Réfugiés |

2018-09-10

Dures conditions de vie pour les déplacés d'Idlib

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Une jeune déplacée interne de la province d'Idlib à côté d'une tente de fortune faite de vieilles couvertures et de draps dans laquelle elle vit. [Photo fournie par Haisam al-Idlibi]
Une jeune déplacée interne de la province d'Idlib à côté d'une tente de fortune faite de vieilles couvertures et de draps dans laquelle elle vit. [Photo fournie par Haisam al-Idlibi]

Les déplacés internes (DI) qui ont fui les confins extérieurs de la province d'Idlib, dans le nord de la Syrie, pour se réfugier à l'intérieur de la province et dans les régions situées à proximité de la frontière turque, connaissent des conditions de vie extrêmement difficiles, a expliqué un militant local.

Ils doivent en effet faire face à des températures élevées, à des pénuries d'eau et à un manque d'assainissement.

La population de déplacés dans la campagne d'Idlib, au sein de laquelle on compte de nombreux enfants et des personnes âgées, connaît des conditions de vie « tragiques » en raison d'une absence totale des conditions de vie fondamentales, a expliqué à Diyaruna Haisam al-Idlibi, natif d'Idlib et militant dans les médias.


Des déplacés internes fuyant les zones d'insécurité de l'est d'Idlib ont installé une tente dans un camp improvisé dans la province pour échapper aux bombardements. [Photo fournie par Haisam al-Idlibi]

Des déplacés internes fuyant les zones d'insécurité de l'est d'Idlib ont installé une tente dans un camp improvisé dans la province pour échapper aux bombardements. [Photo fournie par Haisam al-Idlibi]

Ils vivent dans un camp improvisé installé entre les localités d'al-Ghadfa et de Maar Shourin, qui n'est raccordé à aucun réseau électrique, d'eau ou d'assainissement, a-t-il ajouté, et ses habitants ont été oubliés par la société civile et les organisations humanitaires.

Les opérations humanitaires ont été interrompues en raison des restrictions imposées aux organisations humanitaires par l'alliance extrémiste Tahrir al-Sham, qui harcèle les militants, les bénévoles et les humanitaires, a expliqué al-Idlibi.

Sur la base des premières observations faites lors des visites du camp et des informations obtenues par ses habitants, le réseau d'assainissement est fait de canaux creusés par les habitants du camp eux-mêmes et qui sont totalement à l'air libre, a-t-il indiqué.

Ils sont insalubres et peuvent favoriser la propagation de maladies et d'insectes, a-t-il poursuivi, notamment lorsque la température dépasse les 40 degrés.

L'eau fait cruellement défaut, a-t-il ajouté, indiquant que lorsqu'elle est disponible, elle n'est pas potable.

Des camps improvisés similaires sont apparus dans d'autres zones de la région, peuplés par les habitants des villes proches des zones contrôlées par le régime qui ont été soumises à d'intenses bombardements qui les ont contraints à chercher refuge dans des régions plus sûres à l'intérieur du pays.

Ils ont atterri dans ces camps parce que les loyers élevés étaient au-delà de leurs moyens, a-t-il indiqué.

Les plus connus de ces camps non officiels sont ceux installés non loin de la localité d'al-Sourman dans le sud d'Idlib, dont les habitants avaient abandonné les camps qu'ils avaient installés dans la campagne de Jisr al-Shughur lorsque ceux-ci ont été visés par des bombardements quotidiens.

Les bombardements reprennent à Idlib

Des avions de chasse russes et du régime ont pilonné Idlib avec des missiles et des bombes barils dimanche 9 septembre, tuant au moins deux enfants, a fait savoir l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

Il s'agissait du second jour de bombardements dans la province et dans les régions adjacentes, après que les pourparlers organisés à Téhéran entre les principaux acteurs n'ont pas réussi à déboucher sur un accord pour éviter un assaut gouvernemental.

« Les hélicoptères du régime ont largué plus de 60 bombes barils sur le village de Hobait dans la campagne au sud d'Idlib », a précisé Rami Abdel Rahman, directeur de l'observatoire.

Ces raids aériens ont tué au moins deux enfants et ont blessé six autres personnes, a-t-il poursuivi.

Dans la province voisine de Hama, les appareils russes ont mené plus de dix frappes contre des positions de l'opposition dans le village d'al-Latamneh, a-t-il ajouté.

Ces raids ont blessé cinq combattants et mis hors service l'hôpital souterrain du village, un jour seulement après que d'autres frappes ont endommagé un centre de santé similaire dans la ville de Hass, dans le sud d'Idlib.

Une accalmie a été constatée dans ces frappes dimanche soir, a précisé l'observatoire.

Certains des bombardements les plus intenses depuis des semaines ont touché Idlib et les zones avoisinantes dimanche, tuant au moins neuf civils selon l'observatoire.

Lundi, le nouveau responsable humanitaire des Nations unies a prévenu qu'une opération de grande envergure contre Idlib créerait « la pire catastrophe humanitaire » du siècle.

« Nous devons trouver des moyens de traiter ce problème qui ne transforment pas les prochains mois à Idlib en la pire catastrophe humanitaire avec le plus grand nombre de victimes du XXIe siècle », a déclaré Mark Lowcock à des journalistes à Genève.

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