurité |

Forte baisse du nombre des enlèvements à Bagdad

Alaa Hussain à Bagdad

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La police irakienne est présente dans tout Bagdad, qui a connu une baisse très nette du nombre d'enlèvements. [Photo fournie par la police de Bagdad]

Les enlèvements quasi quotidiens que connaissait Bagdad il y a encore quelques années ont fortement baissé, et seuls quelques incidents isolés sont encore signalés à ce jour, avait fait savoir le Haut Conseil judiciaire irakien en novembre.

Pendant un temps, la ville avait connu une vague de criminalité et d'enlèvements politiques contre des rançons, la majorité de ces enlèvements criminels survenant à al-Rusafa, sur la rive est du Tigre.

Cette annonce par le Haut Conseil témoigne d'une nette amélioration des résultats obtenus par les agences de sécurité et judiciaires dans la lutte contre les enlèvements.

Des policiers irakiens en patrouille à Bagdad. [Photo fournie par la police de Bagdad]

Ces trois dernières années, 374 suspects ont été arrêtés pour des accusations d'enlèvements, rapporte-t-il, soulignant que ces individus appartiennent à des bandes organisées composées de trois à quatorze membres.

La justice irakienne a prononcé 638 peines pour ces crimes, dont 90 % de peines de mort, le reste étant des peines de prison à vie.

Ces chiffres concernent les dossiers traités et n'incluent pas les dossiers encore en cours d'examen, a précisé Saif Mohammed, membre du Bureau d'information du Haut Conseil judiciaire, à Diyaruna.

« Toutes ces affaires ont été initiées par l'unité de lutte contre les enlèvements du commandement des opérations de Bagdad, qui est supervisé par un juge du Tribunal central d'enquête », a-t-il précisé.

S'attaquer aux causes profondes du crime

Tout doit être fait pour examiner les causes profondes de ces crimes, a expliqué Safa al-Asam, afin de déterminer « s'ils ont été commis dans le contexte du terrorisme ou du crime organisé ».

« La plupart des enlèvements sont causés par le chômage généralisé et le manque de perspectives de travail des jeunes », a-t-il poursuivi pour Diyaruna.

Cela a poussé certains d'entre eux à participer à des enlèvements contre rançons au bénéfice de groupes extrémistes tels que « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) ou de gangs criminels, a-t-il ajouté.

Avec la fin de la guerre contre l'EIIS, la sécurité est revenue à Bagdad et dans les villes du sud, a indiqué al-Asam, précisant que la plupart des efforts de sécurité avaient « porté sur les fronts loin des villes du centre et du sud du pays ».

La justice irakienne traite les affaires d'enlèvement de deux manières : comme des délits criminels ou comme des crimes terroristes, a expliqué le spécialiste en droit Hayan al-Khayat.

Les enlèvements criminels « sont traités conformément à l'Article 111 du Code pénal irakien de 1960 », a-t-il expliqué à Diyaruna, tandis que les enlèvements à caractère terroriste le sont en vertu de la loi antiterroriste n° 13 de 2005.

Ces deux législations traitent de tous les types d'enlèvements, a-t-il poursuivi, qu'ils soient motivés par des groupes terroristes ou à des fins d'extorsion, de trafic d'organes humains, d'esclavage sexuel ou même pour des motifs familiaux.

Toutes deux « prévoient des peines dissuasives, pour la plupart la peine capitale ou l'emprisonnement à vie », a conclu al-Khayat.

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