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Sécurité |

2018-11-15

Le gouvernement irakien transfère la sécurité dans les villes libérées

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Un policier irakien arrête un kamikaze qui prévoyait de se faire exploser à al-Kadhimiya, dans Bagdad, sur cette photo d'archive datée du 25 mai 2016. [Photo fournie par la police de l'Anbar]
Un policier irakien arrête un kamikaze qui prévoyait de se faire exploser à al-Kadhimiya, dans Bagdad, sur cette photo d'archive datée du 25 mai 2016. [Photo fournie par la police de l'Anbar]

Le gouvernement irakien envisage de remettre la sécurité des villes libérées de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) au ministère de l'Intérieur, une initiative accueillie favorablement par les spécialistes irakiens de la sécurité.

Des experts de la sécurité ont expliqué à Diyaruna qu'ils jugent nécessaire ce transfert de responsabilités de l'armée à la police, au vu de l'état global de stabilité qui suit la guerre contre l'EIIS.

En prélude à ce transfert, des efforts doivent être faits pour renforcer la capacité des agences du ministère en termes de formation et de renforcement des actions de renseignement, ont-ils ajouté.


Des membres d'une unité d'intervention de l'Anbar lors d'une démonstration de compétences, sur cette photo publiée en ligne le 1er octobre. [Photo fournie par la police de l'Anbar]

Des membres d'une unité d'intervention de l'Anbar lors d'une démonstration de compétences, sur cette photo publiée en ligne le 1er octobre. [Photo fournie par la police de l'Anbar]

Il est prévu que la responsabilité de la sécurité soit remise en intégralité à la police au début de l'année prochaine, la première phase devant concerner cinq provinces irakiennes : al-Diwaniya, Wasit, Maysan, Dhi Qar et al-Muthanna.

La décision de rendre cette responsabilité à la police est « importante », a déclaré à Diyaruna Jassim Hanoun, spécialiste de la sécurité et ancien responsable au ministère de l'Intérieur.

« Nous sommes aujourd'hui face à un nouvel ensemble de variables sur le terrain », a-t-il ajouté, soulignant que la menace que représentaient des groupes extrémistes comme l'EIIS s'est amoindrie.

« C'est un succès historique qui n'aurait pas été possible sans que toutes les forces, quels que soient leurs titres, n'aient été unies », a-t-il ajouté.

« Cette victoire a restauré la normalité, et les responsabilités sécuritaires doivent maintenant être restructurées, car les conditions qui nous obligeaient à toujours être en alerte ont changé », a-t-il ajouté.

La police est bien entraînée

« Dans la phase actuelle, il est important que nous remettions la responsabilité de la sécurité dans les villes au ministère de l'Intérieur, sans qu'il soit nécessaire que les forces militaires soient présentes dans les quartiers », a expliqué Hanoun.

« La police est bien entraînée, et l'appareil de renseignement sophistiqué s'appuie sur une technologie de surveillance moderne pour traquer les cellules terroristes », a-t-il précisé, ajoutant que le ministère dispose d'une base de données sur les personnes recherchées pour terrorisme.

Rendre la sécurité dans les villes irakiennes au ministère de l'Intérieur « est la bonne chose à faire et est conforme à la constitution », a expliqué à Diyaruna Abdoul Kareem Khalaf, l'ancien porte-parole du ministère, ajoutant toutefois qu'une telle initiative n'est pas sans « défis conséquents ».

« La force de police, notamment la police fédérale, a acquis un haut niveau de compétences au fil des ans en combattant l'EIIS, et elle s'acquitte aujourd'hui de ses missions avec efficacité et professionnalisme », a-t-il poursuivi.

Mais « nous devons faire plus pour former les ressources humaines, en particulier les équipes d'intervention », a-t-il ajouté, qui sont actuellement au nombre de 120 dans tout le pays.

« Ces forces doivent connaître un renforcement de leurs capacités qui soit proportionnel au niveau de responsabilité qu'elles doivent endosser, ce qui exige un entraînement intensif et de haut niveau », a-t-il souligné.

Elles doivent disposer d'armes et d'équipements plus sophistiqués, afin qu'elles puissent obtenir les meilleurs résultats possible en matière de sécurité, a-t-il ajouté, en ne laissant aucune place à des lacunes ou à des brèches de sécurité.

L'armée est libre de porter son attention sur la frontière

Naeem al-Koud, président de la commission de sécurité du conseil provincial de l'Anbar, a affirmé à Diyaruna qu'il est « favorable aux efforts de la police pour qu'elle se charge du rôle principal de protection des villes ».

Cela libérera l'armée pour qu'elle se concentre sur la protection de la frontière et la sécurisation du désert et des zones ouvertes, a-t-il poursuivi, soulignant que selon lui, réassigner les rôles et les responsabilités permettra de renforcer la sécurité dans le pays.

La police locale et fédérale et les unités d'urgence, de secours et de renseignement sont déployées dans les villes « et s'acquittent de leurs missions avec efficacité », a-t-il déclaré.

La sécurité des villes est l'entière responsabilité de ces forces, a-t-il encore ajouté, soulignant la nécessité d'augmenter leur nombre et de veiller à ce qu'elles soient bien entraînées et bien équipées.

Al-Koud a également souligné l'importance des activités de renseignement.

« Les informations sont aujourd'hui plus fortes que les armes et grâce à cet effort de renseignement, nos forces ont été en mesure d'empêcher des opérations terroristes », a-t-il conclu.

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