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Terrorisme |

2018-09-13

La tension se renforce les extrémistes unissent leurs forces à Idlib

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Des combattants d'Hurras al-Din, un groupe affilié à al-Qaïda, dans la campagne du nord de la province d'Hama. [Photo fournie par Moussab Assaf]
Des combattants d'Hurras al-Din, un groupe affilié à al-Qaïda, dans la campagne du nord de la province d'Hama. [Photo fournie par Moussab Assaf]

Des dizaines d'éléments de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) ont intégré Hurras al-Din suite à un accord conclu entre les deux groupes extrémistes et Tahrir al-Sham, en prévision d'un assaut du régime à Idlib, a rapporté un militant.

Des observateurs indiquent que des dizaines d'éléments de l'EIIS dans la province d'Idlib et aux abords d'Hama et d'Alep se sont déployés sur des positions et dans des zones contrôlées par Hurras al-Din, groupe affilié à al-Qaïda, a fait savoir à Diyaruna le militant d'Idlib Moussab Assaf.

Cette décision semble anticiper l'assaut mené par le régime syrien et ses milices alliées, a-t-il poursuivi.


Des véhicules militaires appartenant à Hurras al-Din, groupe affilié à al-Qaïda, en Syrie. Des dizaines d'éléments de l'EIIS ont rejoint ses rangs suite à un récent accord. [Photo fournie par Moussab Assaf]

Des véhicules militaires appartenant à Hurras al-Din, groupe affilié à al-Qaïda, en Syrie. Des dizaines d'éléments de l'EIIS ont rejoint ses rangs suite à un récent accord. [Photo fournie par Moussab Assaf]

Assaf a indiqué qu'il avait pu apprendre auprès de plusieurs sources que des négociations avaient eu lieu entre l'alliance extrémiste Tahrir al-Sham et des éléments de l'EIIS pour la promulgation d'une trêve entre les deux camps.

Ces négociations ont débouché sur la création d'une coordination militaire entre les deux groupes, qui veulent tous deux repousser une attaque attendue, a indiqué Assaf.

Ils ont ainsi instauré une fusion temporaire entre l'EIIS et Hurras al-Din, qui coordonnera ses actions militaires avec Tahrir al-Sham, car Hurras al-Din contrôle plusieurs zones qui font directement face à celles tenues par le régime.

C'est dans ces zones que devraient débuter les affrontements avec le régime.

« Les combattants d'Hurras al-Din se sont déployés à Jisr-al-Shughur et dans son arrière-pays, dans la campagne du nord d'Hama et dans la campagne de Latakia », a rapporté Assaf.

Hurras al-Din a été créé cette année par plusieurs anciens idéologues de Tahrir al-Sham qui avaient rejeté le schisme officiel entre l'alliance et al-Qaïda.

Depuis sa création, Hurras al-Din a mené une vaste campagne de recrutement qui a eu un certain succès, grâce aux salaires élevés versés à ceux qui rejoignent le groupe, a expliqué Assaf.

« Ceci lui a permis d'élargir la zone où il est présent, et qui s'étend désormais jusqu'à la localité de Sarmin et ses environs proches près de la ville d'Idlib », a-t-il déclaré.

« Un autre groupe présent dans la région est le Parti islamique du Turkestan en Syrie, ce qui fait de cette zone l'une des plus dangereuses, car elle contient désormais les éléments les plus radicaux de la région et du pays », a ajouté Assaf.

Les habitants d'Idlib fuient la zone

Ces factions extrémistes sont désignées mondialement comme groupes terroristes, a précisé Assaf, ce qui veut dire que tout accord conclu pour éviter une confrontation militaire dans la région d'Idlib n'inclurait certainement pas ces groupes.

Anticipant la confrontation, les habitants de la région fuient en grands nombres vers les régions relativement plus sûres du nord, a-t-il déclaré.

« Entre le 1er et le 12 septembre, des informations révèlent qu'une hausse très nette des hostilités et des craintes d'escalade ont entraîné le déplacement de plus de 38 500 personnes », a rapporté jeudi 13 septembre l'Office des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

Mercredi, une commission de l'ONU a appelé les extrémistes et les groupes d'opposition présents à Idlib à quitter les zones urbaines pour protéger les civils d'une attaque du régime, a indiqué l'AFP.

Cette proposition a été faite après que l'envoyé pour la paix des Nations unies Staffan de Mistura eut suggéré la semaine dernière de fixer une date limite pour le retrait des combattants des villes de la province d'Idlib.

Plusieurs agences onusiennes et organisations humanitaires ont mis en garde à plusieurs reprises que tout assaut majeur à Idlib pourrait déclencher l'une des pires catastrophes humanitaires de la guerre en Syrie, qui dure depuis sept ans.

La Commission d'enquête des Nations unies sur la Syrie a appelé mercredi les extrémistes et les combattants de l'opposition à quitter les zones les plus densément peuplées de la région, où vivent près de trois millions de personnes.

« La plupart de ces groupes terroristes et autres groupes armés sont dans les villes », a affirmé Paulo Pinheiro, le président de cette commission.

« Les groupes armés ne devraient-ils pas partir et épargner la population civile ? », s'est interrogé Hany Magally, membre de la commission.

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