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Droits de l'Homme |

Le bombardement de la zone tampon d'Idlib déclenche une migration

Waleed Abou al-Khair au Caire

La plupart des habitants de la ville d'Umm Jalal dans la province d'Idlib ont fui après des bombardements intenses du régime qui ont causé d'importants dégâts matériels. [Photo fournie par Haisam al-Idlibi]

D'intenses bombardements par le régime syrien contre plusieurs parties de la province d'Idlib ont causé la mort de plusieurs personnes et ont causé des dégâts matériels, contraignant de nombreux civils à fuir, a fait savoir un militant syrien mercredi 21 novembre.

Certaines villes ont été complètement vidées de leurs habitants, tandis que d'autres ont subi d'importants dégâts et sont devenues inhabitables, a indiqué le militant Haisam al-Idlibi à Diyaruna.

Des villes et des villages dans l'est et le sud d'Idlib ont subi des tirs d'artillerie quotidiens, a-t-il déclaré, bien que cette région ait été désignée comme zone tampon démilitarisée en vertu d'un récent accord et qu'un cessez-le-feu ait été déclaré.

En septembre, la Russie et la Turquie ont accepté de mettre en place cette zone tampon pour empêcher une offensive du régime syrien, mais les extrémistes, qui détiennent environ 70 % de la zone, ont refusé de se retirer, a rapporté l'AFP.

Une famille déplacée du sud de la province d'Idlib s'installe dans un champ. [Photo fournie par Haisam al-Idlibi]

Des membres de la défense civile syrienne (Casques blancs) inspectent une zone ayant subi des tirs dans la campagne du sud de la province d'Idlib. [Photo fournie par Haisam al-Idlibi]

Les combats dans cette région se sont poursuivis, les extrémistes ont tué 22 soldats du régime vendredi dans le nord-ouest de la province d'Hama, près de la zone tampon.

« Certaines villes ont été détruites par les tirs d'artillerie récents du régime et sont devenues inhabitables, comme Umm Jalal, que le conseil local a déclaré zone sinistrée », a fait savoir al-Idlibi à Diyaruna.

Au moins onze civils ont trouvé la mort lors de ces tirs, et des dizaines ont été blessés, déclenchant une vague de déplacement à Umm Jalal, Babolin, Jarjanaz et al-Tamanaa, Abou Makki, Ubaidah, Sukaik et al-Teh, a-t-il ajouté.

Aucun refuge pour les déplacés

Les habitants déplacés se sont dirigés vers l'intérieur de la province d'Idlib, a précisé al-Idlibi, certains d'entre eux allant vers la ville d'Idlib et le reste campant dans des champs et des vergers.

Aucune maison ne peut héberger cette nouvelle vague de déplacés internes (DI), a-t-il expliqué, car « Idlib est saturée de DI et ne peut pas en accueillir d'autres ».

Selon les habitants qui fuient les bombardements, a poursuivi al-Idlibi, « ces tirs ont été parmi les plus violents depuis le début de la guerre en Syrie ».

Ils semblaient être principalement destinés à « chasser les civils de la zone et faire de la zone tampon démilitarisée un lieu vide de toute vie humaine », lui ont-ils dit.

Les conseils locaux d'Idlib ont lancé un appel de détresse aux organisations humanitaires pour qu'elles interviennent pour aider les DI, qui sont confrontés à un climat très difficile, a déclaré al-Idlibi.

La région a été frappée par une vague de froid intense et de fortes pluies, a-t-il ajouté, notant que des dizaines de familles sont bloquées dans des champs sans abri.

« Qui plus est, les opérations humanitaires ont été interrompues dans la région, car la plupart des organisations internationales se sont retirées et refusent de travailler dans les conditions actuelles » qui mettent en danger leur personnel, a-t-il expliqué.

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