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Politique |

2018-11-07

Le CGRI installe ses combattants dans une ville frontalière irakienne

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Des éléments des milices affiliées au CGRI dans la ville frontalière d'Albou Kamal en Syrie. [Photo fournie par Jamil al-Abed]
Des éléments des milices affiliées au CGRI dans la ville frontalière d'Albou Kamal en Syrie. [Photo fournie par Jamil al-Abed]

Le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) a tiré parti de la réticence de nombreux Syriens déplacés internes à revenir dans la ville frontalière d'Albou Kamal pour y installer ses propres affiliés dans la région, a expliqué un activiste local.

Cette initiative crée un changement démographique dans la ville, qui se trouve directement de l'autre côté de la frontière de la ville irakienne d'al-Qaim, car des dizaines de familles des affiliés libanais du CGRI et de ses affiliés en Irak sont maintenant logées dans la zone.

L'ouverture de plusieurs bureaux de Jihad al-Bina dans la région est un signe visible du changement démographique qui s'opère, a déclaré l'activiste Jamil al-Abed.


Albou Kamal a souffert de dommages importants qui ont empêché de nombreux habitants déplacés de rentrer chez eux. [Photo fournie par Jamil al-Abed]

Albou Kamal a souffert de dommages importants qui ont empêché de nombreux habitants déplacés de rentrer chez eux. [Photo fournie par Jamil al-Abed]

Jihad al-Bina, une fondation administrée par le Hezbollah libanais avec un financement direct de l'Iran, a effectué plusieurs « percées discrètes » dans la société syrienne, ont expliqué des activistes.

« Le CGRI a tiré parti de la réticence de nombreux déplacés internes syriens à rentrer dans leurs maisons à Albou Kamal pour installer plus de 70 familles affiliées à l'Iran dans la région », a précisé al-Abed à Diyaruna.

Le CGRI a ouvert la voie à cette réinstallation en ouvrant un certain nombre de centres de services, notamment ceux affiliés à Jihad al-Bina, des clubs husseiniyah et des centres d'orientation religieuse, a-t-il poursuivi.

Des baraquements militaires sont également disséminés au milieu des quartiers résidentiels, a-t-il indiqué.

Cette expansion coïncide avec le retrait le mois dernier des milices affiliées au CGRI de la zone, dirigées par la division Fatemiyoun, une milice afghane combattant en Syrie sous le commandement d'officiers iraniens, a fait savoir al-Abed.

Dans la foulée de ce déplacement, certaines des casernes militaires de la zone ont été transformées en maisons dans lesquelles des familles se sont installées, a-t-il raconté.

Arrivées de familles étrangères

La plupart des familles installées à Albou Kamal sont celles de combattants du Hezbollah libanais et du mouvement irakien al-Nujaba, a-t-il poursuivi, ainsi que certaines familles de commandants et d'officiers afghans et iraniens de Fatemiyoun.

La raison principale pour laquelle ces DI n'ont pas souhaité revenir, a expliqué al-Abed, est qu'ils ne croient pas aux promesses faites par le régime syrien selon lesquelles ils ne feront l'objet d'aucune mesure de sécurité ni ne risqueront une arrestation arbitraire.

« La question de la conscription dans l'armée du régime syrien et l'obligation d'effectuer un service militaire dans la réserve préoccupent également la plupart des familles », a-t-il poursuivi.

« Elles redoutent en outre de possibles affrontements avec les milices affiliées au CGRI, car les provocations sont nombreuses et comportent des tensions sectaires qui pourraient déboucher sur des confrontations dont les conséquences seraient très graves », a encore expliqué al-Abed.

Certains habitants d'Albou Kamal ont vendu leur maison à des courtiers, qui à leur tour les ont vendues à des éléments des milices appuyées par l'Iran selon ce qui semble être un plan délibéré d'installation à grande échelle dans la ville, a-t-il déclaré.

Autre élément dissuasif au retour des habitants déplacés, le régime syrien a interdit tous les travaux de réparation sur les maisons ayant subi des dégâts importants ou des destructions en raison de la guerre contre « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS), a conclu al-Abed.

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