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Terrorisme |

2018-12-04

Un artiste syrien menacé par Tahrir al-Sham

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L'artiste syrien Ahmad Khalil al-Jalal est traqué par Tahrir al-Sham pour sa critique de l'alliance extrémiste. [Photo fournie par Ahmad Khalil al-Jalal]
L'artiste syrien Ahmad Khalil al-Jalal est traqué par Tahrir al-Sham pour sa critique de l'alliance extrémiste. [Photo fournie par Ahmad Khalil al-Jalal]

La brigade al-Iqab (châtiment) affiliée à Tahrir al-Sham traque les militants opposés à l'alliance et les arrête ou les assassine, a expliqué à Diyaruna un artiste syrien poursuivi par l'alliance extrémiste.

Al-Iqab a fouillé le domicile de l'artiste syrien Ahmad Khalil al-Jalal à Kafr Nabl, dans la province d'Idlib, pour tenter de l'arrêter, a expliqué al-Jalal, qui se cache depuis lors.

Al-Jalal est connu pour avoir fait les illustrations et les banderoles que l'on voit lors des manifestations, comme il le fait depuis le déclenchement de la révolution syrienne.


Des manifestants brandissent une banderole réalisée par Ahmad Khalil al-Jalal lors d'une manifestation dans la ville de Kafr Nabl, dans la province d'Idlib, condamnant l'assassinat de militants opposés à Tahrir al-Sham. [Photo fournie par Ahmad Khalil al-Jalal]

Des manifestants brandissent une banderole réalisée par Ahmad Khalil al-Jalal lors d'une manifestation dans la ville de Kafr Nabl, dans la province d'Idlib, condamnant l'assassinat de militants opposés à Tahrir al-Sham. [Photo fournie par Ahmad Khalil al-Jalal]


Tahrir al-Sham poursuit Ahmad Khalil al-Jalal pour avoir créé des banderoles de protestation comme celle-ci datée du 30 novembre et qui demande le retrait des derniers éléments d'al-Qaïda. [Photo fournie par Ahmad Khalil al-Jalal]

Tahrir al-Sham poursuit Ahmad Khalil al-Jalal pour avoir créé des banderoles de protestation comme celle-ci datée du 30 novembre et qui demande le retrait des derniers éléments d'al-Qaïda. [Photo fournie par Ahmad Khalil al-Jalal]

Ses récentes banderoles dénoncent fermement Tahrir al-Sham et al-Qaïda.

« L'alliance extrémiste persécute les militants d'Idlib parce que ses combattants adhèrent à une idéologie différente de celle des militants », a expliqué al-Jalal à Diyaruna.

Tahrir al-Sham considère ce conflit comme une lutte idéologique, a-t-il indiqué, ajoutant que ses actions ne sont en rien une surprise parce que ceux qui adhèrent à une idéologie totalitaire « n'acceptent pas les autres et tentent de les éliminer ».

L'assassinat d'adversaires idéologiques n'est pas une nouveauté pour Tahrir al-Sham, a-t-il ajouté, soulignant que les combattants de l'alliance avaient poursuivi le militant Raed al-Faris pendant deux ans avant de finalement réussir à l'abattre.

« Je suis musulman et fier de l'être »

Selon al-Jalal, quelques médiateurs ont tenté de le persuader d'adoucir le ton de ses critiques de Tahrir al-Sham, dans l'espoir de pouvoir parvenir à un accord avec l'alliance pour qu'elle le laisse tranquille, mais il a refusé.

La situation à Idlib est très difficile, a-t-il ajouté, parce que les civils craignent l'alliance, qui resserre son étreinte sur la région par l'intermédiaire de la brigade al-Iqab.

« La plupart des voix libres qui avaient été à l'origine des manifestations contre le régime en 2011 ont été arrêtées ou liquidées par le régime et les groupes extrémistes », a-t-il expliqué « Je ne m'attends pas à ce que des civils puissent avoir une réaction décisive. »

Al-Jalal a indiqué que les illustrations qu'il avait dessinées étaient une attaque directe et explicite contre Tahrir al-Sham, et qu'il s'était attendu à recevoir des menaces de la part des extrémistes.

Bien que son propre assassinat soit une possibilité, a-t-il poursuivi, il a juré qu'il n'adoucirait jamais son ton, affirmant qu'il continuera à dénoncer Tahrir al-Sham dans ses banderoles.

« Certains peuvent penser que je suis un laïc antireligieux, et que c'est la raison pour laquelle je m'en prends aux islamistes extrémistes, mais ils se trompent », a-t-il affirmé.

« Je suis musulman et fier de l'être, et mon devoir envers ma religion (la religion du pardon) est de la défendre et de la protéger contre ceux qui tentent de la dénaturer », a-t-il conclu.

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