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Le régime syrien veut désarmer la province de Soueïda

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Des habitants de Soueïda gardent une zone frontalière de leur province qui surplombe la région (désertique) de Badiya. [Photo fournie par Nizar Abou Ali]

L'armée syrienne a notifié aux principales personnalités de la province de Soueïda son intention de déposséder les habitants de la région de leurs armes, a expliqué un militant syrien mardi 18 décembre à Diyaruna.

Elle envisage également de faire appliquer des ordres d'enrôlement dans l'armée ou la réserve dans la ville de Soueïda et ses environs, a-t-il ajouté.

« De fortes tensions prévalent dans la ville de Soueïda, dans la campagne environnante et dans toute la province, après qu'il a été dit que le régime envisage de lancer une campagne de désarmement de grande ampleur pour enlever leurs armes aux habitants de la région », a expliqué Niza Abou Ali, habitant de Soueïda et militant politique.

Des habitants de Soueïda et des responsables religieux druzes discutent de la demande du régime syrien de leur faire renoncer à leurs armes et de les enrôler dans l'armée syrienne. [Photo fournie par Nizar Abou Ali]

La nouvelle a été rejetée par les habitants et les principales personnalités politiques et religieuses, qui « refusent sans équivoque de se conformer à des ordres de déposer les armes ou de s'enrôler dans l'armée ou la réserve », a-t-il expliqué à Diyaruna.

« Les habitants insistent sur leur souhait de conserver leurs armes pour assurer leur propre défense, en particulier au lendemain de la récente attaque menée par « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) », a-t-il ajouté.

Une série d'attentats suicides et d'attaques revendiqués par le groupe terroriste ont fait plus de 250 victimes à Soueïda le 25 juillet.

Après ces attaques, des extrémistes de l'EIIS ont également enlevé plus d'une trentaine de personnes d'un même village, pour l'essentiel des femmes et des enfants. Deux des otages ont été abattus, un troisième est mort en captivité et le reste a été relâché début novembre.

Autodéfense contre l'EIIS

Les habitants de Soueïda pensent que leurs armes « ont permis d'atténuer les dommages et les pertes subies lors de cette attaque et que le nombre de victimes aurait pu être bien plus élevé » s'ils n'avaient pas été en mesure de se défendre contre l'EIIS avec leurs propres armes, a expliqué Abou Ali.

La détention d'armes est contrôlée par « les principales personnalités politiques et religieuses [de Soueïda] qui sont respectées par tous », a-t-il poursuivi, soulignant que le port d'armes « n'est en rien répandu et hors de tout contrôle comme le prétend le régime ».

Les négociations avec le régime de ces derniers mois ont débouché sur des accords visant à reporter les mesures sur ces questions des armes et de la conscription jusqu'à ce que les groupes terroristes aient été battus et que la guerre soit finie, a-t-il précisé.

Toutefois, le mois dernier, le président Bachar el-Assad a exhorté cette minorité, qui représentait près de 3 % de la population syrienne avant la guerre, à envoyer ses jeunes hommes dans l'armée, a indiqué l'AFP.

Après les manifestations antigouvernementales qui ont déclenché la guerre en Syrie en 2011, les Druzes ont obtenu une exemption de facto du service militaire en échange de leur soutien tacite au régime.

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