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Analyse |

L'Iran « s'implante encore plus profondément » en Syrie avec de nouveaux accords économiques

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Le 28 janvier, une délégation gouvernementale iranienne assiste aux réunions précédant la signature de onze nouveaux accords économiques entre la Syrie et l'Iran. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

Les nouveaux accords signés par la Syrie et l'Iran cette semaine permettront au régime iranien de maintenir son influence grâce à un contrôle économique direct et de contourner les sanctions qui lui ont été imposées, a expliqué un analyste à Diyaruna.

Lundi 28 janvier, les deux pays ont signé onze accords et protocoles d'entente, dont un accord de « coopération économique stratégique à long terme » destiné à renforcer la coopération entre Damas et l'un de ses alliés essentiels.

Ces accords portent sur un ensemble de domaines, comme l'économie, la culture, l'éducation, les infrastructures, les investissements et le logement, a rapporté l'agence de presse officielle SANA.

Des hommes d'affaires iraniens et syriens participent à une conférence à Damas organisée pour renforcer la coopération entre les deux pays. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

Le Premier ministre syrien Imad Khamis a déclaré que c'était « un message pour le reste du monde sur la réalité de la coopération entre la Syrie et l'Iran », citant « des facilités juridiques et administratives » au bénéfice d'entreprises iraniennes souhaitant investir en Syrie et contribuer « efficacement à la reconstruction ».

Les accords comprenaient deux protocoles d'entente entre les autorités de chemins de fer des deux pays, ainsi qu'entre leurs autorités respectives pour la promotion des investissements.

Concernant les infrastructures, ils prévoient la réhabilitation des ports de Tartus et Latakia, ainsi que la construction d'une centrale de 540 mégawatts, selon Khamis.

En plus de cela, il existe « des dizaines de projets » dans les secteurs du pétrole et de l'agriculture », a-t-il précisé.

L'Iran « s'implante » en Syrie

Avec la signature d'accords bilatéraux avec le gouvernement syrien, l'Iran cherche à « s'implanter » encore plus profondément en Syrie de façon légale, alors que les appels internationaux se multiplient pour qu'il mette fin à son ingérence dans ce pays arabe, a déclaré Sami Gheit, chercheur au Centre Al-Sharq d'études régionales et stratégiques.

Il serait difficile pour la Syrie de rompre ces accords « sans faire subir au trésor public d'énormes coûts de compensation », a-t-il expliqué à Diyaruna.

L'Iran a entamé une course contre la montre « pour prendre le contrôle du processus anticipé de reconstruction en Syrie après des années de guerre qui ont détruit des villes entières, des villages et des infrastructures », a-t-il indiqué, car beaucoup de pays cherchent à décrocher ces projets.

Les derniers accords placent la Syrie à la merci du « Corps des Gardiens de la révolution islamique » (CGRI) iranien, car la plupart des entreprises iraniennes travaillant en Syrie sont affiliées au CGRI, a déclaré Gheit.

Ces entreprises « fourniront au CGRI un financement additionnel, au moment où ses sources de financement traditionnelles sont grandement limitées par les sanctions internationales qui lui sont imposées », a-t-il expliqué.

L'un des accords signés lundi implique l'adoption de mesures permettant des transactions bancaires entre l'Iran et la Syrie, a poursuivi Gheit.

Le gouverneur de la Banque centrale d'Iran, Abdolnaser Hemmati, a annoncé qu'une banque conjointe irano-syrienne sera créée et basée à Damas, selon des sources médiatiques iraniennes.

Cet accord permettra à Téhéran de contourner les sanctions et « de mettre la main sur une grande quantité de liquidités par le biais de la Syrie, afin de combler les déficits d'institutions du CGRI résultant des sanctions », a rapporté Gheit.

De tels accords font du gouvernement syrien « un partenaire à part entière du CGRI et [un complice] de son financement », a-t-il affirmé.

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